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La chancelière allemande, Angela Merkel

Attention, la colère gronde

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A 10 jours des élections au Bundestag, les derniers sondages placent la CDU-CSU d'Angela Merkel nettement en tête des intentions de vote en Allemagne. Mais les populistes de droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) pourraient bien réaliser un score remarqué.

La chancelière allemande, Angela Merkel
La chancelière allemande, Angela Merkel Crédits : JOHN MACDOUGALL - AFP

Après les folles élections américaine et française, pendant lesquelles les pires craintes politiques ont été soulevées, la non-campagne en Allemagne aujourd’hui apparaît, elle, presque comme un soulagement. A moins que le calme qui règne à Berlin ne soit, en réalité, trompeur. C'est en tous les cas l'avertissement lancé en Une du dernier numéro de l'hebdomadaire DER SPIEGEL, pour qui la colère gronde en Allemagne. Vous pensiez que tout allait bien ? Eh bien non : tout se mue en colère, titre le magazine qui en veut, notamment, pour preuve les récents déplacements de campagne de la chancelière dans les «nouveaux Länder», ainsi qu'on les appelle encore dix-huit ans après la chute du mur de Berlin. Lors de chacun de ses meetings dans l'ex RDA, les paroles d'Angela Merkel étaient à peine audibles, raconte le journal de Hambourg, tant la droite radicale était mobilisée et les couvrait de coups de sifflets et de slogans hostiles. «Dégage !», «Dehors Merkel, nous sommes le peuple !».

Des incidents plutôt rares dans la démocratie allemande apaisée. Au point que la LEIPZIGER VOLKZEITUNG a décidé de lancer, directement, un appel à ses électeurs, pour protester contre cette meute qui s'exprime à coups de sifflets. Selon un dernier sondage, la formation populiste et anti-européenne AfD (Alternative pour l’Allemagne) occuperait, à présent, la troisième place, avec 11 % des intentions de vote. En d'autres termes, Angela restera très vraisemblablement chancelière à l'issue des prochaines élections. Mais, peut-être, l’extrême droite franchira-t-elle le portail du parlement, pour la première fois depuis 1945 ?

La colère qui gronde, à présent, à la frontière avec les Etats baltes

Lundi dernier, j'évoquais le lancement d'une gigantesque opération militaire en Suède, un exercice destiné à simuler l'attaque d'un pays venu de l'Est. Or demain la Russie et le Bélarus démarreront, à leur tour, des manœuvres militaires (devant durer six jours) à la frontière avec les pays baltes. Mais n'allez surtout pas croire que l’exercice de l’armée russe est une riposte à une provocation de la Suède, se défend aussitôt le journal de Stockholm SVENSKA DAGBLADET. La version avancée par le Kremlin est une ineptie, dit-il, qui fait fi des réalités. Pourquoi ? Parce que l'opération de la Russie (répondant au nom de Zapad 17) a été répétée à plusieurs reprises, déjà, depuis les années 1970. En revanche, insiste toujours l'éditorialiste suédois, il n’y a rien de bizarre à ce qu’un pays comme le nôtre s’entraîne pour garantir sa défense, du moins cela ne devrait-il pas être sujet à caution.

Une autre guerre de l'ombre, celle-ci en mer de Chine du Sud

C’est un conflit maritime qui pourrait, demain, embraser l’Extrême-Orient. Dans les lointaines îles Paracels et Spratleys, Vietnamiens et Chinois se livrent aujourd'hui une dangereuse guerre de l’ombre, nous prévient ce matin le journal LE TEMPS. Là-bas, l’heure n’est plus aux escarmouches cachées. Le redoutable chassé-croisé naval se déroule désormais au grand jour, à coups de constructions militaires sur les récifs, de survols menaçants d’hélicoptères, et d’expéditions punitives contre les bateaux de pêche en provenance du Vietnam. Et pourquoi la Chine s'affranchie-t-elle ainsi, sans vergogne, du droit international ? L’évidence géopolitique et commerciale saute aux yeux, précise toujours l'article. Une fois franchi le goulot d’étranglement du détroit indonésien de Malacca, les cruciales routes d’approvisionnement de l’économie chinoise longent ces deux archipels. Impensable, donc, pour la seconde puissance économique mondiale de laisser les clefs de sa prospérité à ce Vietnam rebelle, qu’elle a toujours considéré comme son vassal.

L’Extrême-Orient qui reste toujours, par ailleurs, secoué par la crise Coréenne

Après l'adoption lundi à l'unanimité, par le Conseil de sécurité de l’ONU, d'une nouvelle batterie de sanctions contre la Corée du Nord, Donald Trump a tenu, hier, à minimiser l'importance de cette résolution, la neuvième depuis 2006. «Il ne s'agit que d'un pas très modeste de plus», «pas grand-chose», a déclaré le président américain. «Ces sanctions ne sont rien comparées à ce qui devra au final se produire», a poursuivi Donald Trump sans donner, d'ailleurs, davantage de précisions. Il faut dire que sous la pression de la Chine et de la Russie les Etats-Unis n'ont pas réussi à imposer un embargo total sur le pétrole, comme ils le prévoyaient. Ce que déplore THE NEW YORK POST. Personne ne pense réellement, dit-il, que ces nouvelles sanctions forceront le régime de Pyongyang à abandonner son programme nucléaire. Ce qui, bien sûr, est pourtant le but recherché. Voilà pourquoi, conclue le journal conservateur, sur un ton un brin menaçant, les États-Unis doivent à présent agir unilatéralement.

Mais pour l'heure ce qui inquiète davantage les progressistes, aux Etats-Unis, c'est la décision de Donald Trump de remilitariser les forces de police. Par un décret le président a, en effet, levé les restrictions qui pesaient sur la livraison de matériel militaire aux polices municipales. Il faut dire que de plus en plus de gens descendent, aujourd'hui, dans la rue pour manifester contre Donald Trump et la simple menace d’une police militarisée, faisant face à la foule, pourrait suffire à étouffer les grands mouvements de contestation, qui se sont banalisés depuis que Trump est entré à la Maison Blanche. Mais pis encore, précise THE BOSTON GLOBE repéré par le Courrier International, la moindre erreur pourrait désormais déclencher des affrontements potentiellement meurtriers entre police et manifestants.

Enfin même la colère gronde, à présent, chez les finalistes de Miss Amérique. Lors de l'épreuve des questions réponses, dimanche, les reines de beauté ont rompu avec une tradition de déclarations insipides et parfois ineptes, souligne THE GUARDIAN. Chacune des finalistes a attendu son tour pour fustiger le président. Quand Miss Texas a fortement dénoncé «la réponse tardive du président après la manifestation de suprémacistes blancs à Charlottesville», la lauréate du concours (représentante du Dakota du Nord) s’en est prise à Trump pour sa décision de se retirer des accords de Paris sur le climat. Citée sur le site de ABC, la chaîne qui retransmettait l’évènement, la nouvelle Miss Amérique a déclaré après son couronnement : «Miss Amérique se doit d’avoir une opinion et elle doit être au courant de l’actualité».

Par Thomas CLUZEL

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