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Brexit, Obamacare et vidéos

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Les négociations sur le Brexit ont repris et la presse britannique n'est guère convaincue par son gouvernement, La plupart des journaux reprennent la photo officielle de ce 2ème round de négociations qui doit permettre de déterminer les conditions du divorce.

On voit, dans un triste bureau, les deux équipes de trois négociateurs chacune, l'européenne, menée par Michel Barnier, face à celle du Britannique David Davis. Entre les deux, une table de verre ovale, un drapeau européen dans un coin mais surtout, sur la table, les Européens ont apporté d'épais dossiers quand David Davis n'a aucune note, déplorent le Guardian comme l'Independant ou encore le Financial Times. La table est vierge de tout papier côté britannique!

Aucun signe du porte documents dans lequel Davis est censé conserver les plans top secrets du pays pour le Brexit, écrit le Guardian. Pourtant, poursuit le quotidien travailliste, il y a du pain sur la planche : il faut définir les droits des citoyens européens, se mettre d'accord sur le coût du Brexit, le rôle de la Cour européenne, les retraites des fonctionnaires européens et tant d'autres choses... Nous n'en sommes qu'au début, et tout cela doit être résolu avant que le Royaume Uni puisse seulement commencer à parler commerce, coopération policière, politique étrangère, sécurité protection des données...

Une fois de plus remarque le Guardian, le Royaume Uni apparaît aussi peu préparé que d'habitude. L'Independent n'est guère plus tendre. Reprenant les déclarations des Libéraux démocrates : "S'ils sont venus sans aucun papier à Bruxelles, c'est parce que ce gouvernement n'a aucune position officielle sur le Brexit. Ils sont censés négocier le Brexit mais ils ne peuvent même pas négocier entre eux!" Ce que le Times résume d'une caricature. Nous reprenons le même cadre, ce triste bureau à Bruxelles : face aux Européens interloqués, un pugilat entre Britanniques qui rappelle ces dessins de bagarres entre Gaulois chères à Uderzo d'où émergent, entre autres, les têtes échevelées du ministre britannique des affaires étrangères, de l'eurosceptique Boris Johnson ou de Teresa May, tandis qu'un David Davis tout rouge éructe "Nous entrons dans le vif du sujet !"

L'Independent de Londres publie, lui, en Une une enquête exclusive sur les logements sociaux en Angleterre

Avec ce titre glaçant : Plus d'un demi million de logements sociaux ne répondent pas aux normes basiques de sécurité. Une enquête qui résonne bien sûr en Grande Bretagne toujours sous le choc du drame de Grenfell, cette tour de 24 étages qui s'est embrasée en quelques minutes faisant au moins 80 morts, le mois dernier. L'enquête se poursuit mais le revêtement utilisé lors d'une rénovation à moindre coût aurait accéléré la course des flammes. 525 000 logements ne remplissent pas les critères minimum de sécurité, explique le journal, c'est un logement social sur 7. Une proportion due aux politiques d'austérité qui ont asséché les fonds pour le logement social. Et de rappeler qu'entre 2001 et 2010 l’État et les gouvernements locaux avaient dépensé 37 milliards de livres pour améliorer le parc de logements avec d'excellents résultats mais que ce programme consacré aux logements sociaux n'a plus reçu que 1,6 milliard entre 2011 et 2015.

De l'autre côté de l'Atlantique, c'est la réforme du système de santé, avec l'abogation de l'Obamacare, promise par Donald Trump qui a du plomb dans l'aile...

Et ce sont deux sénateurs Républicains qui ont signé ce nouvel échec, s'exclament le Washington Post comme le New York Times. Mike Lee et Jerry Moran ont annoncé qu'ils ne voteraient pas pour la nouvelle loi, écrit le Post, voilà qui met un terme à des mois d'efforts pour tenter de faire passer cette promesse présidentielle. Moran, explique le New York Times, est sous la pression de son État, le Kansas dont les hôpitaux ruraux et les patients les plus vulnérables seraient grandement menacés par la nouvelle loi. Les deux sénateurs républicains ont rejoint les rangs de leurs collègues qui appellent à réécrire complètement le texte, ce qui prendrait des mois, note le Washington Post. C'est maintenant au chef du sénat Mitch McConnell de décider s'il peut ressusciter sa loi ou laisser tomber écrit Politico avant de rappeler comme ses confrères que Donald Trump se démène. Il a encore invité plusieurs sénateurs à la Maison Blanche hier soir pour s'assurer de leur vote.

Les Etats-Unis où un fait divers agite la presse : la mort d'une jeune femme australienne à Minneapolis, tuée par la police qu'elle venait d'appeler au secours

C'était samedi soir dernier. Justine Dammond compose le 911 pour signaler une possible agression sexuelle dans son quartier. Quand la police arrive, elle s'avance vers le véhicule encore en pyjama, son téléphone à la main, rapporte le Minneapolis Star Tribune. L'un des deux policier sort son arme et fait feu sans bouger de son siège. Que s'est il passé? Mystère, les caméras des policiers n'avaient pas été activées. The Australian rapporte les questions de sa famille : pourquoi un policier a-t-il tiré à plusieurs reprises alors que Justine était dans l'allée de sa maison parfaitement éclairée ? L'homme qui a tiré avait moins de 2 ans d'expérience écrit le Sydney Morning Herald, en Australie, ajoutant : Justine Dammond est la 5ème personne tuée par la police dans le Minnesota cette année, la 524ème aux Etats-Unis. La presse australienne rappelle aussi que c'est dans cette région de Minneapolis que vient d'être acquitté un policier qui avait tué le conducteur d'un véhicule arrêté à un feu rouge, sous les yeux de sa petite amie qui avait filmé la scène

Une vidéo qui fait scandale... C'est en Arabie saoudite

Elle ne fait que quelques secondes mais déclenche l'ire des autorités et un sacré débat sur les réseaux sociaux. Une jeune femme saoudienne, mannequin, s'est filmée arpentant une rue déserte du village d'Ushayqir à 150 km environ au nord de Ryad, et l'objet du scandale c'est qu'elle est en mini-jupe, avec petit haut très court, les bras et la tête nus. C'est l'une des régions les plus conservatrices d'Arabie saoudite rapporte la BBC, c'est là que le fondateur du wahhabisme est né à la fin du XVIIIème siècle, autant dire que la publication de la vidéo d'abord partagée sur snapshat avant d'être reprise par les twittos saoudiens a entraîné l'ouverture d'une enquête. Le journal Okaz écrit que les responsables d'Ushayqar en appellent au gouverneur provincial et à la police.

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Tandis que chacun y va de son commentaire sur les réseaux sociaux. Pour le journaliste Khaled Zidan, il faut tout de suite envoyer la police religieuse. Un autre abonde: "Il faut respecter les lois. En France, le niqab est interdit et les femmes qui le portent doivent payer une amende. En Arabie saoudite, les femmes doivent revêtir l'abaya et se comporter avec modestie". Mais le philosophe Wael al-Gassim, cité par la BBC, s'exclame : "Je croyais qu'elle avait fait exploser une bombe ou tué quelqu'un. Mais non, c'est juste une affaire de jupe qui ne plait pas à certains!" D'autres rappellent que Melania et Ivanka Trump n'ont pas couvert leur tête lors de leur visite en mai dernier. Fatima al-Issa écrit elle sur les réseaux sociaux : "Si c'était une étrangère chacun louerait sa beauté mais elle est saoudienne et ils appellent tous à son arrestation!"

Marie-Pierre Vérot

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