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Theresa May reçue hier par François Hollande hier à l'Elysée

Brexit, marché unique et liberté de circulation des personnes...

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Même si les négociations sur le Brexit ne débuteront que lorsque le Royaume Uni aura engagé le fameux article 50 qui prévoit la sortie d'un membre de l'Union européenne, les discussions vont déjà bon train.

Theresa May reçue hier par François Hollande hier à l'Elysée
Theresa May reçue hier par François Hollande hier à l'Elysée Crédits : Philippe Wojazer - Reuters

Et comme le signale le site de la Radio Télévision Suisse, François Hollande a été compréhensif mais exige de la rapidité. En clair, pour le président français, le Royaume-Uni ne pourra prétendre à conserver l'accès au marché unique que s'il respecte les quatre règles de la liberté de circulation en Europe pour les capitaux, les biens, les services et les personnes.

Or, Londres veux bien du marché unique mais pas des immigrés des pays membres de l'UE. Et là, pour Paris, c'est incompatible.

C'est ce qu'appelle le Guardian l'ultimatum de Hollande : le libre échange dépend de la libre circulation.

Et le quotidien londonien d'expliquer que si le Royaume Uni veut contrôler l'immigration européenne, il ne doit pas s'attendre à continuer à bénéficier des avantages du marché unique. En revanche, François Hollande à rassurer les Britanniques vivant et travaillant actuellement en France pourront continuer à le faire, tout comme réciproquement les Français en Grande-Bretagne.

Enfin sur l'immigration extra-communautaire. Paris et Londres ont confirmé le maintien de la frontière à Calais, selon les accords du Touquet.

Les négociations vont donc être longues et difficiles...

Pourtant, d'après le journal belge, la Dernière Heure, le Royaume-Uni commence à faire des concessions.

Londres renonce à prendre la présidence tournante de l'Union en 2017, alors qu'elle est toujours membre à part entière tant que le Brexit n'est pas une réalité. C'est l'Estonie qui prendra sa place au 1er juillet prochain.

Bruxelles tente également de calmer le jeu. L'Orient le Jour reprend les propos de Donald Tusk. Le président du conseil européen plaide pour un divorce de velours, un Brexit ordonné et calme. Cependant, le quotidien libanais rappelle que Theresa May n'a pas encore prévu de se rendre à Bruxelles...

Theresa May qui se trouve donc face à une tâche historique. Le Journal de Montréal estime qu'elle est prête pour cela. Elle ne tremble pas devant une mission, qui pour le quotidien québécois, frôle l'impossible.

Négocier le Brexit, solidifier le Parti Conservateur d'ici les élections de 2020, calmer la City et les marchés financiers ainsi que les Écossais et les Nord-Irlandais pro-Européens.

Et le Journal de Montréal de regretter que l'on compare continuellement Theresa May à Margaret Thatcher ou Angela Merkel, comme si le seul fait d'être une femme obligeait la comparaison à d'autres femmes de pouvoir. Le mot sauveur ne s'écrit pas au féminin, du moins pas encore conclut le Journal de Montréal.

Même esprit dans un autre journal canadien, mais anglophone celui-là, le Globe and Mail. Le quotidien de Toronto rappelle qu'il y a actuellement des femmes en passe de redéfinir le leadership mondial : Hilary Clinton, Angela Merkel, l'ancienne première ministre néo-zélandaise Helen Clark, candidate au poste de secrétaire générale de l'ONU et donc Theresa May...

Mais la Première Ministre britannique aura du mal, car l'Europe est divisée.

Le quotidien polonais Rzeczpospolita estime même que l'UE prépare un divorce à couteaux tirés.

Le Brexit sera plus difficile qu'elle ne l'avait cru estime le journal de Varsovie. Pour Rzeczpospolita, Berlin ne facilitera pas les choses aux Britanniques et Paris, obsédé par la présidentielle de 2017, ne voudra pas que l'on puisse penser qu'un départ de l'UE soit facile et indolore.

D'autant plus que l'Europe de l'Est est en colère estimant que Paris, Berlin et Rome sont en train de négocier le Brexit en petit comité sans tenir compte des 10 pays membres d'Europe centrale et orientale.

Hier à Varsovie, les quatre du Groupe de Visegrad, Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie l'ont bien rappelé.

Pour le quotidien hongrois, proche de l'opposition socialiste, Népszabadság, il n'est pas question que les Occidentaux jouent cavalier seul. Le Brait ne sera résolu que grâce aux efforts conjoints des 27 états membres. Et Népszabadság de titrer : Orban deux points : à l'aide, estimant que les pays de l'Est craignent d'être les grands oubliés de ces négociations.

En Estonie, le principal quotidien du pays, le Postimees s'inquiète qu'au final les négociations sur le Brexit ne débouchent sur une limitation de l'immigration européenne au sein de l'Union européenne toute entière. La volonté de la France, de la Belgique et de l'Allemagne de revenir sur la directive des travailleurs détachés allant pour les Estoniens dans ce sens.

Même si, veux se rassurer le quotidien lituanien, Lietuvos rytas, le patronat britannique est en train d'examiner les moyens de continuer à profiter des avantages du marché unique malgré le Brexit.

Une Europe de l'Est qui veut continuer à bénéficier de la liberté de circuler à l'intérieur de l'UE, mais qui n'en est pas pour autant prête à accepter une immigration hors UE. Le quotidien économique slovaque Hospodarske Noviny, rapporte les propos du premier ministre slovaque, Robert Fico, qui se déclare prêt à aider la Hongrie de Viktor Orban, autant que possible pour protéger les frontières sud de la Hongrie qui sont les frontières externes de l'espace Schengen contre l'arrivée de migrants. La Slovaquie qui, rappelons-le, préside l'Union européenne jusqu'à la fin de l'année.

Mais au final, les pays de l'est sont désarçonnés par ce Brexit. Le quotidien letton Diena reprend même aujourd'hui les déclarations de la commission des affaires étrangères du parlement britannique qui accuse David Cameron de négligence grave. L'ancien premier ministre britannique ayant omis de prévoir le retrait britannique de l'Union.

Mais maintenant que le mal est fait, comment s'en sortir ?

Dans ses pages opinions, la Libre Belgique présente la solution du modèle saturne pour sauver l'Union européenne. En clair, prenez une planète réunissant les pays qui veulent poursuivre l'intégration européenne au sein d'une union toujours plus étroite et autour des anneaux avec des pays associés. En clair une Europe à plusieurs vitesses...

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