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Des Pirates à l'assaut des élections islandaises

5 min

Demain l'Islande vote pour des élections législatives. Favori des sondages, le Parti des Pirates qui n'existe que depuis 4 ans. Les Pirates pourraient gouverner avec les écologistes, les sociaux-démocrates et les libéraux. Référendum sur l'adhésion à l'UE et nouvelle constitution sont au programme

Les pirates à l'abordage du gouvernement. La Tribune de Genève a fait comme le reste de la presse du monde entier, dans la métaphore pirates des Caraïbes ou Rackham le Rouge...

Le Parti Pirate est d'abord né en Suède en 2006 avant d'essaimer ailleurs dont en Islande en 2012. Mais c'est à Reykjavik qu'il prospère le plus au point d'être aux portes du pouvoir. La Tribune de Genève nous explique que ce parti, surnommé le parti Facebook, n'a que 3 députés dans le parlement sortant élu il y a trois ans, mais qu'aujourd'hui, il pèse plus de 20% des intentions de vote.

USA Today s'est également rendu à Reykjavik rencontrer ces pirates. Et le journal américain d'indiquer que le siège des pirates islandais s'appelle Tortuga, comme l'île de la Tortue dans les Caraïbes, le fief des pirates des temps passés. Des Pirates qui regardent également du côté de Nottingham puisque dans USA Today, ils affirment vouloir être les Robin des Bois du pouvoir, le retirer des mains des puissants pour le redonner au peuple.

Et les Pirates ont une figure de proue, qui fait la une de toute la presse mondiale.

Birgitta Jonsdottir, soit Birgitta fille de Jon, puisqu'il n'y a pas de nom de famille en Islande. Pour Radio Canada, elle représente ce parti que personne n'a vu venir. A 49 ans, elle n'est même pas officiellement la cheffe du parti, puisque ce dernier n'a pas de chef. Cette ancienne collaboratrice de Julian Assange, se présente plutôt comme une "poéticienne". Elle défend un mode de fonctionnement politique où la population reprend le contrôle de la démocratie et des décisions des dirigeants. D'après elle, les élus seront tenus pour responsables de leurs actes avec un gouvernement transparent et accessible. Le parti pirate souhaite un changement de constitution et un référendum sur l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne.

Pour la Dernière Heure, en Belgique, Birgitta Jonsdottir est une pasionaria 2.0 tombée dans la marmite libertaire quand elle était petite et qui s'est formée à la politique via la lutte pour l'indépendance du Tibet, les droits civique et internet. Elle ne souhaite d'ailleurs pas devenir Première Ministre, et préférerait à la limite le poste de présidente du Parlement. Mais de toutes manières, elle rappelle que cela sera le peuple qui décidera qui il souhaite voir à tel poste.

Certains journaux y voient une touche de populisme...

Le Wall Street Journal estime que les Pirates surfent sur la vague européenne du populisme et met en parallèle le succès annoncé des Pirates islandais avec ceux du Mouvement 5 Etoiles en Italie ou de Podemos en Espagne. Un vote contre l'establishment pour plus de liberté numérique et de démocratie directe, même si le Parti Pirate souhaite maintenir le contrôle sur les mouvements de capitaux instauré en Islande après la crise financière de 2008.

En Grande-Bretagne, The Independant voit un lien entre cette irruption soudaine des Pirates avec le Brexit et Donald Trump, l'Islande étant à mi-chemin dans l'Atlantique entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Comme une illustration du rejet de la politique traditionnelle et pour un reboot de la vie politique. Pour le quotidien londonien, les Pirates sont une collection d'anarchistes, de hackers, de libertariens et de geeks qui voient la politique à travers les sondages en ligne et qui pensent que l'on peut gouverner ainsi.

Et The Independant de trouver cela étrange que ce populisme surfant sur une vague de défiance éclate dans un pays égalitaire, pacifique, prospère et démocratique.

Mais le Guardian rappelle que rien ne serait arrivé sans la crise de 2008, terrible en Islande puis les Panama Papers qui ont forcé le premier ministre conservateur Sigmundur David Gunnlaugsson à démissionner en avril dernier. Des scandales qui avaient déjà eu comme conséquence l'élection à la présidence de la république en juin de Gudni Johannsson. Un historien de 48 ans, sans aucune appartenance politique, spécialiste de la crise financière de 2008 et opposé à l'Union européenne.

En tous cas, l'Islande est à la une partout dans le monde. Même en Australie où le Sydney Morning Herald estime qu'une arrivé au pouvoir de Pirates auraient des conséquences planétaires car cela ferait de l'Islande le havre de tous les lanceurs d'alerte. Le Parti Pirate ayant promis d'accorder l'asile politique à Edward Snowden.

Mais est-ce que le Parti Pirate est vraiment assuré de l'emporter ?

Les sondages sont très serrés. Iceland Review nous apprend que quatre partis d'opposition se sont coalisés avec l'intention de gouverner ensemble. Il y a donc le Parti Pirate, la Gauche Verte, un mouvement de la gauche de la gauche, l'Alliance Sociale-démocrate et l'Avenir Radieux, un mouvement libéral, centriste, écologiste et pro-européen. A quatre, ils comptent devancer la coalition sortante composée des Conservateurs du Parti de l'Indépendance et des centristes du Parti du Progrès.

Mais un dernier sondage publié ce matin par le journal Murgunbladid affirme que l'opposition emmenée par les Pirates n'obtiendrait que 30 députés alors que la majorité est de 32 et que donc la coalition sortante serait en mesure de rester au pouvoir. Le faiseur de roi serait alors un autre petit parti libéral, la Renaissance, issu du parti conservateur, qui serait en mesure de faire pencher la balance pour l'une ou l'autre coalition.

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