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Le président brésilien Michel Temer

A chacun son niveau de corruption

6 min
À retrouver dans l'émission

Le procureur général du Brésil a demandé, hier, la mise en examen du président Temer pour corruption. La mise en accusation du président en exercice doit, désormais, être approuvée par la Chambre des députés.

Le président brésilien Michel Temer
Le président brésilien Michel Temer Crédits : EVARISTO SA - AFP

Son visage est à la Une, ce matin, de toute la presse brésilienne. Et, à l'évidence, les photos ont été soigneusement choisies. Toutes suggèrent, avec plus ou moins d'intensité, le désarroi dans lequel se trouverait aujourd’hui Michel Temer. Quand il ne baisse pas les yeux sur la page d’accueil d’O GLOBO, tel un coupable à l’annonce du verdict, le président se mord la lèvre inférieure laissant ainsi entendre, selon le JORNAL DO BRASIL, combien il serait désormais envahit par l’angoisse. En Une de FOLHA DE SAO PAULO on le croirait même en train d’écraser une larme au coin de l’œil. Quoi qu'il en soit, hier soir, le procureur général du Brésil a donc présenté une demande de mise en accusation contre le président pour corruption passive.

Et pourtant, quelques heures à peine avant que ne tombe la décision, Michel Temer, lui, s’était dit « indestructible ». Et de fait, rappelle la presse, il y a deux semaines le chef de l'Etat avait encore échappé à la justice, en bénéficiant d'un non-lieu dans une affaire de financement illégal de campagne qui aurait pu, déjà, lui coûter son mandat. A présent, cette procédure inédite (jamais un président brésilien n’avait fait l’objet d’une telle demande de mise en accusation) pourrait bien sonner le glas d’un mandat largement secoué par les affaires. Reste qu’il sera difficile de faire tomber le président, prévient aussitôt l’éditorialiste de FOLHA DE SAO PAULO. Les tranchées destinées à le protéger seront difficiles, dit-il, à détruire. Pour que le président soit inculpé et traduit devant la Cour suprême, la demande du procureur-général doit, en effet, être acceptée par les deux tiers des députés. Or non seulement le président dispose encore d'appuis importants au Parlement, mais beaucoup de députés sont, par ailleurs, eux-mêmes impliqués dans des affaires de corruption ce qui, selon un spécialiste du site CONGRESSO EM FOCO, crée une sorte de réseau de solidarité. Enfin, quand bien même Michel Temer ne dispose plus d'une majorité solide au Parlement, rien ne dit que l'opposition aura la force nécessaire pour l'écarter du pouvoir.

Elle, en revanche, a bien l'intention de revenir au pouvoir. Elle, c'est Cristina Kirchner. L’ex présidente argentine s'est officiellement portée candidate, ce weekend, aux élections sénatoriales qui se tiendront à l'automne prochain. Une annonce qui continue de susciter nombre de commentaires dans la presse. En particulier, selon le site d'information INFOBAE, repéré par le Courrier International, il semble difficile aujourd'hui de croire qu'après avoir été l’arrogante patronne du « kirchnérisme » et s'être transformée, ensuite, en une sorte de monarque, elle soit aujourd'hui véritablement animée par le désir de servir son pays à un poste aussi modeste. En clair, les motivations de la candidate pourraient être, plutôt, liées à sa délicate situation judiciaire. Mme Kirchner est aujourd'hui sous le coup d’accusations de corruption. Elle a, d'ailleurs, déjà dû comparaître à plusieurs reprises devant un juge ces derniers mois.

Enfin au Mexique, cette fois-ci, un nouveau scandale vise le gouvernement du président, Enrique Peña Nieto. Plusieurs journalistes dans le collimateur du pouvoir, mais aussi les avocats des familles des 43 étudiants disparus en 2014 (sans doute assassinés) auraient tous été surveillés grâce à leur téléphone portable, dont le contenu était discrètement happé par un logiciel espion. Un logiciel que seuls les gouvernements peuvent se procurer. Bien entendu, les autorités mexicaines nient catégoriquement toute implication dans ces agissements. Reste, rappelle pour sa part THE NEW YORK TIMES, que des soupçons ont déjà pesé sur le pouvoir en début d’année, et notamment pour son utilisation (là aussi) de logiciels espions, à des fins de surveillance d’opposants politiques.

Surveillance et manipulation politique, toujours et encore, aux Etats-Unis

Depuis la publication, en fin de semaine dernière, d'une minutieuse enquête du WASHINGTON POST sur les conditions dans lesquelles Barack Obama avait été informé, dès le début du mois d’août 2016, des intentions belliqueuses de la Russie envers la campagne présidentielle américaine, Donald Trump a choisi d'opter, hier, pour un ton nettement plus offensif. « On me doit des excuses! » a notamment lancé, exaspéré, l'actuel président dans une salve de tweets virulents contre son prédécesseur démocrate. Et de fait, tout le monde, à présent, s'interroge : Pourquoi Barack Obama a-t-il attendu si longtemps (5 mois) pour rendre compte publiquement de cette information ? Selon THE WASHINGTON POST Obama redoutait, sans doute, de se voir possiblement accusé de s’immiscer dans la campagne américaine. Sans compter qu'on imagine, aisément, comment Donald Trump se serait servi de ces révélations pour dire qu'on voulait le déstabiliser. Et puis même s'il est resté silencieux, en réalité, Obama a réagi à ces informations de la CIA, en particulier, avec l'annonce fin décembre des sanctions contre la Russie. À quoi s’ajoute une mesure jusqu’ici confidentielle : La Maison Blanche aurait autorisé l’implantation d’armes informatiques potentiellement destructrices dans les infrastructures russes. Sauf que ce projet était encore en phase préparatoire lors du départ d’Obama. Or rien n'indique, aujourd'hui, que Trump a depuis annulé cet ordre. La question qui agite désormais les Etats-Unis est donc de savoir si ce programme est toujours en veille et comment le nouveau président pourrait tirer profit des actions de son prédécesseur ?

Enfin s'agissant de tambouille politique, la Grande Bretagne n'est pas en reste

Ce qui agite, ce matin, toute la presse britannique, c'est le deal passé la veille entre la Première Ministre et le Parti unioniste démocrate nord-irlandais (DUP) pour s'assurer une majorité absolue à la chambre basse. En échange de la garantie que ses dix députés apporteront leurs voix au gouvernement pour tous les votes clés (qu'il s'agisse du budget ou d'éventuelles motions de défiance), les ultra conservateurs nord-irlandais recevront un chèque de plus d'un milliard de livres. Ce qui, pour une province de moins de 2 millions d’habitants dont le budget annuel tourne autour de 11 milliards, constitue une somme conséquente. Quoi qu’il en soit, quand THE GUARDIAN parle d'un mauvais deal, son confrère THE INDEPENDENT dénonce lui un accord crasseux. De son côté, le tabloïd THE SUN juge que si tout ceci n'est pas très joli c'est néanmoins préférable pour la Grande-Bretagne, car cela signifie, dit-il, que nous avons désormais un gouvernement viable. Ou dit autrement, la rançon du succès.

Par Thomas CLUZEL

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