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Après avoir fustigé la Justice ce week-end, Donald Trump s'en est pris à la Presse hier, accusée de ne pas couvrir suffisamment le risque terroriste

Bataille des Pouvoirs aux Etats-Unis

4 min
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Avec la bagarre judiciaire en cours entre l'Exécutif de Donald Trump et la Justice, la presse se demande si on ne s'achemine pas vers une crise constitutionnelle. D'autant que l'Exécutif a également choisi de s'en prendre au "quatrième" Pouvoir : la presse

Après avoir fustigé la Justice ce week-end, Donald Trump s'en est pris à la Presse hier, accusée de ne pas couvrir suffisamment le risque terroriste
Après avoir fustigé la Justice ce week-end, Donald Trump s'en est pris à la Presse hier, accusée de ne pas couvrir suffisamment le risque terroriste Crédits : MANDEL NGAN - AFP

Le chef de l'Exécutif a choisit la voie de la confrontation directe avec la justice, à peine deux semaines après avoir pris ses fonctions souligne le New York Times. "Le Président américain s'en est pris en effet directement au juge fédéral de Seattle qui a suspendu ce week-end son décret sur l'immigration" interdisant temporairement l'entrée aux Etats-Unis pour les ressortissants de 7 pays. Le président a fustigé - par Twitter - ce "soit-disant juge"... il est allé plus loin - toujours sur Twitter ce dimanche rendant par avance la justice américaine "responsable s'il devait se passer quelque chose", par exemple un futur attentat, aux Etats-Unis...

Dans un éditorial intitulé "la grande peur de Donald Trump : les juges", le New York Times remarque encore que "le président des Etats-Unis a de manière anticipée mis en accusation non seulement un juge mais la Justice dans son ensemble - la seule institution sur laquelle on peut compter pour contrôler l'exécutif - et l'accuse d'encourager le meurtre d'Américains par des terroristes... Et le quotidien new-yorkais de se demander si "Mr Trump n'est pas en train d'essayer de faire porter la responsabilités, en cas de future attaque, sur ces cours de justice (qu'il trouve) trop intrusives"...

La confrontation directe de l'Exécutif et du Judiciaire américains n'est pas une mince affaire relève la BBC qui se demande si l'Amérique n'est pas au bord de la crise constitutionnelle et le site de la chaîne de rappeler que la séparation des pouvoirs est cruciale aux Etats Unis. "La constitution a établi un système de contrôles où les trois Pouvoirs politiques : le judiciaire, l'exécutif (la maison Blanche) et le Législatif (le Congrès) détiennent chacun une autorité équivalente, susceptible de contrebalancer celle des autres".

Les juges fédéraux - comme celui qui vient de geler le décret présidentiel - statuent quant à la légalité des ordres de l'Exécutif quand il y a dispute, ce qui est le cas en l’occurrence. Et le président américain ne peut pas démettre ces juges fédéraux, c'est une prérogative du seul Congrès."Normalement le système entre les trois Pouvoirs fonctionne bien", note encore la BBC ; "Mais avec un Président en conflit ouvert avec l'une des autres branches, on peut craindre d'être aujourd'hui dans une impasse, ce qui pourrait bien conduire à une crise constitutionnelle"...

L'Exécutif a fait appel de la décision de geler son décret, la cour d'appel fédérale devrait rendre son verdict ce mardi...

Théoriquement, souligne pour sa part le Wall Street Journal, "chacune des parties peut aussi saisir la Cour Suprême, l'autorité judiciaire ultime. Mais cela risquerait de prolonger encore davantage les incertitudes juridiques" concernant le sort de dizaines de milliers de personnes. "La cour Suprême en effet est actuellement divisée entre 4 juges plutôt libéraux, et quatre autres plutôt conservateurs". Il leur manque pour les départager un neuvième juge ; il vient d'être nommé mais n'est pas encore en place, devant obtenir le consentement du Sénat... Que faire entre temps des quelque 60 000 personnes dont les visas d'entrée aux Etats Unis, pourtant valides, ont été révoqués par décret présidentiel, lequel décret est actuellement suspendu ?

Et il n'y a pas que l'Exécutif et le Judiciaire qui sont en opposition ouverte aux Etats Unis. Le Washington Post remarque également que "le Président Trump semble vouloir préparer tout le monde à rejeter la responsabilité de toute future attaque terroriste sur la justice fédérale mais aussi sur les médias... Ce lundi, relève encore le quotidien, "Trump a voulu inclure les médias dans ses accusations. Dans un discours devant le Commandement Militaire Central, le président a accusé les médias de ne pas avoir couvert plusieurs attaques terroristes, suggérant d'infâmes raison pour ce faire"... Donald Trump en effet a cité les attentats de Paris et de Nice en exemple, expliquant que les attaques en Europe étaient si fréquentes qu'elles n'étaient même plus couvertes par les médias : "Dans de nombreux cas la presse très très malhonnête ne veut pas couvrir ces actes. Les médias ont leurs raisons que vous pouvez comprendre" a-t-il ajouté.

La maison Blanche a enfoncé le clou lundi soir en publiant une liste de 78 attentats depuis septembre 2014, arguant que la plupart n'avaient pas été correctement couverts... A vrai dire nombre de ces attaques (comme les plus importantes celles de Paris et de Nice par exemple) ont été plus que copieusement couvertes, et par les médias du monde entier.

L’agressivité de Donald Trump envers les médias libéraux, ou simplement "mainstream" est bien connue mais ces accusations d'avoir délibérément passé sous silence attentats ou attaques terroristes est nouvelle ; elle correspond peu ou prou au discours servi par des sites conspirationnistes comme InfoWars remarque encore le Washington Post. Lequel site était déjà à l'origine de la rumeur - elle aussi reprise par Trump - comme quoi des millions de clandestins avaient été en mesure de voter en novembre dernier, ce qui avait donné une majorité de voix à Hillary Clinton.

Au vrai la sortie de Trump hier était sans doute aussi une manière de répondre à la polémique lancée par sa conseillère Kellyanne Conway la semaine dernière... Interviewée sur la chaîne MSNBC, cette dernière avait pareillement pointé du doigt l'absence de couverture médiatique de ce qu'elle avait appelé "le massacre de Bowling Green"... Certes les médias avaient largement passé sous silence cette affaire et pour cause : il n'y a jamais eu de massacre à Bowling Green, simplement l'arrestation de deux citoyens irakiens dans cette petite ville du Kentucky deux Irakiens accusés d'avoir voulu envoyer armes ou explosifs en Irak, au profit d'al-Quaïda en 2011.

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