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Une révolution c'est comme l'amour: ça s'entretient.

6 min

par Cécile de Kervasdoué

La révolution c'est comme une histoire de passion amoureuse... une fois que vous êtes dedans vous ne pouvez plus en sortir…

Voilà ce que l'on pouvait lire vendredi dans les colonnes d'el Pais en Espagne

el Pais qui ce matin Saint Valentin oblige sans doute ...récidive ainsi écoutez :

L’amant ne peut pas faire autrement que de se consacrer avec altruisme à l'être aimé et pour cette raison on ne peut pas considérer qu'un amant est libre c'est même tout le contraire : aimer c'est être captif de son amour !

ou encore

L’amour c'est à la fois le grand mensonge et la grande vérité des êtres humains... parce qu'un amour se construit à la fois de petits mensonges et de grandes sincérités ... l'amour serait donc comme « un cosmos enfermé » écrit el Pais qui rajoute encore

L’amour c'est un éclair...un éclair que nous attendons, qui nous éblouit et nous enthousiasme autant qu'il nous fait peur...

Un peu comme la liberté... renchérit à des milliers de kilomètres de Madrid... l'Orient le Jour au Liban qui commence ainsi

Dans le monde arabe rien ne sera jamais plus comme avant...

et pourtant la révolution égyptienne continue de donner lieu à des lectures obsolètes qui ne prennent pas en compte la mutation profonde opérée dans la région et qui ne trahissent qu'une grande peur... pour se protéger du « monstre » qui fascine et effraie à la fois... le « monstre liberté »

Le phénomène égyptien est donc encore abordé sous un angle monolithique, idéologique et identitaire avec du côté de l'Iran et de la Syrie, les vieux discours sur l'arrogance internationale ou l'expansion sioniste...

Ailleurs, la tortue paniquée rentre la tête dans sa coquille craignant que la disparition du tyran fasse naitre le chaos et l'avènement des extrémistes

Mais ces deux postures sont archaïques écrit le quotidien libanais

parce que ce qui se déroule au Caire est véritablement postmoderne... c'est une lente montée vers la conscience de la part d'une masse d'individus... et l'article explique

La révolution informatique, la création d'espace virtuels libres comme facebook twitter ou you tube ont permis l'expansion à l'infini de la confiance en soi et du processus d'individuation... chaque individu est ainsi devenu leader d'opinion, capable de fonctionner en réseaux, de mettre en commun, de diffuser un climat de liberté sans plus avoir peur de rien.... c'est cette dynamique là qui a modifié les rapports du monde arabe... lance l'Orient le Jour

Alors que le New York Times publie un reportage sur ces bloggeurs égyptiens et tunisiens qui depuis deux ans se soutiennent et se conseillent pour lutter contre leurs dictateurs respectifs et parvenir à cette révolution

Alors il n'y a pas eu besoin d'un leader providentiel qui viendrait donner un signal à la révolte... continue l'Orient le Jour chaque individu devient autonome dans une grande expansion de la conscience qui est expansion de la liberté et que rien ne pourra plus arrêter, ni les armes ni la terreur ni la violence morale ni la tyrannie ... et le quotidien conclut

car prendre le goût de la liberté ...c'est ne plus aimer qu'elle ...et en vouloir toujours plus… alors la moisson est pour bientôt

Moisson... dominos arabes... au suivant... un changement régional... une nouvelle ère... des ilots de fausse tranquillité

Vous l'entendez les titres de la presse internationale ... ne cesse de le répéter... ce qui se passe en Egypte n'est pas un cas isolé... c'est un mouvement de très grande ampleur

à qui le tour ? lancent alors de nombreux journaux comme ce matin le Quotidien en Tunisie

où s'arrêtera le grand train du changement interroge aussi le Téhéran times en Iran

Alors que le Times publie cette caricature

On y voit tous les dirigeants du monde arabe recevoir une lettre de cupidon en forme de coeur, la fameuse carte de la St Valentin; et prendre la fuite ou trembler à sa lecture "les roses sont mortes, les opposants bleuis par les coups

Mais il n'y a plus de tyran cruel! Le peuple vient maintenant pour toi!"

et chaque quotidien semble choisir un candidat

pour la presse algérienne, nul doute, la manifestation de samedi à Alger n'est qu'un point de départ à une vague de protestation beaucoup plus profonde malgré la peur de la guerre civile... un coup pour rien sans doute écrit le Quotidien d'Oran... en tout cas, c'est ce qu'on voudrait nous faire croire... mais il sont nul en math... dit le Soir d'Algérie

parce qu'on nous dit il y avait 250 personnes à la manifestation... une centaine d'arrestations... ce qui voudrait dire qu'il ne restait que 100 personnes à défiler samedi... mais j'y étais ! dit le journaliste algérien... ça n'est pas ce que j'ai vu... cette foule qui bouchait toute les ruelles adjacentes à la place centrale d'Alger... et cet hélicoptère affrété pour seulement 100 excités... ça fait cher le carburant... où bien alors il faut que je fonce chez l'ophtalmo parce que j'ai la berlue !

pour le Téhéran Times... le prochain sur la liste c'est le Yémen

parce que ce pays est en train de traverser une grave crise économique et politique

le site d'al jazeera pointe du doigt... Bahreïn

Magarehbia nous apprend que le Maroc est frappé par des appels à la grève massive pour le 20 février

mais avant …

l'aube du proche orient comme le titre le journal Haaretz en israel touchera l'autorité palestinienne

et oui écrit Shark en Iran, parce que déjà l'autorité palestinienne a démissionné... et appelle à de nouvelles élections pour le mois de septembre

c'est du jamais vu... écrit Haaretz en Israel... une révolte politique de ce type sans leader et sans violence... impalpable et pourtant profonde et qui se répand dans toute la région

de quoi dérouter les analystes sans doute

car on n'arrête pas le cour de l'histoire... écrit le Quotidien de Tunis

et le soulèvement de l'Egypte d'un point de vue psychologique est essentiel... non seulement il sonne le glas des régimes despotes à plus ou moins long terme mais surtout il crée une inspiration pour de très nombreux peuples à travers le monde entier qui se plaisent à penser qu’on ne peut éternellement réprimer les aspirations à la dignité des gens… et voilà une lumière qui pointe celle du labeur de l'abnégation de la prospérité équitablement partagée

Car c'est bien cela que dit la révolution égyptienne... écrit al jazeera c'est la résurrection d'un nouveau type de pan arabisme qui s'appuie non plus sur des slogans vides mais sur une lutte élargie pour la justice sociale et pour la liberté

est ce pour cela que cette révolution nous inspire tant nous autres européens ? interroge el Pais qui comme la Repubblica italienne fait le lien muet entre ces révolutions du monde arabe et le ras le bol des citoyennes italiennes qui sont allées en masse hier manifester contre Berlusconi dans toute l'Italie… un mouvement dit la Repubblica, qui comme en Egypte n’a pas de leader défini...

C’est le cour de l'histoire qui est en marche rajoute le quotidien de Tunisie qui semble aussi enthousiaste que tous les journaux égyptiens du week end... le grand nettoyage est en marche aussi au sens propre comme au sens figuré... écrit al Masry al Youm

Alors que le Guardian britannique publie cette caricature où l'on voit la liberté guidant le peuple qui dort dans son drapeau, jonchée sur un char où il y a écrit liberté

d'où la perplexité de pagina 12 en Argentine... attention aux lendemains qui déchantent tout de même, parce que pour un latino américain faire rimer démocratie et liberté avec triumvirat militaire c’est juste un contre sens... depuis 1952 l'Egypte est dirigée par la même élite civico militaire… il est difficile de croire que cette élite militaire va accepter le changement... tout dépendra de la pression de la rue… sinon les choses auront changé seulement pour garantir la continuité... termine le quotidien argentin gare alors à ne pas se laisser griser par la liberté... aveugler comme un amoureux

car la liberté comme l'amour cela demande de l'entretien

Bonne journée

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