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"Tuez la démocratie" un documentaire qui fait scandale en Italie/ L'affaire de l'espion russe empoisonné est plus qu'un meurtre!

5 min

Bonjour Ali bonjour à tous, "Tuez la démocratie..." le titre s'affiche sur toutes les premières pages de la presse italienne ces jours ci... il s'agit du titre d'un film qui fait scandale en Italie alors qu'il vient de sortir en DVD... un documentaire présenté comme une enquête journalistique qui affirme que le camp de Berlusconi aurait tenté de truquer électroniquement les résultats des élections législatives d'avril dernier... C'est dans la presse belge que l'on peut lire ce matin le résumé des épisodes précédents... " Silvio Berlusconi est il en train de déraper sur une nouvelle affaire? s'interroge la Libre Belgique... une toute récente enquête menée par le directeur de l'hebdomadaire Diario, l'accuse d'avoir subtilement tenté de truquer les dernières élections, qu'il a finalement perdu sur le fil du rasoir... Enrico Deaglio s'est penché sur la longue nuit qui a suivi la fermeture des bureaux de vote le 10 avril et en particulier sur le sort réservé aux bulletins blancs...ses conclusions lance la Libre... publiées sur le DVD déjà introuvable, laissent pantois... D'abord parce que les premières projections officielles donnaient la coalition de centre gauche chapeautée par Romano Prodi en avance de 6 points sur la Maison des Libertés de Silvio Berlusconi... mais brusquement la machine informatique du ministère de l'intérieur chargée de la comptabilisation s'arrête!... les journalistes présents au ministère ont alors la grande surprise de constater que la fourchette entre droite et gauche diminue de manière constante et symétrique jusqu'à ne plus représenter que 24 mille votes en faveur de Romano Prodi qui proclame sa victoire à l'aube dans un silence glacial... Mais surtout continue le Libre Belgique... dans son enquête, Enrico Deaglio, journaliste estimé... note avant tout que les bulletins blancs ont chuté de l'habituel 5 à 6%... à 1,2%... sans explication. Mieux... ces abstentions variant de région en région convergent cette fois toutes vers le même résultat... dans le film, raconte encore le quotidien belge, Deaglio rencontre un informaticien américain spécialiste des fraudes électorales, qui démontre comment un hacker muni d'un programme élémentaire de son invention peut facilement s'insérer dans le circuit télématique du ministère, dérouter les données concernant les bulletins blancs et les réintroduire en faveur du candidat de son choix... en l'occurrence Silvio Berlusconi... seulement conclut l'article, selon Deaglio la fraude n'aurait réussi qu'à moitié ce qui expliquerait la colère de Berlusconi!" Mais l'affaire ne s'arrête pas là explique l'hebdomadaire Diario ... parce que la magistrature a ouvert une enquête pour déterminer la véracité des faits dénoncés... "Des faits qui coïncident avec de multiples bizarreries et sur lesquels il faut s'interroger... écrit Deaglio lui même dans le journal... comment se fait il que pour la première fois en 60 ans d'histoire les bulletins blancs aient chuté de manière uniforme lors de ce scrutin historique?... pourquoi les terminaux électroniques de la préfecture sont ils restés bloqués cette nuit là pendant trois heures avant de reprendre leur fonctionnement? Pourquoi le ministre de l'intérieur Pisanu a t il été écarté? Comment expliquer que dans chaque région italienne le vote blanc arrive exactement au même pourcentage : 1,2%? Enfin comment ne pas s'interroger alors que depuis 7 mois on attend toujours les résultats officiels définitifs de cette élection!... et de conclure " les abus de pouvoir ne sont pas une surprise certes... mais il faut faire attention au loup... c'est la morale de ce thriller démocratique" Et le Corriere della Serra comme la Repubblica se font l'écho ce matin de l'indignation des deux journalistes auteurs du documentaire... car deux procureurs adjoints ont décidé d'ouvrir une enquête les concernant pour « diffusion d'informations fausses exagérées et susceptibles de troubler l'ordre public » « on se croirait revenu aux années 60 lance Enrico Deaglio... je suis mis sous enquête sur la supposition qu'il est impossible de manipuler des données électorales par voie informatique... je m'attendais à une intervention de la magistrature pour reconstituer ce qui s'est passé durant ce scrutin, mais pas ainsi... c'est un barrage au journalisme d'investigation, une atteinte à la liberté de la presse » mais « s'il est reconnu coupable de fausses informations précise la Repubblica, Deaglio encoure 3 mois de prison et une amende de 309 euros... alors dans le camps du centre droit on exulte raconte le journal... l'ancien ministre de l'intérieur Pisanu se réjouit de l'ouverture de l'enquête et souhaite que tous ceux qui ont donné du crédit à cette initiative ignoble et calomnieuse puissent mourir de honte!" mais finalement conclut la Libre Belgique... toute cette colère reste bien silencieuse, tout semble faire croire que même les adversaire de Berlusconi, s'étant rendu compte de la manipulation n'ont pas voulu soulever le lièvre... en proclamant unilatéralement leur victoire... ils évitaient ainsi une crise institutionnelle dont personne ne voulait assumer les conséquences!" Relance: et dans la presse européenne il est encore question ce matin d'un autre thriller... celui de l'espion russe assassiné à Londres "Le professeur le président et le millionnaire": voilà comment s'articule l'imbroglio... résume la Vanguardia qui explique... l'enquête tourne autour du professeur Scaramella l'agent double triple voir quadruple... expert en nucléaire autant qu'en KGB et qui serait le dernier à avoir vu l'espion Litvinenko avant ses douleurs... Il y a également le millionnaire Berëzovski vers lesquels se tournent les soupçons parce que l'on a retrouvé dans sa maison des traces du poison radioactif le polonium 210 qui a tué l'espion... il est l'ennemi numéro un de Poutine et le parrain des exilés russes de Londres... et puis conclut la Vanguardia il y a enfin Poutine le président russe qui lui aussi avait de bonnes raisons d'éliminer l'espion ... voilà les protagonistes de ce thriller où de toute façon tout le monde est mauvais... mais reste à savoir qui est l'assassin" Litvinenko risque fort de garder ses mystères... écrit la Stampa...et pourtant la police ne cesse de retrouver des traces du poison radioactif... créant une véritable psychose! Psychose relancée ce matin encore dans le Financial Times qui raconte que l'ex-Premier ministre russe sous la présidence de Boris Eltsine, Egor Gaïdar, est actuellement hospitalisé à Moscou après être soudainement tombé malade pour une raison inconnue alors qu'il se trouvait en Irlande... économiste libéral et opposant modéré au président Vladimir Poutine... les médecins sont incapables d'expliquer les raisons pour lesquelles il a été pris de vomissements et de saignements... et Gaïdar refuse d'indiquer s'il croit avoir été victime ou non d'un empoisonnement... Mais le mal est fait... la presse s'inquiète des traces de polonium retrouvées dans 5 endroits de la capitale dont deux publics Ce qui fait écrire à l'Independent " les tchétchènes doivent nous regarder avec stupeur... parce que les 50 mille personnes éliminées par Poutine n'ont pas fait autant de bruit de notre côté c'est même comme si tout le monde s'en fichait!... Poutine continue d'être reçu à l'ouest avec la plus grande courtoisie... Mais la mort de cet ancien espion russe risque de tout changer... Poutine responsable ou non c'est comme si la ligne rouge avait été franchit... car cette affaire est plus qu'un meurtre écrit l'Independent... elle a pour la première fois forcé l'establishment britannique à reconnaitre que la Russie de Poutine tourne mal!"

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