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Un possible Grexit fait paniquer la presse internationale

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Comme le lapin blanc dans Alice au pays des merveilles, l'Europe entière passe son temps à regarder sa montre et de plus en plus nerveusement au fur et à mesure que la date fatidique du 30 juin approche.

C'est à cette date que la Grèce est sensée rembourser à ses créanciers la somme d'1,6 milliard d'euros.

Et l'idée que cela ne soit pas possible et que donc la Grèce ne puisse éviter le défaut de paiement commence à inquiéter sérieusement la presse européenne et même au-delà.

D'après le quotidien allemand basé à Munich, le Süddeutsche Zeitung, les Européens auraient, déjà mis en place un plan d'urgence pour éviter une panique bancaire et une fuite massive des capitaux de Grèce.

Il s'agirait de fermer dès la semaine prochaine et pendant quelques jours les banques grecques avec limitation des retraits aux distributeurs et des paiements électroniques.

Organiser la panique donc.

Comme le précise l'International Herald Tribune, l'Union européenne se prépare au défaut de paiement grec et le journal d'estimer que cette préparation est insuffisante et parle même d'état d'urgence à instaurer dans le monde de la finance en cas de Grexit.

Car comme le rappelle la Tribune de Genève, les traités européens n'ont pas prévus une sortie d'un pays de la zone euro. Et le journal suisse, pour décrire l'ambiance à Bruxelles pendant ces ultimes jours de négociation, de citer des phrases apocalyptiques de dirigeants européens : un immense défi, un terrain totalement inconnu, un choc sans précédent et même la fin peut-être de la Grèce.

On vous le disait, ambiance fin du monde.

Pour la presse conservatrice allemande, le responsable est tout trouvé, c'est évidement la Grèce elle même. Le quotidien Die Welt, proche de la CDU, estime même dans un article qui fait scandale que la Grèce est responsable pour la deuxième fois de la destruction de l'ordre européen. La première fois c'était en 1821 lors de l'insurrection populaire contre l'empire ottoman ! Comparer la lutte pour son indépendance face à un empire et le remboursement d'une dette est assez osé !

Le remboursement de la dette et combien cela va coûter en cas de défaut de paiement, c'est en tous cas la question que pose le quotidien belge le Soir.

En se basant sur une étude de la société ING economic research, le quotidien bruxellois affirme qu'un défaut de paiement grec coûterait 609 euros à chaque belge, soit près de 7 milliards pour le pays, ce qui correspond à 1,7% du PIB belge. Mais le Soir tente de rassurer ses lecteurs, en affirmant qu'un défaut de paiement intégral, à 100% est quand même peu probable. Sauf que le journal conclu en rappelant que cette étude ne tient pas compte des conséquences économiques indirectes d'une faillite grecque...

Le compte à rebours vers le Grexit semble donc bien engagé à en croire le journal anglais The Guardian.

Le quotidien londonien estime qu'à un moment ou à un autre, Athènes ne pourra plus faire face à ses engagements et ratera une date limite de remboursement. Si ce n'est pas cette fois, cela sera la prochaine...

Même le quotidien conservateur anglais, le Daily Telegraph s'inquiète. Alors que le Royaume Uni n'est pas dans la zone euro et que le pays est tenté par un Brexit, voilà qu'un Grexit donne des sueurs froides au quotidien qui compare la situation actuelle à une menace aussi importante que la chute de Lehman Brothers.

La Grèce est engagée dans une spirale sans contrôle estime même le Telegraph...qui se demande si la Grèce n'est pas le futur Zimbabwe.

Alors, n'y a t-il plus d'espoir ?

L'inquiétude, pour ne pas dire l'angoisse, dépasse les frontières de la zone euro ou de l'Union européenne. Le grand quotidien de Toronto, le Global and Mail publie un éditorial qui déclare que la Grèce doit impérativement être sauvée. Que le maintien du pays dans la zone euro sera difficile mais que sa sortie serait pire. Que l'Europe ne serait plus l'Europe sans la Grèce. Et c'est un journal canadien qui l'écrit !

Il n'empêche que l'optimisme n'est pas de rigueur non plus à la une de la presse grecque. Le journal de centre droit Ekathimerini estime que le premier ministre Alexis Tsypras a fait preuve d'inexpérience durant les négociations et que son intransigeance risque de coûter cher au pays. Le quotidien d'Athènes lui conseille d'oublier son passé et trouver un accord rapide avec les créanciers du pays.

Le journal grec Eleftheros Typos n'est pas non plus optimiste. Selon lui, le scénario de rupture est en marche et la route ouverte vers le défaut de paiement.

Mais en fait, au delà de la part de dramatisation inévitable dans les ultimes moments de la négociation, le quotidien grec de centre gauche Ta Nea se demande si les deux parties prenantes ne se sont pas laissé entrainer vers l'abîme en jouant au chat et à la souris créditeurs rugueux et gouvernement maladroit estime Ta Nea. Sauf que désormais, on ne joue plus et que l'abime est vraiment là...

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