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Scott Morrison, nouveau Premier ministre australien

La presse internationale dresse le portrait de Scott Morrison, nouveau Premier ministre australien

4 min

Dans cette revue de presse internationale, nous évoquons les compagnies aériennes qui ne desserviront plus l'Iran dès la fin du mois de septembre, et l'Inde qui refuse une aide financière du Qatar et des Emirats Arabes Unis suite aux inondations au Kerala.

Scott Morrison, nouveau Premier ministre australien
Scott Morrison, nouveau Premier ministre australien Crédits : SAEED KHAN / AFP - AFP

Depuis quelques heures, nous savons donc qui sera le prochain premier ministre Australien. il s'appelle Scott Morrison. Actuellement ministre des finances il est membre du parti libéral. Et sa désignation d'une courte tête est la conclusion d'une grande crise qui a frappé le parti de centre-droit qui est au pouvoir en Australie. En résumé, le premier ministre actuel Malcolm Turnbull a monté son propre camp contre lui notamment à cause de ses orientations en matière d'environnnement. Le parti lui a donc choisi un successeur dans la douleur nous raconte ce matin news.com, site d'information australien. Scott Morrison a remporté le vote par 45 voies à 40 contre son concurrent après des jours de réunions tendues et d'appels téléphoniques paniqués entre les membres du parti, alors que le pays regardait son gouvernement tomber dans le désarroi.  

Qui est exactement ce Scott Morrison ? Plusieurs journaux dressent son portrait. Celui d'un homme jugé crédible sur le plan économique, avec des convictions plutôt très conservatrices sur le plan sociétal.  

Crédible économiquement tout d'abord: c'est ce que nous dit The Australian Financial Review, quotidien économique Australien. Il ne fait absolument aucun doute que le choix des marchés financiers mondiaux pour le Parti libéral est Scott Morrison, peut-on lire.  L'article cite une banque d'investissement qui voit en lui un trésorier solide, favorable aux affaires, qui a remis le budget sur la voie de l'excédent

Le Guardian décrit également donc un homme aux idées bien identifiées à droite. Fils d'un policier et membre actif d'une église évangélique, Morrison porte fièrement son ambition politique et ses références conservatrices.  Il a voté non au mariage homosexuel, il a inscrit "l'église" parmi ses intérêts dans son rapport Who's Who, En tant que ministre de l'immigration il était inébranlable avec le plan "Stop the Boats" arrêter les bateaux. Il menait une politique visant à faire revenir à leur point de départ les bateaux qui tentaient d'atteindre l'Australie. Il semblait se délecter du rôle de défenseur des frontières écrit le Guardian. 

La presse s'intéresse également aujourd'hui à ces liaisons aériennes qui sont suspendues avec l'Iran  Air France et British Airways l'ont annoncé. Elles ne desserviront plus l'Iran à partir de la fin septembre. Officiellement le motif est que ces lignes ne sont pas rentables à cause d'une baisse de la demande. Mais évidemment on pense bien sûr tout de suite aux sanctions votées par les Etats-Unis contre le régime de Téhéran. Et le New York Times le confirme aujourd'hui. Pour les analystes de l'industrie, la cause première est claire. L'article cite l'un d'eux. Il ne fait aucun doute que les sanctions américaines imposées à l'Iran affectent son économie et limitent la capacité de certaines entreprises à y faire des affaires. Je suis donc sûr, dit cet analyste, qu'il y a eu une chute brutale du trafic en provenance et à destination de l'Iran. Pour le New York Times les décisions de ces deux compagnies aériennes constituent un double coup de poing qui souligne le pouvoir des sanctions américaines et la capacité limitée des autres à les contourner

Dans The Independent quotidien anglais, on peut également lire la colère et l'incompréhension de certains organisateurs de voyages. Par exemple Jonny Bealby fondateur du tour opérateur Wild frontier. Pour lui c'est une honte massive. Il n'arrive pas à digérer. Ce qu'il y a de bien avec les voyages, dit-il, c'est qu'ils abolissent les frontières et transcendent les conflits géopolitiques. À maintes reprises, nos clients reviennent nous dire que le peuple iranien est le plus amical qu'ils aient jamais rencontré.  Selon The Independent, il tente de prendre d'autres dispositions de vol pour ses clients iraniens.  

Regardons à présent la presse indienne... qui ne comprend pas. Pourquoi est-ce que New Dehli refuse une aide financière de 105 millions de dollars des Émirats arabes unis et du Qatar après les inondations dans l'Etat du Kerala ? Rappelons que plus de 1,3 million de personnes sont hébergées dans des camps temporaires suite à cette mousson particulièrement violente qui a fait environ 420 morts.  L'Inde a donc pourtant refusé cet argent car le pays souhaite n'avoir recours qu'à des fonds nationaux.  Ce qui inspire au journal Times of India cet éditorial.  Il est important, écrit le quotidien, d'éviter un sentiment de fierté mal placé. En mars 2011, à la suite du tremblement de terre dans l'est du Japon, le Japon n'a pas hésité à accepter l'aide de l'Inde sous la forme d'une équipe de secours et d'une aide en nature. Même les États-Unis ont accepté l'aide de 36 pays et organisations internationales après le passage de l'ouragan Katrina en 2005

Un autre quotidien emboîte le pas. The hindu publie donc aujourd'hui un éditorial qui va dans le même sens et qui dénonce la fausse fierté du gouvernement. Pour le journal il n'y a même pas de base légale à ce refus. Alors certes le plan national de gestion des catastrophes prévoit que l'Inde ne fait pas appel à l'aide étrangère en cas de catastrophe. Mais selon le même texte, le gouvernement peut accepter l'aide d'un pays qui offre volontairement une assistance en signe de solidarité. The Hindu affirme que s'en tenir aux notions d'autosuffisance dans un monde multilatéral, rejeter une main secourable, c'est céder à un étrange orgueil.

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