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Vous avez-dit Brésil ?

4 min

Par Thomas CLUZEL

A moins de 100 jours de la Coupe Du monde, la FIFA a cru bon de donner quelques conseils touristiques aux quelques 600 000 visiteurs attendus. Dans sa revue FIFA WEEKLY, la fédération a donc publié un article intitulé Le Brésil pour les débutants. Le texte, illustré par un groupe de jeunes hommes jouant au football sur une plage devant deux filles en bikini, présente dix "conseils" pour ne pas avoir de mauvaises surprises au Brésil.

Ainsi, vous y apprendrez notamment qu'attendre patiemment dans une file d'attente n'est pas dans l'ADN des Brésiliens. Mais aussi, que la ponctualité n'est pas une science exacte au Brésil, la plupart des choses se faisant à la dernière minute, comme c'est le cas d'ailleurs pour les stades de football. Par ailleurs et même si les bikinis comportent moins de tissu qu'en Europe, ils sont obligatoires et contrairement à ce que vous croyez, peut-être, le topless est interdit. En revanche, précise toujours le magazine, les Brésiliens ne sont pas habitués aux coutumes européennes où le maintien d'une distance de courtoisie est bien vu. Et dans les boîtes de nuit, cela peut même amener à des baisers, ce qui ne doit pas prêter toutefois à confusion, car au Brésil, précise toujours l’article, un baiser est une forme de communication non-verbale et non une invitation à aller plus loin.

Devant cette accumulation de clichés à l'encontre des Brésiliens, les réseaux sociaux et surtout la presse brésilienne, FOLHA NA COPA et ESTADO DE SAO PAULO en tête, ont fait front. Résultat : la Fifa a été contrainte de retirer l'article de son site internet. Seulement voilà, nombre d'utilisateurs de Twitter ont eu le temps de faire des captures d'écran. Et puis, s'il est devenu impossible aujourd'hui de trouver trace de cet article sur le site de la FIFA, en revanche, on retrouve encore le document dans le sommaire du magazine publié sur le site BOX SCORE NEWS.

Mais surtout le mal est fait, d'autant que ce n'est pas la première fois que le Brésil a des raisons de se plaindre. Il y a un mois tout juste, Adidas, le grand sponsor de l'évènement, avait du lui aussi faire machine arrière, après avoir suscité un véritable tollé. L'équipementier allemand avait du retirer de la vente des tee-shirts d'un goût pour le moins douteux et qualifiés de sexistes par les autorités. Sur l'un d'entre eux, on pouvait y voir inscrit le slogan "I love Brazil" avec un cœur suggèrant la paire de fesses rebondies d'une femme en string. Et puis sur l'autre, une jeune femme là encore en maillot de bain, dessinée ballon à la main, était accompagnée de l'inscription : « looking to score », que l'on pourrait traduire par « envie de marquer » et qui sans trop de malentendus pouvait donc aussi se comprendre comme envie de conclure.

Décidément, le Brésil n'est pas franchement à la fête, d'autant qu'à moins de 100 jours du début de la Coupe du monde, les interrogations et les critiques ne manquent pas. Quand le journal britannique, THE TIMES, estime que le Brésil va probablement dépasser les délais fixés par la Fifa pour l'installation des différentes infrastructures, son confrère équatorien EL UNIVERSO souligne qu'il reste encore beaucoup à faire pour que le Brésil soit prêt à recevoir la compétition et ses différents acteurs. Le journal qui rappelle, par ailleurs, que le pays a disposé de sept ans pour se préparer, mais que de nombreux travaux se finiront une fois la plus prestigieuse compétition footballistique terminée. Un avis partagé également par son confrère mexicain ESTADIO, lequel propose un état des lieux pour chacune des douze villes qui accueilleront la compétition et dont cinq d’entre elles, au moins, connaissent d'importants retards.

Pourquoi autant de retard ? Le journal d'Abuja VANGUARD, cité par le courrier international pointe du doigt les décisions importantes et ne manque pas de souligner, notamment, que le pays organisateur a mis presque deux ans pour décider des villes hôtes. De son côté IL CORRIERE consacre un reportage web, intitulé entre anxiété et optimisme, sur l'avancée des infrastructures et les coûts engendrés par les travaux. Les photos, vidéos et graphiques permettent notamment de visualiser les enceintes sportives et leurs financements. Et le reportage d'en conclure que la manne financière pourrait subitement se transformer en malédiction si quelque chose tournait mal.

Autant des critiques qui contrastent avec la lettre de bienvenue de l'ex joueur vedette Ronaldo, publiée dans les journaux espagnol et uruguayen du même nom EL PAIS et dans lesquels on pouvait y lire encore récemment, que le Brésil a certes eu à faire face à des épreuves très difficiles, mais qu'il a su les surmonter et que la Coupe du monde est aujourd'hui l'occasion de montrer ce que le Brésil est réellement.

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