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Dans une gare de Séoul QLED TV retransmet le tir du dernier missile Nord-Coréen

Contrer les missiles de Kim

4 min
À retrouver dans l'émission

La Corée du Nord vient de tirer un nouveau missile-test en direction du Japon. De Tokyo à Washington, en passant par Séoul, on se demande comment arrêter les ardeurs belliqueuses de Kim Jong-Un.

Dans une gare de Séoul QLED TV retransmet le tir du dernier missile Nord-Coréen
Dans une gare de Séoul QLED TV retransmet le tir du dernier missile Nord-Coréen Crédits : JUNG Yeon-Je - AFP

Par Eric Biegala

Encore un : cette nuit la Corée du nord a de nouveau lancé un missile-test en direction du Japon : un Pukguksong-2 qui s'est envolé plein Est sur 560 Km avant de s'abattre en mer du Japon, rapporte le Korea Herald, citant des sources militaires sud coréenne qui ont pu suivre l'engin à la trace. A Pyongyang on se félicite de ce tir et l'agence de presse officielle de la Corée du Nord Korean Central News Agency annonce d'ailleurs ce matin que le leader Kim Jong-Un a dans la foulée de ce test réussi, "autorisé le déploiement de ce missile dans les unités de l'armée du peuple", l'arme devant être dorénavant "produite massivement".

C'est le 8ème tir de missile nord-coréen depuis le début de l'année selon le décompte de l'agence sud-coréenne Yonhap, et "il s'agit de la seconde provocation par tir de missile depuis que Moon Jae-in a accédé à la présidence sud-coréenne le 10 mai, remarque encore l'agence pour qui "les tirs de missiles de la Corée du Nord visant à tester l’administration Moon Jae-in devraient se poursuivre. Durant sa campagne électorale, le nouveau président avait dit en effet qu’il adopterait une approche double vis-à-vis du Nord en cherchant à la fois la dénucléarisation de la péninsule coréenne et le dialogue intercoréen, rappelle encore Yonhap. Le 19 mai, Pyongyang a condamné cette politique en affirmant que le dialogue n’était pas compatible avec la confrontation".

Au Japon aussi on réagit, et sur le même ton : le premier ministre Shinzo Abe a dénoncé ce tir qui selon ses termes "piétine les efforts de la communauté internationale" en vue d'un règlement pacifique de la situation dans la péninsule Coréenne, rapporte le Japan Times qui précise que si le missile de dimanche est bien tombé en deçà de la Zone Economique Exclusive du Japon, Tokyo ne tolérera plus ces provocations à répétition, lesquelles "violent clairement" les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Cette fois-ci toutefois, le gouvernement japonais n'a pas activé son système d'alerte "J-Alert" remarque la chaine publique NHK... le système en question permet d'alerter, normalement un peu à l'avance, les autorités administratives locales en cas d'attaque en vue de faciliter les évacuations... De toutes manière, fait encore valoir le Japan Times un tel système serait valable s'il permettait de déclencher ladite alerte au moins une heure à l'avance. Or les missiles coréens mettent moins de cinq minutes à arriver dans l'espace japonais.

De l'autre côté du Pacifique, on s'inquiète également : les deux derniers tirs de missiles "soulignent les progrès rapides de la Corée du nord, laquelle a annoncé vouloir se doter de la capacité de frapper le continent américain", écrit ce matin le Wall Street Journal ; On n'en est pas encore là, mais lors du test de la semaine dernière, souligne encore le quotidien conservateur, la Corée du nord a lancé "un missile balistique de portée intermédiaire - d'une portée supérieure à celui d'hier - et qui pourrait transporter une charge nucléaire ; et les experts calculent qu'un tel missile pourrait par exemple frapper la base américaine de Guam, en Mer des Philippines, à plus de 3000 Km de Pyongyang"... et le quotidien de citer Victor Cha du Center for Strategic and International Studies de Washington, pour qui pareil test "démontre que nous avons une fois de plus sous-estimé les capacités balistiques et nucléaires de la Corée du Nord."..

Au chapitre des parades, les Américains ont bien installé un système de défense en Corée du Sud début mai. Le système de missiles anti-missiles THAAD est susceptible d'intercepter les vecteurs nord-coréens mais il n'est pas encore totalement opérationnel, remarque la BBC... Il y a actuellement une énorme pression qui pèse sur Kim Jong-Un de la part des Etats Unis qui cherchent aussi l'aide de la Chine en la matière. Pyongyang est déjà exposée a de multiples trains de sanctions internationales sans que cela ne modifie le moins du monde son attitude belliqueuse. Une nouvelle réunion du conseil de sécurité des Nations Unies sur la question est d'ailleurs convoquée pour demain à New York. En fait , résume Steve Evans, le correspondant de la BBC à Séoul "ces tests de missiles, répétés et de plus en plus fréquents, en dépit des injonctions des Nations Unies, indiquent que le leader nord-coréen se sent tout à fait capable de répondre à cette pression internationale sur le mode du défi".

Comment ramener Kim Jong-Un à la raison ? La solution du problème est peut-être à aller chercher en Russie plaide pour sa part Leonid Bershidsky, ancien rédacteur en chef du quotidien économique russe Vedomosti ; aujourd'hui éditorialiste pour l'agence Bloomberg. Ces dernières années, remarque-t-il, Vladimir Poutine a tout fait pour reconstruire ses relations avec le dictateur nord-coréen. Mais ce ne sont pas tant les relations économiques qui intéressent le Kremlin. "Comme la Chine , écrit encore l'éditorialiste, c'est politiquement que Poutine investit en Corée du Nord ; en tant que zone tampon qui sépare la Russie des bases militaires américaines en Corée du Sud. Poutine a besoin d'une Corée du Nord militairement forte. Et de son côté Kim Jong-Un sait bien que la pérennité de son régime repose justement sur sa crédibilité en tant que zone tampon".

Partant, et à moins d'envisager l'option strictement militaire, c'est bien avec Moscou que Washington devrait discuter pour tenter de faire bouger le régime nord-coréen. "Malheureusement remarque pour finir Leonid Bershidsky "l'idée d'un grand deal avec les Russes n'a jamais été moins populaire à Washington qu'aujourd'hui". Et à vrai dire, pour l'administration Trump, "discuter avec les Russes c'est presque encore plus dur aujourd'hui que de parler avec Kim lui-même".

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