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Des temps incertains et troublés au Vénézuéla, en Turquie...

6 min
À retrouver dans l'émission

Au Venezuela, l'opposition annonce plus de 7 millions de votants à la consultation symbolique qu'elle organisait pour dire non au projet de Constituante du président Nicolas Maduro

Un vote massif contre la manœuvre de Maduro, titre El Pais en Une sous la photo d'une foule de Vénézuéliens patientant pour glisser leur bulletin dans l'urne à Caracas. Manœuvre puisque le président vénézuélien entend faire élire une assemblée Constituante le 30 juillet pour modifier la Constitution et contourner l'assemblée nationale où l'opposition est majoritaire, rappelle le quotidien espagnol.

"Moi, je votais Chavez avant, mais je ne suis plus chaviste. Chavez est mort et celui qui est mort, est mort". C'est l'un des nombreux participants à cette consultation qui parle ainsi à El Pais. Chavez, rappelons-le est l'ancien président vénézuélien dont Maduro est l'héritier. La consultation a été endeuillée par la mort d'une femme de 61 ans. Elle faisait la queue pour voter dans un bureau dans l'ouest de la capitale Caracas lorsque des inconnus à moto ont ouvert le feu.Trois autres personnes ont été blessées. L'opposition accuse le pouvoir d'avoir perdu son calme devant l'affluence. "Cette consultation ne changera pas le rapport de force, écrit El Pais, puisqu'elle n'est pas reconnue par le pouvoir, mais elle sera une victoire morale". Quel contraste s'exclame le quotidien espagnol avec la faible affluence dans les bureaux ouverts le même jour par le pouvoir pour que les Vénézuéliens testent les machine électorales qui seront en place le 30 juillet, et ce malgré les efforts des médias audiovisuels d’État pour faire croire à une avalanche de participants. C'est vrai que Tele Sur fait ses gros titres sur la foule de Vénézuéliens qui se sont pressés pour tester ces machines en brandissant des banderoles de soutien au président Maduro, les queues ont commencé dès 5h du matin dans la capitale, assure la télévision d’État.

"C'est un pari risqué que celui de l'opposition, analysait avant la consultation le site indépendant vénézuélien Prodavinci qui estime que le Vénézuéla vient d'entrer dans une phase de confrontation politique plus dangereuse encore, dans un combat plus acharné et qui ne bénéficie de la médiation d'aucune institution valable, ajoutant: seul un acteur international de grande envergure diplomatique pourrait désamorcer le situation"

Des temps troublés en Turquie également

"Où va la Turquie?", s'interroge Nilgun Cerrahoglu dans Cumhuriyet, reprenant le titre d'un ouvrage de l'ancien chef de la mission diplomatique à Ankara. Elle s'inquiète que, lors de la fête de la démocratie, puisque c'est le nom qu'Erdogan donne désormais au 15 juillet, date du putsch avorté l'année dernière, elle s'inquiète donc cette journaliste de Cumhuriyet des propos du chef de l'Etat qui a affirmé que les journalistes emprisonnés, ils sont plus de 150, un record, ne sont pas de vrais journalistes. "Ils avaient répète-t-il, des liens avec des réseaux terroristes, ou bien portaient des armes ou encore avaient dévalisé des banques. "Où va la Turquie?", se demande la journaliste avant de répondre : "Elle s'enferme dans l'isolement et de s'inquiéter de la crise majeure qui se prépare avec l'Europe. Le quotidien Sözcü, réputé pour son franc parler, fait le récit de ce 15 juillet 2016 en soulignant les zones d'ombre et conclut : "A force d'emprisonner les sympathisants de Gülen, les vrais coupables se sont perdus de vue". Le Guardian de Londres s'inquiète après les propos d'Erdogan qui entend poursuivre son offensive contre les médias, les dissidents, les laïcs et les députés de l'opposition, en promettant d'"arracher la tête des traîtres". "Un discours combatif, faisant appel à l'émotion et truffé d'invocations religieuses", note le journal, qui s'inquiète du retour annoncé de la peine de mort si le Parlement turc l'approuve. Notant que les commémorations officielles ont inclus des versets du Coran sur la trahison, le martyre et la confrontation avec ses ennemis, que le directeur des affaires religieuses a mené la prière depuis les marches du parlement turc, le Guardian estime que cette focalisation sur la religion pose un vrai défi aux laïcs pour qui les principes fondateurs même de la République sont sapés.

La presse israélienne revient quant à elle sur certains propos de Benjamin Netanyahou lors de sa visite à Paris

Et notamment l'opposition d'Israël au cessez-le-feu dans le sud de la Syrie, sous l'égide des États-Unis et de la Russie. Haaretz assure que le Premier ministre israélien l'a fermement expliqué à Emmanuel Macron. Un responsable israélien requérant l'anonymat dit au journal qu’Israël soupçonne l'Iran de vouloir étendre sa présence en Syrie, ce ne sont pas seulement des conseillers que l'Iran veut dépêcher mais des forces militaires pour établir une base navale et une base aérienne en Syrie. "Jusqu'à présent, note Haaretz, l'opposition d’Israël avait emprunté des canaux diplomatiques discrets, elle s’exprime pour la première fois publiquement". Le Jerusalem Post abonde : "cette présence iranienne pourrait changer radicalement la donne dans la région".

L'Iran en bonne place aussi dans la presse américaine après la condamnation à 10 ans de prison d'un Américain accusé d'infiltration. Selon le site Mizanonline, l'agence iranienne du ministère de la justice, cet "espion américain", qui a aussi la nationalité chinoise, avait pour mission de collecter des informations secrètes sur l'Iran. "Il travaillait notamment, affirme l'agence, avec le centre d'études iraniennes de l'université de Tel Aviv pour identifier des thèmes en vue d'un renversement en douceur du régime iranien". Voilà, estime le Washington Post qui va ranimer les tensions avec 'l’administration Trump alors que ce lundi la Maison Blanche doit se prononcer sur la levée de sanctions contre l'Iran. Un responsable de l'université américaine de Princeton où étudiait le jeune homme se dit très inquiet après cette condamnation, ajoutant qu'il travaillait sur la civilisation persane et des documents vieux de plus de 100 ans.

Cette information est beaucoup moins commentée par les médias iraniens que le décès, samedi aux États-Unis, de la mathématicienne Maryam Mirzakhani, la première femme lauréate de la médaille Fields,

Fait exceptionnel, alors que les médias iraniens ne publient pas de photo de femmes iraniennes non voilées, le visage sans voile de la mathématicienne s'est étalé à la Une de plusieurs journaux ce week-end, notamment le quotidien conservateur Hamshahri qui titre : "Le génie de la mathématique a cédé devant la puissance de la mort". Maryam Mirzakhani avait quitté l'Iran pour l'université américaine de Princeton. Le quotidien Shargh Azar Mansouri appelle lui à créer des opportunités pour les autres Maryam du pays, en demandant au président Rohani de nommer des femmes dans son prochain gouvernement.

Mais je voudrais en conclusion attirer votre attention sur cet article du Washington Post. Citant des sources du renseignement américain, le Post affirme que ce sont les Emirats arabes unis qui sont à l'origine du conflit entre le Qatar et ses voisins. Le 23 mai, de hauts responsables émiratis auraient élaboré un plan pour hacker des sites du gouvernement qatari et attribuer de fausses déclarations à l'émir Al-Thani. Des propos dans lesquels il louait le Hamas et qualifiait l'Iran de pouvoir islamique. C'est le 24 mai que les sites ont été hackés , affirme le journal juste après la rencontre de Donald Trump avec des responsables du Golfe persique en Arabie saoudite.

Marie-Pierre Vérot

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