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A Barcelone après l'attentat sur les Ramblas dans la soirée de jeudi.

Attentat de Barcelone : massacre sur les Ramblas

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La presse internationale se fait largement l'écho des attentats en Espagne. Et partout un même mot : la terreur, à nouveau.

A Barcelone après l'attentat sur les Ramblas dans la soirée de jeudi.
A Barcelone après l'attentat sur les Ramblas dans la soirée de jeudi. Crédits : Josep Rago - AFP

"Massacre sur les ramblas de Barcelone" titre le quotidien espagnol El País sur son site internet, décomptant le nombre de victimes, 13 morts et une centaine de blessés d'au moins 18 nationalités différentes. Une camionnette a foncé sur la foule en plein cœur de la ville, sur la célèbre avenue de la capitale catalane. Attaque revendiquée très rapidement par le groupe Etat islamique.

Après Barcelone, un attentat à Cambrils

Et tous les grands médias espagnols suivent l'évolution de la situation en direct sur leur site internet puisque quelques heures après Barcelone c'est une autre station balnéaire qui a été visée : Cambrils, à 120 kilomètres au sud de Barcelone. Une nouvelle attaque sur le même mode opératoire précise El Mundo. Un véhicule a renversé des piétons sur la promenade près de la mer avant d'être intercepté par la police. Six civils et un policier ont été blessés. Les cinq passagers à bord, ont été tués.

Et El Mundo revient sur ces véhicules aujourd'hui utilisés comme armes de guerre par les terroristes, de Nice à Barcelone. Depuis 2010, rappelle le quotidien espagnol, l'Etat islamique encourage ses membres à utiliser des voitures béliers pour commettre des attentats et cibler les "ennemis d'Allah". Même propagande qu'Al Qaïda qui préconisait, je cite, "d'utiliser les camions comme "tondeuses à gazon". Et depuis deux ans, les principales villes européennes ont été victimes de ces véhicules lancés à pleine vitesse sur la foule, rappelle le quotidien espagnol. L'attaque de Barcelone ressemble beaucoup à celle du marché de Noël de Berlin, à celle de l'attaque au camion sur la promenade des Anglais à Nice, en juillet 2016, ou encore à celle du pont de Westminster à Londres, le 22 mars dernier.

"Un objet ordinaire devenu un instrument de terreur", titre aussi The New York Times. Cette fois c'était à Barcelone écrit le journaliste américain. "Un camion ordinaire transformé en arme meurtrière. Les voitures, camions, sont partout autour de nous et il n'y a pas moyen de les limiter, de les supprimer, de se protéger d'une attaque comme celle ci. Ce genre de violence change forcément les mentalités dans les centres urbains. Les villes érigent de plus en plus de barrières pour éloigner la menace. Nous devenons de plus en plus conscients de cette menace constante imposé par les objets du quotidien."

Daech qui frappe une ville symbole de la fête et du soleil en Europe, titre en France Le Figaro. Le pays n'avait pas connu d'attentats islamistes depuis 2004. Le 11 mars l'explosion de plusieurs bombes dans des trains de banlieue de Madrid avaient fait 191 morts et près de 1900 blessés - une attaque d'Al-Qaïda.

L'Espagne, et des services spécialisés efficaces

L'Espagne avait depuis développé des services spécialisés efficaces. C'est ce que précise ce matin Libération. Depuis 2004 environ 700 suspects ont été détenus, dont 140 condamnés pour "activités terroristes" et des centaines de personnes expulsées du territoire avec interdiction d'y remettre les pieds pendant 10 ans. Et les enquêteurs espagnols, souligne encore le quotidien, disposent d'un avantage sur la France : le nombre de ressortissants nationaux ayant été combattre en Syrie est plutot faible. 150 contre plusieurs centaines de départs depuis la France ou la Belgique. Plusieurs facteurs sont à l'oeuvre notamment une intégration de la communauté musulmane plus réussie que dans d'autres pays européens, une xénophobie faible et une extrême droite quasi inexistante.

Mais l’Espagne se savait exposée au risque terroriste, complète depuis la Suisse La Tribune de Genève. Ces derniers mois, la Guardia Civil a réalisé plusieurs coups de filet dans les milieux djihadistes lors d’opérations menées en étroite collaboration avec les services de sécurité marocains. Parmi les personnes arrêtées, des logisticiens, des recruteurs mais aussi des combattants, de retour ou sur le départ. Pour la plupart d’origine marocaine.

Et le mois dernier, plusieurs experts en terrorisme réunis à Madrid avaient, eux aussi, tiré la sonnette d’alarme, estimant que la fin de Daech risquait de provoquer un exode dangereux de terroristes vers l’Espagne et l’Europe.

Dans le communiqué publié hier, l'organisation terroriste précise que "l'opération de Barcelone a été menée en réponse aux appels à cibler les Etats de la coalition" internationale anti-djihadistes opérant en Syrie et en Irak. Une coalition internationale dans laquelle figure l'Espagne précise The Huffington Post. Dès octobre 2014, le pays avait envoyé 300 instructeurs militaires en Irak. Depuis cette date, les forces armées espagnoles ont formé 46 bataillons et plus de 20.000 militaires irakiens pour combattre les djihadistes.

Une émotion mondiale après l'attentat

Et l'émotion est partagée partout dans le monde ce matin, l'attaque de Barcelone condamnée de façon unanime. Les témoignages de solidarité arrivent du monde entier écrit ce matin depuis l'Allemagne Der Tagespiele "Nous faisons bloc, nous ne nous inclinerons pas devant le terrorisme " réagit notamment le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel.

"Soyez courageux et forts, nous vous aimons !", déclare de son côté le président américain Donald Trump sur Twitter. Et c'est aussi sur le réseau social qu'a réagit le chef du gouvernement espagnol "Les terroristes ne vaincront jamais un peuple uni qui aime la liberté face à la barbarie" Mariano Rajoy qui a décrété un deuil national de trois jours à partir d'aujourd'hui.

"Le terrorisme sera toujours avec nous", prévient ce matin un éditorialiste du quotidien anglais The Financial Time. La réalité c'est qu'une fois qu'on a eu à faire à ce virus, il ne fait que prendre ensuite d'autres formes. Le terrorisme n'a pas commencé avec l'Etat islamique ou Al Qaïda. Il ne finira pas avec eux. Et la longue file de ceux qui les suivent nous prouvent que les services de sécurité devront veiller encore longtemps.

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