LE DIRECT
Siège de la représentation de Grande-Bretagne à Bruxelles, mi juin 2016

De nouvelles crises en Europe ?

5 min

Brexit et stress tests pour les banques italiennes. Les nuages sont toujours au-dessus de la tête de l'Europe. Et si une nouvelle crise s'annonçait se demande la presse européenne

Siège de la représentation de Grande-Bretagne à Bruxelles, mi juin 2016
Siège de la représentation de Grande-Bretagne à Bruxelles, mi juin 2016 Crédits : Eric Chaverou - Radio France

La nomination de Michel Barnier comme négociateur de la commission européenne pour le Brexit se fait étrangler de colère la presse britannique europhobe.

Le tabloïd le Sun, figure de proue des pro-Brexit n'en revient pas : Difficile de trouver plus anti-britannique que cet eurocrate, c'est un véritable acte de guerre, hurle le quotidien populaire.

Le Daily Telegraph, ce journal qui avait, en 2010 taxé Michel Barnier d'homme le plus dangereux d'Europe, n'a pas changé d'avis. Il le présente comme un Français farouchement hostile au libre marché anglo-saxon et le traite même en français, de crétin des Alpes...

Le Times est évidement moins grossier, mais l'idée est la même. En français également dans le texte, le vénérable quotidien conservateur présente Michel Barnier comme la bête noire du Royaume Uni, l'un des plus célèbres opposants à la City.

Toute la presse britannique n'est quand-même pas hystérique ?

Non, Keep calm and carry on reste tout de même une attitude so british...

Le Financial Times explique même que la Grande Bretagne a réagi froidement. Le quotidien économique explique que le communiqué officiel du gouvernement ne cite même pas le nom du Français, comme pour suggérer que la Commission européenne n'est pas l'interlocuteur le plus important en la matière par rapport aux états membres et au conseil européen qui regroupe les chefs d'état et de gouvernement. C'est d'ailleurs pour cela que Theresa May poursuit sa tournée des capitales européennes. Elle était hier à Varsovie.

Le journal pro-Remain, le Guardian, préfère mettre en avant l'expérience de ce vétéran de la politique européenne. Il rappelle qu'il a supervisé plus de 40 directives européennes sur la finance et les marchés et qu'il est respecté et écouté au sein de sa famille politique du PPE au Parlement européen et à la Commission.

Et en dehors du Royaume-Uni, comment réagit la presse à cette nomination ?

En Allemagne, Die Welt présente Michel Barnier comme un négociateur capable et expérimenté. Le journal berlinois rappelle qu'il a joué un rôle important dans la régulation des marchés financiers après la crise de 2008, qu'il connait parfaitement Bruxelles puisqu'il a été commissaire européen et la diplomatie puisqu'il a été ministre français des affaires étrangères.

Le quotidien autrichien Der Standard présente la désignation du nouveau Mister Brexit comme étant tout sauf une surprise. Le journal viennois de centre-gauche estime que Michel Barnier connait Bruxelles comme sa poche et qu'il est familier de tous les jeux de pouvoir qui se trament dans les grandes capitales européennes.

Mais, il est évident que ce dossier du Brexit est particulièrement suivi en Europe de l'Est. Après tout c'est la libre circulation des travailleurs d'Europe orientale qui a été l'un des arguments principaux des partisans du Brexit. En Lettonie, le quotidien Neatkariga Rita Avize, ce qui signifie le journal indépendant du matin, s'inquiète de l'incertitude que fait peser le Brexit sur l'avenir de la coopération économique en Europe. La Lettonie estime qu'elle devra protéger les intérêts de sa diaspora en Grande-Bretagne, que cela soit économiquement, ou en cas de possible actes de discriminations ou de xénophobie après la victoire du Brexit.

Et comme si les inquiétudes liées au Brexit ne suffisaient pas, voilà le retour de la menace de crise bancaire...

C'est d'Italie que vient la menace et de la banque Monte Paschi di Siena, la 3e banque italienne et la plus ancienne d'Europe, puisqu'elle a été crée en 1472.

C'est aujourd'hui que l'on devrait connaitre les résultats des stress tests européens pour les banques italiennes, mais la presse est en certaine, Monte Paschi di Siena ne va pas les réussir.

La Repubblica présente le plan de sauvetage envisagé : une augmentation de capital de 5 milliards et une vente de 10 milliards de créances douteuses. Le but étant de soulager puis de recapitaliser la banque toscane.

Mais pas question d'en arriver à une liquidation, explique le Corriere della Sera, le gouvernement italien ne veux pas en entendre parler. Pour une bonne et simple raison, ce sont des particuliers qui détiennent en majorité ces créances douteuses...pas question de mettre sur la paille les petits épargnants italiens.

Sauf que comme le rappelle le site grec, Capital.gr, Monte Paschi di Siena traverse vraiment une mauvaise passe, avec un titre qui a perdu 75% de sa valeur en bourse cette année.

Cependant, une offre de dernière minute pourrait peut-être apporter de l'espoir.

La Stampa relaie cette proposition de plan de sauvetage de dernière minute de la part d'UBS. L'Union des Banques Suisses serait une alternative au premier plan mis en place principalement par JP Morgan.

Mais, dès qu'il est question de banque, on le réflexe d'aller voir... ce qu'en en pensent les Suisses...

Et bien, la presse helvétique n'est pas vraiment optimiste...

Sur la situation italienne tout d'abord.

La Neue Zürcher Zeitung rappelle qu'il y a en Italie, 641 banques, que beaucoup ne sont pas rentables. Majoritairement ce sont de petits établissements provinciaux, coopératifs et fragiles. Le secteur bancaire italien aurait donc besoin d'être restructuré, mais estime le journal de Zürich, cela ne sera pas fait, pour des raisons politiques.

Et par ricochet, la presse suisse n'est pas optimiste sur l'avenir du secteur bancaire européen, le Temps assure que mêmes assainies, les banques européennes restent vulnérables...

Il ne manquerait plus qu'un nouveau krach financier...

Chroniques

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......