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Un Tsunami d'excuses: l'affaire Madoff

5 min

Bonjour Ali bonjour à tous à quoi ça sert de lire?... c'est la question que pose el Pais ce matin en Espagne qui se plait à constater qu'avec cette crise... et bien les ventes de livres se portent de mieux en mieux et ce malgré la récession La raison... l'action du gouvernement espagnol qui pour soutenir l'industrie du livre s'est dit convaincu de l'importance d'étendre la culture (qu'elle qu'en soit sa définition) au plus grand nombre Réjouissons-nous pour une fois de ces statistiques écrites le quotidien de Madrid... car dans un pays ou l'indice d'échec est le plus haut d'Europe cette extension du nombre de lecteur est une vraie revanche sur la société du spectacle Euh... quoi que nuance la conclusion de l'article qui fait une autre constatation... Si les libraires notent un retour à des publications vilipendées comme celle de Karl Marx de Keynes ou de Galbraith... La grande majorité ne cache pas que cette fièvre de lecture espagnole répond surtout à un besoin d'évasion d'aventure de loisir à moindre prix et voilà tout le paradoxe... lire peut certes être le vecteur d'une ouverture vers l'autre... le fondement d'une identité collective... mais c'est comme tout... ça dépend ce qu'on lit... et dans certain cas... la lecture peut renforcer le repli sur soi... ainsi le livre comme tout spectacle est le reflet de notre société... il en dit long sur les dangers et les défis de l'époque que nous traversons et c'est ainsi continue l'International Herlad Tribune qu'après la ribambelle de films sur les affres de l'immigration... nos cinémas nos livres nos scènes ne vont pas tarder à se pencher sur ce que le quotidien américain appelle... le tsunami des excuses... Bon titre pour définir l'ère du temps... parce que tout le monde se croit aujourd'hui obligé de demander pardon... comme si ça pouvait alléger les responsabilités même le Vatican dit le Spiegel en Allemagne... allant à l'encontre de ce principe d'infaillibilité auquel il nous avait habitué... même le Vatican se met à reconnaitre ses erreurs... voilà que le pape Benoit 16 envoie une lettre à ses évêques pour admettre une erreur de jugement à propos de la réhabilitation des évêques intégriste et surtout du négationnistes Williamson Qu'est ce que ça veut dire? Interroge le journal... sommes nous en train de voir se dessiner un nouveau pape adepte de l'autocritique... ou bien est ce tout simplement une autre stratégie de communication comme c'est le cas dans bien d'autre domaine... une manière de faire passer la pilule en sorte Faire passer la pilule... soit les responsabilités de la crise aux yeux d'un public de plus en plus circonspect... c'est justement la question qui occupe la plupart des journaux étrangers ce matin qui se demande tous comment interpréter cette affaire Madoff « je ne peux pas exprimer de manière adéquate combien je suis désolée pour ce que j'ai fait »... cette phrase du plus gros escroc de tous les temps ...comme l'écrit la Stampa en Italie... s'affiche partout sur les unes qui publie des photos des victimes de l'escrocs sautant de satisfaction en entendant la sanction : Madoff ira en prison c'est ce que tout le monde attendait... écrit Business Week aux Etats Unis... enfin surtout ceux à qui il a volé toutes les économies... et qu'on entend d'ailleurs sur de nombreuses vidéos des sites de presse... « Ca ne me rendra pas ma retraite ma retraite mais ça montre qu'il y a finalement un peu de justice » dit l'une « cet homme est le diable... il a volé tout le monde... et même des oeuvres caritatives... c'est un Satan qui mérite d'être puni »... lance une autre victime à la sortie du procès au reporter de la BBC Mais reste pourtant bien des questions en suspend comme le note Business Week... d'abord où est allé leur argent.... ensuite qui d'autres a participé à l'escroquerie et surtout comment a t on pu se faire avoir autant ?... D'où ce titre qui revient dans les éditoriaux du Times à Londres et de la Vanguardia à Barcelone... un titre en forme de question Madoff en prison? ... parce qu'une fois qu'on a mis le méchant en prison interroge le journal de Barcelone... est ce pour autant la fin de l'histoire... peut on refermer le livre de la crise? certainement pas... parce que le cas madoff révèle au contraire l'ampleur de la complexité de cette crise dans laquelle nous nageons... ces fraudes à très grande échelle ne font que montrer du doigt la pyramide de responsabilités et de complicité qui a entrainé une perte confiance mondiale... alors sa condamnation à la prison à vie ne rattrape rien, pas plus que ses excuses publiques ; soient elles sincères ou non Rendez nous nos sous !... écrit la Stampa qui se fait l'écho du voeu de bien des victimes alors que l'Independent note que l'empire Madoff est toujours sur pied avec son épouse ses frères ses enfants sa nièces... que Bernard est certes enfin en prison mais jusqu'au mois de juin seulement, même s'il encourt 150 ans de réclusion... rien ne dit qu'il ne va pas d'ici là échapper à la justice! Alors s'il y a une leçon à retenir de tout cela ... continue Business Week c'est celle de la méfiance... surtout pour les investisseurs... ceux là ont en effet trop tendance à faire confiance aux apparences ... ils donnent les gains d'un dur labeur à d'autres qui ont l'apparence de la respectabilité et de la réussite... et pêchent par excès de confiance... par simple paresse de jugement et c'est exactement ce que doit nous enseigner cette crise... résume le Times... parce qu'alors que les travailleurs perdent leur emplois... les investisseurs leurs économies... et les banquiers le respect... Madoff incarne déjà un chapitre de notre histoire ... cette course effrénée au profit, que nous semblons aujourd'hui vouloir reléguer aux oubliettes... c'est ainsi que l'affaire Madoff sera un chapitre crucial dans le future livre qui racontera cette crise... un livre qui nous permettra sans doute de comprendre enfin ce qui s'est vraiment passé ! Bonne journée

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