LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Ukraine : la guerre par le crowdfunding

4 min

Quand on parle de crowdfunding, de finance participative, on pense immédiatement au financement de projets culturels, sociaux, environnementaux, innovants ou numériques. En Ukraine, le crowdfunding prend un autre visage puisqu’il est utilisé pour financer des armes et pour tuer.

<source type="image/webp" srcset="/img/_default.png"data-dejavu-srcset="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2015/06/8d3afea8-10ea-11e5-ab01-005056a87c89/838_aaa.webp"class="dejavu"><img src="/img/_default.png" alt="Crowdfunding de la guerre en Ukraine" class="dejavu " data-dejavu-src="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2015/06/8d3afea8-10ea-11e5-ab01-005056a87c89/838_aaa.jpg" width="838" height="343"/>
Crowdfunding de la guerre en Ukraine Crédits : Radio France
Aux portes de l'Europe, l'Ukraine est le théâtre d'un conflit "qui a déjà tué plus de 6 400 personnes et plongé les relations entre la Russie et l'Occident à des profondeurs jamais vues depuis la Guerre froide" écrivent deux journalistes du New York Times.Jo Becker et Steven Lee Myers ont examiné la toile. Ils ont relié "les sites, les messages postés sur les réseaux sociaux à plus d'une douzaine de groupes qui en Russie collecte de l'argent pour les séparatistes"."Une vaste campagne qui soulève effrontément de l'argent pour la guerre dans l'Est de l'Ukraine, en utilisant des tactiques communes qui reçoivent au moins le soutien tacite du gouvernement du Président russe Vladimir Poutine" écrivent ces deux confrères américains."Bien qu'ils dépeignent souvent leur mission comme humanitaire, la plupart de ces groupes approuve explicitement l'insurrection armée, et forme le voeu d'aider à équiper les forces dans les deux régions au centre des combats, Donetsk et Louhansk."C'est ce que le New-York Times appelle en titre le "crowdfunding de la guerre en Ukraine".Le crowdfunding, c'est le financement participatif via internet pour des projets habituellement culturels, caritatifs...Là, c'est le financement participatif de la guerre."Le bataillon humanitaire Novorossiya vante sur son site web qu'il a fourni des fonds pour acheter une paire de jumelles utilisée par les rebelles dans l'Est de l'Ukraine pour repérer et détruire un véhicule blindé. Un autre groupe, Save the Donbass (Sauvez le Donbass) sollicite des dons en utilisant la photo d'un obus de mortier sur lequel il est inscrit l'adresse web et les noms des donateurs."Un autre groupe, enfin, est encore un peu plus explicite. "Sa mission est de créer des unités militaires modernes et prêtes au combat contre le gouvernement central ukrainien.""Et bien que certains de ces groupes soient visés par les sanctions occidentales, ils utilisent des banques ou des entreprises comme Western Union ou Paypal, des institutions financières américaines et européennes.""Cette levée de fonds, précise le New-York Times, peut poser des risques juridiques pour ces entreprises qui ont interdiction de faire du business avec des personnes ou des groupes sur liste noire."Et l'argent arrive... tout en étant difficile à quantifier précisément pour tous ces groupes.Mais les deux journalistes américains affirment par exemple que "le groupe "Sauvez le Dombass" a collecté l'équivalent d'1 million 300 000 dollars de dons, le groupe Novorossiya 213 000 dollars depuis sa création en mai 2014", il y a un an, "peu après le début des combats".Plus largement, une question se pose : les Etats-Unis vont-ils aider davantage l'Ukraine ?La presse américaine regorge ces derniers jours d'articles sur le sujet.Un éditorial du Washington Post avant-hier.Un long papier aussi dans l'hebdomadaire Newsweek sorti mercredi. Il relate la façon dont outre-atlantique les Républicains se sont emparés de ce débat sur le chemin de la campagne électorale. "Ces derniers amplifient leurs critiques quant au niveau de réponse militaire de la Maison Blanche". Et le Premier ministre ukrainien Arseniy Yatsenyuk en visite à Washington cette semaine va dans leur sens en répondant à une longue interview de l'hebdomadaire américain. "Le Congrès, explique-t-il, fait pression pour que nous obtenions des armes défensives. On attend maintenant le soutien de la Maison Blanche. C'est important, poursuit-il, non seulement pour l'Ukraine mais aussi pour les alliés de l'Union Européenne et de l'OTAN, l'Ukraine est un bouclier contre l'agression russe."Le New York Times explique qu'au Congrès, "c'est une coalition bipartite qui défie le Président Obama et les alliés européens.""Le Sénat a inclus des dispositions dans son projet de loi sur la politique militaire pour armer l'Ukraine avec des systèmes antichars, des mortiers, des lance-grenades et des munitions pour l'aider dans sa lutte contre les séparatistes russes.""Jusqu'à présent, l'administration Obama a refusé de fournir une aide létale, craignant que cela ne fasse qu'augmenter l'effusion de sang et donner au président russe Vladimir Poutine un prétexte pour de nouvelles incursions."Guerre diplomatique.Le ministre russe des affaires étrangères a hier accusé "le gouvernement américain d'aggraver la situation en Ukraine", nous apprend la Deutsche Welle. "La Russie a ajouté qu'elle ne menait aucune activité militaire inhabituelle."Toujours hier, vous lirez un peu partout dans la presse le compte-rendu de la visite de l'ambassadrice américaine auprès de l'ONU à Kiev qui s'est livré à un violent réquisitoire contre Moscou fustigeant notamment ses "mensonges éhontés".La parole de l'Europe est elle beaucoup plus discrète sur le sujet.

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......