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Un cordonnier devenu célèbre

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Leur célébrité ne date pas d'hier, mais voilà qu'elles reviennent sur le devant de la scène. Les chaussures lancées sur Georges Bush il y a dix jours, par un journaliste irakien, pendant une conférence de presse à Bagdad. Les journaux en parlent à nouveau aujourd'hui, dans plusieurs pays, pour deux raisons. D'abord parce que l'auteur du jet de chaussures sera jugé à partir du 31 décembre. C'est ce qu'ont annoncé hier les autorités judiciaires irakiennes. Mountazar al Zaïdi encourt jusqu'à 15 ans de prison. Mais la presse s'intéresse aussi au destin du fabricant des "Bush Shoes", c'est leur nouveau nom : il est turc, propriétaire de la marque de chaussures Baydan. Ainsi le quotidien espagnol El Pais raconte, non sans ironie, que ce dernier a tout de suite reconnu son ouvrage lorsqu'il a vu les images, qui tournent en boucle sur internet, "parce que ce sont des chaussures très aerodynamiques!". Et aujourd'hui, "il se frotte les mains, peut-on lire également dans le Soir, en Belgique. Il dit avoir embauché une centaine d'ouvriers supplémentaires, pour faire face aux commandes qui affluent du monde entier. Près de 400.000 paires commandées, alors que la société turque n'en vend d'habitude guère plus de 15.000 par an". Au délà de l'anecdote sur le cordonnier devenu célèbre, c'est surtout le sort de Muntazar al Zaïdi qui frappe, le journaliste qui a lancé les chaussures. La correspondante à Beyrouth d'un autre quotidien espagnol, El Mundo, évoque les manifestations qui réclament ici et là sa libération. "De Jordanie en Turquie, des milliers de personnes ont exigé la libération de Muntazar en brandissant leur chaussures comme seule arme. A Beyrouth, on a vu des gens marcher dans la rue avec leur chaussures attachées à la ceinture, et une chaine de télévision libanaise essaie d'embaucher Muntazar à n'importe quel prix, écrit la journaliste de El Mundo. Procès le 31 décembre donc, "mais il semble improbable que les choses se terminent mal pour le lanceur de chaussures, estime El Pais, parce que Muntazar al Zaidi est devenu le héros d'un pays exangue, où l'armée américaine a tenté d'anéantir le fléau du terrorisme international, et qui n'est plus aujourd'hui que la carcasse de ce qui fut une nation pétrolière prospère. " Une photo étonnante dans les journaux ce matin, notamment les quotidiens britanniques et américains. Un homme de 41 ans, à la moustache épaisse, qui porte un uniforme de détenu orange (bermuda et chemise à manches courtes) et dont les pieds sont entravés par des chaînes. Il s'agit du Russe Viktor Bout, traficant d'arme présumé, ancien officier de l'armée soviétique converti dans les affaires. Il a été arrêté en Thailande en mars dernier et comparaissait à nouveau hier, devant la cour criminelle de Bagkok, dans le cadre d'une procédure d'extradition vers les Etats Unis, où il fait l'objet de quatre chefs d'inculpation. Viktor Bout, surnommé "le marchand de mort", est présenté comme l'un des plus importants marchands d'armes de la planète. C'est lui qui a inspiré le personnage du film "Lord of War", avec Nicolas Cage. Il est soupçonné d'avoir fait affaire avec des mouvements rebelles du monde entier, notammament avec les Farcs de Colombie. Et hier, devant le tribunal, il a affirmé être victime d'un "coup monté de Washington", expliquant que les Etats-Unis veulent en fait mettre à mal les relations entre la Thailande et la Russie. Son meilleur espoir, explique The Independant de Londres, serait d'être extradé en Russie, car il devrait bénéficier d'une immunité en raison de ses liens avec les services de renseignement. En Suisse, une campagne d'affichage fait l'actualité. Elle est signée des Jeunes UDC, la droite populiste, qui fait campagne contre l'extension des accords de Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie. La Suisse vient tout juste d'entrer dans l'espace de libre circulation européen, mais au moment de la négociation des cette accord, la Bulgarie et la Roumanie n'en faisait pas partie. Résultat : les Suisses vont se prononcer par réferendum le 8 février prochain pour ou contre l'extension à ces deux pays. Un vote xénophobe est à craindre et cette nouvelle campagne d'affichage en est un indice. "L'une des affiches, lit-on dans Le Temps, représente des voleurs, censés être des Roms, qui s'échappent d'une maison aux volets suisses avec de gros butins." "Les jeunes UDC jouent la provocation" titre Le Matin, qui précise que l'affiche divise tout de même au sein de l'UDC et qu'elle n'est pas encore officiellement lancée. Pour terminer sur une note plus légère : un phénomène impressionnant, en Espagne, largement commenté ce matin par la presse européenne. La loterie de Noël ! Le tirage avait lieu hier. Cette année, les ventes de tickets ont rapporté plus de 2,7 milliards d'euros, soit 61 euros par Espagnol. C'est considérable, mais c'est un peu moins que l'année dernière, preuve que la loterie connait tout de même un peu la crise. A lire dans le Guardian de Londrs comme dans le Diario de Noticias portugais, des reportages sur la fête un peu partout en Espagne au moment de la diffusion du tirage, à la télévision. Au total, près de 2 000 tickets ont remporté le gros lot, "el Gordo", leur propriétaire recevront 300.000 euros chacun. "Cette année la crise et les perspectives économiques moroses ont ajouté un peu plus d'émotion que d'habitude, raconte la Tribune de Genève. Et comme chaque année, la loterie déchaine ses passions. Ainsi Marie Carmen, arrivée en larmes au bureau de loterie parce que son billet gagnant était passé à la machine à laver. Il ne reste alors qu'à attendre le verdict de l'administration de la loterie, ou bien tenter sa chance à nouveau au prochain gros tirage, "el Niño", le jour de l'Epiphanie.

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