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Victoire à retardement pour les pro-démocratie à Hong Kong

4 min

PAR LUDOVIC PIEDTENUC'est "un pied de nez au Parti" titre The Economist.Une claque envoyée au leader Xi Jinping."La classe politique en Chine défie rarement la volonté du Parti Communiste. Hier, 18 juin, cependant, 28 des 70 législateurs de Hong-Kong, se sont opposés aux plans du Parti, à ce qui avait été présentée comme une réforme majeure pour l'ancienne colonie."La presse britannique, américaine, asiatique reviennent largement ce matin dans leurs colonnes sur cette victoire à retardement de la mobilisation des parapluies. Le surnom de ces manifestations d'août, septembre et octobre dernier qui avaient paralysé l'île."Le plan proposé par Pékin, rappelle The New-York Times, aurait permis dès 2017 aux cinq millions d'électeurs hong-kongais d'élire au suffrage universel le chef de l'exécutif, mais parmi deux ou trois candidats" désignés par les autorités chinoises.Exactement la même proposition que celle d'août dernier. Elle suit "les directives strictes du Congrès du Peuple contrôlé par le Parti Communiste Chinois" insiste The New York Times.Une "comédie démocratique" peut-on lire ça et là dans vos journaux.Les partisans de la réforme arguent qu'elle introduit le suffrage universel.Suffrage universel pourtant réclamée "depuis près de 20 ans" sur l'île. Cela fera dans quelques jours 18 ans très exactement que Hong-Kong a été rétrocédé à la Chine par les Britanniques. Pourquoi donc rejeter cette offre ? s'interrogent deux journalistes du New York Times dans un autre article qui évoque un "vote dramatique".C'est un risque qu'ont pris les législateurs, hier, "en rejetant un projet de loi qui aurait pu être leur meilleure et dernière chance pour atteindre cet objectif.""Ce faisant, ils ont redessiné les lignes de fracture dans la lutte pour l'avenir de Hong Kong et ouvert ainsi le début d'une ére plus volatile dans la vie politique de la ville" analysent les deux journalistes américains. Sur le site de Bloomberg, on évoque une "impasse politique prolongée"."Cela n'apporte qu'un lot de consolation aux manifestants d'Occupy Central", le surnom du collectif pro-démocratique."Et bien que ce résultat soit une source d'embarras pour la Chine, cela signifie aussi que le prochain chef de l'exécutif sera sélectionné par le même panel d'élites, 1 200 personnes triées sur le volet par Pékin qui ont toujours choisi des dirigeants Pro-Pékin depuis 1997.""Rien ne semble donc pouvoir avancer avant (le prochain coup) 2022, explique The New York Times, et seulement après un long processus impliquant des consultations avec le Peuple hong kongais et de nouvelles directives produites par le législateur chinois.""Des politiciens pro-Pékin" interrogés sont très clairs : après un tel rejet, il n'y aura pas de "proposition plus généreuse".Mais "une telle ligne dure de Pékin n'est pas sans risque" écrit le New-York Times."La frustration du public est de plus en plus élevée. Les jeunes citoyens de l'île s'identifient davantage à des citoyens de Hong Kong plutôt que de Chine.""Tout cela augmente la croyance que la Chine empiète sur le haut degré d'autonomie promis à Hong Kong" relève de son côté Bloomberg."Cela veut dire toujours plus de problème de gouvernance, explique un professeur de droit constitutionnel. Le mouvement Occupy ne se bat pas que pour la démocratie, mais pour l'autonomie et l'Etat de droit.""Dans sa tentative de maintenir l'ordre et le contrôle politique, en évitant les incertitudes et le désordre d'une démocratie à part entière, Pékin a ironiquement produit l'effet inverse" conclut le Wall Street Journal.Et le Financial Times d'expliquer que ce mouvement parti l'an dernier de Hong Kong a des conséquences sur le continent."La Chine craint que cette désobéisance civile" ne gagne d'autres régions.Aujourd'hui, explique le correspondant du FT à Pékin, "la cour de Guangzhou à 180 kms au nord de Hong Kong jugera trois jeunes dissidents pour "incitation à la subversion", accusation passible de 15 ans de prison. Ces 3 jeunes distribuaient entre autres le livre du Professeur Sharp. Livre du début des années 90, intitulé "De la dictature à la démocratie" et qui selon le Financial Times aurait servi de modèle aux mouvements non-violents dans de très nombreux pays, le quotidien économique de citer la Birmanie, la Serbie et la Syrie. Ce livre, rappelle le correspondant américain, circulait aussi l'an dernier parmi les jeunes leaders du mouvement Occupy hong kongais.

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