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Vrais Finlandais et faux amis

6 min

C'est donc ça, un "Vrai Finlandais"Vous en avez un specimen, en Une de plusieurs quotidiens européens ce matin.LE vrai Finlandais donc: Timo Soini, un air légèrement "habité", sur ce seul cliché de lui qui tourne dans la presse: un sourire déformé par le bonheur de la victoire, l'oeil droit plus halluciné encore que son voisin, des narines béantes et de rares cheveux humides fixés sur ses tempes... La presse a aussi mille façons d'avoir un parti-pris, quoi qu'on en dise."L'élection en Finlande a entièrement reposé sur le sentiment anti-européen" titre le Financial Times, les euro-sceptiques du Parti des Vrais Finlandais emmenés donc par Timo Soini dépassaient à peine les 4% des voix en 2007, ils ont hier multiplié leurs scores par cinq: 19% des suffrages exprimés hier, ce qui leur offre un rôle crucial au Parlement et peut-être même aussi, au gouvernement qui doit être remanié dans les prochaines semaines.Voilà qui risque de perturber encore les efforts européens pour résoudre les différentes crises de la dette explique encore le Financial Times. C'est qu'à la différence des autres pays de la zone euro, la Finlande est le seul dont le Parlement a le droit de se prononcer sur les demandes de financement des plans de sauvetage notamment au Portugal... Or, de telles décisions nécessitent l'unanimité des Etats-membres... Les officiels européens les plus aguerris dit encore le FT, sont en train de chercher des chemins de traverse, pour voir comment se passer du vote finlandais."Les Vrais Finlandais ont touché la corde sensible", écrit le Financial Times, en l'occurence "les réticences de leurs compatriotes à régler les factures de leurs partenaires moins "prudents", fiscalement, plus faibles et criblés de dettes"... Et la victoire des eurosceptiques est d'autant plus forte que cet élan populiste a forcé jusqu'aux partis majoritaires à durcir leur discours envers Bruxelles.Question: "Quel est le point commun entre le vote, en Finlande...les chamailleries portugaises, qui font douter de la capacité de Lisbonne à se tirer d'affaire...les réticences de la population grecque à honorer leur dette ,et... les trains italiens bloqués à la frontière française ce week-end?"Réponse: "Ce sont les symptômes d'un même problème. Les ententes politiques qui ont fait l'Europe, sont en train de se défaire".C'est un autre éditorialiste du Financial Times qui fait lui-même la transition ce matin, car la manière dont la France s'est déchargée de son devoir de solidarité avec les immigrants Tunisiens ces deux derniers jours, est largement reprise et commentée par la presse, et d'abord italienne.La Republicca raconte... la journaliste était elle aussi sur les quais de la gare de Vintimille quand ont résonné les hauts-parleur: le train qui transporte alors 150 immigrés clandestins, et le double de manifestants, ce train ne fera pas un kilomètre de plus; sa progression vers la Côte d'Azur a fait peur au préfet des Alpes-Maritimes, qui l'a fait suspendre en arguant de "risques de trouble à l'ordre public"..."Liberté, liberté" ont alors scandé les voyageurs dans et hors des wagons raconte encore le quotidien italien, "nous voulons faire valoir le droit de libre circulation, pour ces Tunisiens réfugiés en Europe" et à qui Rome a donné des permis de séjour de six mois.Adios Schengen? Au revoir Schengen? titre El Pais en Espagne"Les bloquages de la France sont une violation des accords de 1985, Paris a fait de sa cape une casaque de mousquetaire", écrit le journal qui n'y voit que tactique politicienne à un an de l'élection présidentielle."Pendant ce temps, le président de la Commisison européenne Herman van Rompuy lançait un très mol appel au calme, en demandant à ce que l'on n'exagère pas le danger migratoire"... Pour El Païs, "c'est se tromper de crise": "l'immigration est d'autant plus difficile à faire admettre dans les périodes les plus dures économiquement", c'est sur l'attitude de la France que Van Rompuy aurait du réagir, car c'est cela le plus grave, le fait qu'elle viole les accords de libre-circulation à l'intérieur des frontières"... et ce après avoir pourtant appuyé, soutenu verbalement les révoltes démocratiques du monde arabe... "si Schengen tombe", écrit le journal, "alors il faudra se demander pourquoi l'Union des 27 existe encore".Mais les permis de séjour temporaires à fin humanitaire, ne permettent pas la circulation au sein de l'espace Schengen. C'est ce que nous apprend le magazine européen Cafebabel. La commissaire européenne Cecilia Malmström l'a écrit à Roberto Maroni ministre italien de l'Intérieur, pour lui dire que la France n'était pas complètement en tort, en tout cas au regard du droit communautaire. Roberto Maroni avait par ailleurs demandé à ce qu'on applique la directive 55, qui permet de partager le poids des grands flux migratoires entre les 27 pays membres... Là encore, fn de non-recevoir: "il y a deux raisons qui empêchent la mise en oeuvre de cette directive 55" explique Café Babel: la première c'est le nombre, 25 000 immigrés en Italie depuis le printemps arabe, ce n'est pas si élevé au regard du droit européen, les Tunisiens et Libyens pour la plupart peuvent se répartir sur le territoire Italien, sans problème" d'après l'article. La seconde raison c'est que les immigrés sont en majorité NON demandeurs d'asile, s'ils ont fui leur pays c'est pour des raisons qui sont considérées comme "économiques", ils sont donc expulsables dans leur pays d'origine toujours d'après le droit européen.Voilà pourquoi écrit encore Cafebabel, la France a refusé d'ouvrir ses frontières , voilà pourquoi aussi l'Allemagne considère le problème italien comme un non-problème, puisqu'elle, a su accueillir 100 000 exilés, sans l'aide de personne. Et pendant que la Belgique et la Grande-Bretagne se demandent toujours s'ils peuvent supporter de nouveaux afflux migratoires comme nous le rapportent La libre Belgique ou The Guardian, le geste de solidarité est finalement venu de... Roumanie: le petit pays, dernier arrivant dans l'UE, s'est dit prêt à accueillir 200 migrants Tunisiens, à la hauteur de ses moyens.Aujourd'hui les Italiens ne savent plus très bien si les immigrés dont on leur parle sont des clandestins ou des réfugiés... "Dans le chaos de la rhétorique pré-électorale , l'Europe risque vraiment de passer pour une égoïste", écrit Cafebabel d'autant que c'est sur ce disours que vivent aujourd'hui des partis comme la Ligue du nord en Italie, et c'est ce disours encore que l'UMP en France ne veut pas laisser au seul Front national."L'Europe ne va nulle part si on érige des murs" a tempéré hier le ministre italien des affaires étrangères Franco Frattini.C'est vrai mais dans ce cas-là abattons TOUS les murs semble lui répondre le Financial Times.L'éditorialiste croit savoir que l'Italie est réticente à offrir les garanties qu'elle doit aux pays en dette, Grèce, Irlande, Portugal et peut-être Espage.. l'Italie engagée à hauteur de 18% dans le Fonds de soutien européen...Renoncer à la solidarité européenne, dans quel domaine que ce soit, c'est, encore une fois, donner du grain à moudre aux extrêmes.Bonne journée

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