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Un monde sans foot!

5 min

par cécile de Kervasdoué

Imaginez une Europe sans foot

et puis sans huile d'olive

et puis sans plages baignées de soleil pour les touristes du nord

ou encore sans banquiers

voir sans euros

ce serait une révolution !

une révolution en marche en Europe! répètent à l'envie ce matin el Pais en Espagne, le site de la Deutsche Welle en Allemagne

Rien ne va plus ! titre le Temps en Suisse

et même le site du Times de Londres raconte comment l'Europe perd pieds sous ce titre « Même les dieux se perdent dans la crise »

C'est ballot tout de même, écrit la plume britannique, aucune des analogies habituelles ne fonctionne vraiment aujourd’hui. Ni le cheval de Troie, ni la boite de pandore, ni le minotaure la mythologie grecque ne sert plus à rien pour expliquer cette crise et nous n’avons plus de grille de lecture valable !

Les romans réalistes pas plus que le reste..

La Grèce n'est pas ce neveu dépensier de tatie Allemagne puisque la tatie en question ne prête pas grand chose mais fait prêter par des gens qui ne sont même pas de la famille, c’est dire, des créancier poussés par la dite tatie Allemagne.

Elle n’est pas à cela près la Tatie, parce qu’elle a aussi a maquillé les autres ratés de la famille : sa nièce Espagne, prostituée toxico à la rue, ses neveux Portugal et Irlande qui ont fini par se trouver enfin une place en foyer et puis son frangin France, qui continue de sortir en costume pour sauver les apparences en faisant griller sa carte de crédit dans des restaurants chics, carte de crédit vide depuis bien longtemps

Vous ne me suivez plus du tout là je le sens bien ! confesse le Times qui propose une autre analogie : la chaudière !

L'euro et l'Europe serait une chaudière déglinguée que plus personne ne sait réparer alors ont est bien obligés de faire confiance aux experts, ces économistes, qui improvisent et qui n'ont jamais le même diagnostics et jamais les mêmes remèdes et qui ne sont comme c’est bizarre jamais responsable de rien !

Bref on n'y comprend plus rien, écrit le Times qui confesse pourtant depuis deux ans je suis sur informé : j'ai appris ce que c'est que le mécanisme de stabilité, le rendement des obligations, la recapitalisation des banques mais je ne comprends toujours rien. En somme je suis un idiot, un tout petit mieux informé qu’avant certes mais un idiot, pendant que des légions silencieuses de technocrates sont visiblement affairés à refaire ou parfaire leur petit monde, leur petit nid douillet.

Parce qu'il y en a qui n'ont vraiment pas à souffrir de la crise !

oui oui il y a des endroits en Europe où ni la crise, ni la dépression n'ont droit de cité. Cet endroit c'est Bruxelles ! S’enflamme Uwazam Rze en Pologne. L'hebdomadaire conservateur dénonce cette aristocratie de Bruxelles, cette caste de fonctionnaires européens avec tous leurs privilèges : salaires extraordinairement élevés, dédommagement, indemnités, parachutes dorés. Ce sont eux qui font et qui profitent de la crise et l'on voudrait ensuite voir l'opinion publique euro enthousiaste?

et c'est vrai qu'à lire l'International Herald tribune américain ce matin on peut avoir des doutes

« on nous a répété dit l'article, que le contribuable européen payait des sommes astronomiques pour sauver la Grèce mais ce n'est pas du tout le cas en réalité alors que l'Europe s'interroge sur la nécessité de garder ou d'exclure la Grèce, les 130 milliards d'euros prévus pour sortir ce petit pays de la faillite ne servent qu'à payer les intérêts de la dette ! et à qui donc ? A la banque centrale européenne, au FMI et à l'Union européenne ! Absurde, sans doute, dit l'article, mais c'est encore une manipulation financière de plus.

Un peu comme ces produits toxiques bancaires? Vous vous souvenez, raconte el Pais, qui comme toute la presse espagnole fait le constat d'une prochaine faillite du pays après la faillite annoncée de tout son système bancaire, vous vous souvenez avant c'étaient des produits toxiques maintenant ça s'appelle produits hybrides mais on en est au même point : la même opacité, les même parachutes pour les banquiers, les mêmes liens coupables entre les politiques et la finance.

d'où ce titre qui revient partout dans l'IHT comme dans el Pais :

la crise transforme profondément les principes mêmes et les valeurs de la démocratie européenne

et c'est là qu'interviennent les symboles : le premier, l’huile d’olive qui ne se vend plus nous dit le Figaro, ni en Espagne, ni en Grèce ni en Italie, parce qu’elle est trop chère et le second dont toute la presse parle ce matin, c’est le football !Encore un scandale de corruption et encore un trophée résume al jazzera. Le foot est tellement vicié qu'en Italie où le scandale des matchs truqués fait des vagues, le premier ministre propose carrément de suspendre ce jeu pour deux ou trois ans, afin dit il de permettre aux citoyens d'atteindre une plus grande maturité !

Parce que le foot n'a plus rien à voir avec le sport, raconte la Repubblica en Italie, il est pourri, comme le révèle la vague d'arrestations lundi dernier parmi les joueurs de sélection nationale voir internationale !

Voilà des joueurs sous poursuivis en justice pour avoir truqué des paris; accepté de perdre des matchs pour satisfaire des gros bonnets de la finance même le capitaine du Lazio est suspecté!

et ça n'est pas limité à l'Italie raconte le Soir en Belgique. Nous nous avons un joueur Eden Hazard qui va percevoir à Chelsea un salaire mensuel de 500 000 euros net par mois, et vous savez quoi, dit le Soir, ce salaire est presque normal dans le monde actuel du sport business... Le problème, ce n'est évidemment pas Hazard, mais c'est le manque de règles, de transparence, de bon sens qui pourrait conduire le sport roi vers sa perte si, tôt ou tard, on ne met pas un frein à la folie et la dérégulation... Cependant, la morale de l'histoire, s'il y en a une, c'est que le système du football est vicié, sans décence, sans règles. Le football est une bulle, un milieu autiste au modèle économique branlant, où l'on croit que tout est permis et où le cynisme a pris le pas sur les valeurs sportives.

et c'est cela qu'il faut changer d'urgence... tenter le fair play financier dans le football comme dans le reste de la société

de quoi refaire chanter Bob Dylan décoré hier écrit le Tribune de Genève, par la plus haute distinction civile américaine des mains de Barak Obama. Comme quoi

Les temps changent ou en tous les cas ils doivent changer, d'urgence!

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