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Le Pape François à son arrivée à Cracovie

Le Pape François arrive en Pologne

5 min

François est à Cracovie pour les 31e Journées Mondiales de la Jeunesse où sont attendus près de deux millions de jeunes venus de 80 pays. Les JMJ, une initiative de Jean-Paul II et justement, le Pape Argentin vient sur les terres de Karol Wojtyla. Un pays où l'église catholique est conservatrice.

Le Pape François à son arrivée à Cracovie
Le Pape François à son arrivée à Cracovie Crédits : Kacper Pempel - Reuters

L'ombre de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray plane sur les Journées Mondiales de la Jeunesse de Cracovie, estime le quotidien polonais Dziennik Gazeta Prawna. Le quotidien varsovien rapporte qu'en célébrant la messe d'ouverture des JMJ, le Cardinal Stanislaw Dziwisz, archevêque de Cracovie, a demandé aux jeunes de prier pour le père Jacques Hamel et pour la paix dans le monde.

Radio Vatican fait d'ailleurs le rapprochement entre le meurtre du père Hamel avec celui de Jerzy Popielusko, aumônier des chantiers navals de Gdansk, proche de Lech Walesa et de Solidarité, et assassiné par la police politique communiste polonaise en 1984. Radio Vatican, cite cette phrase du prêtre polonais martyr : "Par sa mort, et ses funérailles, un prêtre peut faire davantage que par sa prédication". Et Radio Vatican d'y voir un signe d'espérance pour aujourd'hui.

En arrivant en Pologne, François a évidement commenté ce meurtre dans une église normande. La Dernière Heure rapporte les propos du Pape pour qui si "le monde est en guerre, ce n'est pas une guerre de religion, mais c'est parce qu'il a perdu la paix". Et le quotidien belge d'ajouter que pour le Pape, toute les religions veulent la paix et que les autres veulent la guerre, une guerre d'intérêts, d'argent et de ressources.

Mais la presse internationale souligne surtout que le Pape François se rend sur les terres de Jean-Paul II...

Et pour la Libre Belgique, à Cracovie, le Pape marche sur des œufs...Car ici tout rappelle Jean-Paul II, la ville dont il a été si longtemps le cardinal et d'où Karol Wojtyla était originaire.

Mais surtout à l'ombre de la croix de trois mètres installée en 1984 et de l'icône de la vierge noire, François doit tenir compte du contexte polonais estime la Libre Belgique, avec un pouvoir conservateur soutenu par l'église catholique. Une église polonaise qui n'approuve que du bout des lèvres les audaces de Jorge Mario Bergoglio, le premier Pape argentin issu d'un autre monde et d'une autre tradition.

Une analyse partagée par la Tribune de Genève qui estime qu'en Pologne, le Pape est à l'épreuve des conservateurs. François, plus ouvert que ses prédécesseurs effectue un déplacement délicat en particulier, affirme le journal suisse, sur la question des migrants. Dès son arrivée à Cracovie, François a déclaré qu'il fallait accueillir tous ceux qui fuient la misère et la faim, la crise migratoire demandant un supplément de sagesse et de miséricorde pour dépasser ses peurs. Un message clair pour le gouvernement de Beata Szydlo et une phrase sur la peur rappelant évidement les paroles de Jean Paul II aux Polonais leur demandant de ne plus avoir peur de la dictature communiste.

Dans la Lituanie voisine et également très catholique, la visite du Pape est suivie avec attention.

Lietuvos Rytas, l'un des deux principaux quotidiens du pays, a également noté que le Pape avait d'entrée critiqué le gouvernement polonais en lui demandant d'accueillir plus de réfugiés qui fuient les horreurs de la guerre. François qui a également rappelé que de nombreux polonais ont émigrés au cours des siècles et qu'ils peuvent donc comprendre les raisons qui poussent les migrants à partir.

Et comment les Polonais voient cette visite et ces critiques ?

La Tribune de Genève pense que cette visite pourrait être vécue comme un bol d'air par ceux qui refusent cette Pologne qui se referme sur elle-même.

Le journal polonais libéral, la Gazeta Wyborcza n'est pas loin de le penser. François, écrit le quotidien de Varsovie, nous connait. Ses paroles sont un miroir qui doit nous permettre de nous voir à travers. Avec cette question posée par le Pape à la Pologne : "pensez-vous la même chose que moi ?", en particulier, estime la Gazeta Wyborcza, sur les valeurs humaines et chrétiennes.

Sur ce dossier, sensible, des migrants, le quotidien portugais, Diario de Noticias, rappelle que c'est un sujet qui a toujours intéressé François, puisque son premier voyage en tant que Pape avait été en juillet 2013 sur l'île de Lampedusa, au milieu des réfugiés. Le Pape, précise cependant Diario de Noticias a bien conscience que ce problème ne pourra être résolu que dans la collaboration et la synergie internationale.

Mais le Pape aux JMJ, cela va bien au-delà des sujets d'actualité...

Et pour revenir à la Pologne, Rzeczpospolita souligne, avec plaisir, que François va se rendre en pèlerinage au sanctuaire marial de Jasna Gora, à Czestochowa. Le lieu le plus important pour les catholiques Polonais (95% de la population se déclare catholique), symbole de la foi du pays, mais également de sa lutte pour son indépendance et sa liberté. Lech Walesa, durant tout son combat avec Solidarité, portait au revers de son veston une image de la Vierge Noire de Czestochowa.

Rzeczpospolita rappelle qu'en 1966, le Pape Paul VI n'avait pu se rendre à Jasna Gora pour les commémorations des 1000 ans du christianisme en Pologne, car les autorités communistes l'en avaient empêchées. Cette visite de François est donc un symbole très fort pour les Polonais.

Mais le message de François aux JMJ va bien au-delà de la Pologne, même celle de Jean-Paul II. Le Corriere de la Sera rappelle que le Pape s'adresse avant tout à la jeunesse du monde. "La jeunesse, c'est toujours l'espoir, a déclaré François, et nous espérons que les jeunes nous disent quelque chose qui nous donne un peu plus d'espoir en ce moment".

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