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Un voyageur stellaire venu du fin fond des âges

4 min

Par Thomas CLUZEL

ISON, c'est son nom, est un astre vagabond l’un des plus spectaculaires que l’homme moderne ait eu l’occasion de voir : découverte le 21 septembre 2012, la comète passera au-dessus de l’hémisphère Nord dans les prochains jours. Et pour tous les admirateurs du ciel nocturne, il s’agira de ne pas rater l’événement, précise LE TEMPS de Genève, car contrairement à la célèbre comète de Halley, laquelle nous rend visite tous les 76 ans, ISON, elle, ne fera qu’un unique passage dans le Système solaire. Du moins, pour autant qu’elle ne se désintègre pas d’ici là. Car avant de passer à la périphérie de la Terre, plus de 100 fois tout de même la distance Terre-Lune, Ison devait franchir, c'était jeudi dernier, un obstacle de taille : le Soleil.

Jeudi, vers 19 h 30, heure française, cette gigantesque boule de glace, de roches et de poussières, qui fonçait depuis près d'un million d'année vers le Soleil a en effet frôlé l'astre solaire, en passant à 1 million de kilomètres de ses rayons ardents. Celle que la communauté scientifique a baptisée "la comète du siècle" a alors subi des températures avoisinant les 2 700 °C, perdant 3 millions de tonnes par seconde. Et ne voyant pas réapparaître cet Icare de glace derrière le disque solaire, les scientifiques en ont conclu dans un premier temps que la comète n'avait pas survécu à son périple. Je viens de regarder les dernières images des satellites et je ne vois rien ressortir derrière le disque solaire ; cela pourrait être le dernier clou dans le cercueil, avait notamment conclu un scientifique lors d’une table ronde organisée par la télévision de la NASA. Et de fait, au vu de sa trajectoire, il était possible de penser que la comète, composée à 50% d'eau avait fondu ou explosé.

Et puis, au lendemain de cet avis de décès interstellaire, la BBC a finalement publié un article qui pourrait redonner de l'espoir à ceux qui s'étaient pris de passion pour ISON. Les dernières observations laissent en effet penser qu'une partie de la comète a pu survivre à son séjour ensoleillé. L'Agence spatiale européenne, qui avait été l'une des premières institutions à prononcer l'oraison funèbre, a même dû revenir sur ses propos, affirmant désormais qu'une petite partie du noyau a bien pu survivre.

C'est en tous les cas ce que laisse espérer la publication il y a quelques heures par la Nasa sur son compte Instagram d'une photo intrigante, rapporte le magazine SLATE. On y voit une traînée au-delà du Soleil. Un cliché qui a aussitôt ravi les internautes abonnés au compte de la Nasa, lesquels estiment à présent qu’il s’agit là ni plus ni moins d’un miracle. Rendez vous compte, alors que l'ensemble de la communauté des astronomes, tout comme celle des passionnés qui suivent la comète depuis un an faisait son deuil après la soirée du 28 novembre, voilà que l'objet céleste qui a rencontré le Soleil pendant le Thanksgiving américain a réapparu. Une partie de son noyau pourrait avoir survécu et se retrouver à présent de l’autre côté du Soleil.

Reste tout de même à savoir si cette traînée correspond bien à la comète ou simplement à des débris ? Quoi qu'il en soit, tout s'est passé comme si le scénario établi par la Nasa, un peu à la sauce hollywoodienne, ne s'était pas déroulé comme prévu. Preuve aussi que les phénomènes naturels sont parfois capricieux. Mais surtout l'enjeu est de taille. Car si la comète a mobilisé la communauté astronomique depuis sa découverte en septembre 2012, c’est parce qu’elle remonte aux origines du système solaire, il y a 4,5 milliards d'années. La comète s'est en effet échappée, il y a quelques millions d'années, du nuage d'Oort, sorte de parking de comètes, aux confins du système solaire situé à mi-chemin entre le Soleil et la prochaine étoile. Et voilà pourquoi cette comète présente un intérêt aussi important. Les matériaux que contient la comète datent de la formation du système solaire et leur analyse pourrait donner des informations précieuses sur ce qui constituait la Terre à cette époque.

Toujours est-il que si ISON a bien survécu, alors sa luminosité sera telle que nous pourrons peut-être la contempler à l’œil nu, lorsqu’elle repassera près de la Terre. Enfin pas si près que cela, puisqu’elle se trouvera à 64 millions de km, ce qui présente l’avantage non négligeable d’exclure toute collision. Ensuite, les 14 et 15 janvier prochain, la Terre passera près de l’orbite d’ISON et pourrait y rencontrer cette fois-ci les traces laissées par la comète. Ces particules pourraient alors provoquer une pluie de météorites. Mais, rassurez-vous, rien n’est sûr, selon les astronomes.

En attendant et pour tous les noctambules donc qui ne voudraient pas rater l’événement, sachez que le spectacle céleste de fin d’année est prévu, tenez vous bien, le 26 décembre prochain.

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