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Manifestation devant le commissariat de Brooklyn Center, USA, le 13/04/21

États-Unis : la policière inculpée pour la mort de Daunte Wright "a confondu son pistolet avec son taser"

7 min
À retrouver dans l'émission

L'arme de service utilisée par erreur à la place du pistolet à impulsion électrique, c'est la défense invoquée par la policière du Minnesota inculpée pour homicide involontaire. Le Burkina Faso parviendra-t-il à juger les assassins de Thomas Sankara ? Une pièce de théâtre vire au cluster au Chili.

Manifestation devant le commissariat de Brooklyn Center, USA, le 13/04/21
Manifestation devant le commissariat de Brooklyn Center, USA, le 13/04/21 Crédits : Scott Olson - AFP

Dans la presse américaine, une défense qui décidemment peine à convaincre.

Défense invoquée par la policière du Minnesota Kimberley Potter, 48 ans dont 26 d’expérience en uniforme, qui a abattu dimanche soir le jeune Afro-Américain Daunte Wright au cours d’un contrôle routier et qui explique donc, depuis, que tout cela n’est qu’un accident, qu’elle a "confondu son arme de service avec son taser", son pistolet à impulsion électrique. 

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Depuis ce mercredi, Kim Potter est inculpée pour "homicide involontaire", ce qui est plutôt rare comme le note The Washington Post : la police aux Etats-Unis tue par balle environ 1 000 personnes chaque année, et d’ordinaire seule une infime minorité des auteurs de ces coups de feu doivent en rendre des comptes devant la justice.

La question qui taraude les journaux cette fois c’est de savoir si l’on peut décemment croire à cette histoire de pistolet confondu avec un taser. A la lecture des explications très claires et factuelles de USA Today, on conclurait plutôt que non… ou qu’en tous cas tout est fait pour que l’erreur grossière ne soit pas commise. Les tasers sont volontairement conçus pour être plus gros, plus légers, dans des couleurs voyantes et colorées, en matières plastiques, quand les armes à feu sont lourdes, métalliques, sombres et surtout, portées selon le protocole de sécurité du côté de la main dominante du policier quand le taser est toujours sur la jambe gauche par exemple pour un droitier. 

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Arriver, comme l’a fait Kimberley Potter à sortir son arme à feu, la brandir pendant les longues secondes que dure l’interpellation, pour finalement s’en servir contre Daunte Wright, ça relève donc de l’étourderie très très improbable et tout sauf professionnelle pour un policier… et pourtant, note The New York Times, il se trouve que cette défense a été utilisée une quinzaine de fois ces vingt dernières années par des policiers, eux aussi étourdis, qui eux aussi avaient tué avec leur arme de service de simples citoyens ayant pour leur part une fâcheuse tendance à être jeunes et à avoir la peau noire comme le note le Philadelphia Inquirer.   

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Mais le New York Times, à nouveau, constate que sur les quinze précédentes affaires similaires, trois seulement des policiers incriminés ont été reconnus coupables. Le coup du taser confondu semble donc la défense de la dernière chance quand il est clair que les agents ont failli mais qu’il faut trouver un moyen d’atténuer leur condamnation, voire de l’empêcher.  

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Sur la vidéo de la mort de Daunte Wright, toutefois, on entend la policière crier "taser, taser", alors qu’elle brandit clairement son pistolet, on l’entend aussi après le coup de feu gémir "putain de merde, je viens de lui tirer dessus". Ce sera donc à un jury populaire d’apprécier tous ces éléments, au cours d’un futur procès qui devrait sonner comme une suite terriblement logique à celui qui se tient en ce moment-même à Minneapolis, tout près de là où le jeune Shaune Wright a été tué : le procès historique du policier Derek Chauvin, accusé du meurtre de George Floyd l’an dernier et qui lui ne peut pas compter sur l’excuse du pistolet pris pour un taser. 

Un autre procès pour l’Histoire qui s’annonce, c’est celui des assassins présumés de Thomas Sankara au Burkina Faso.

15 Octobre 1987, il y a bientôt 34 ans : le président communiste et révolutionnaire de la Haute-Volta devenue "pays des hommes intègres", était abattu avec 12 autres personnes à Ouagadougou et cela avait mis un coup d’arrêt à cette révolution panafricaine burkinabée qui avait redonné l’espoir du changement à toute une génération de jeune Africains de l’Ouest.

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34 ans donc plus tard, ce mardi le tribunal militaire chargé de faire la lumière sur ce "jeudi sanglant" tel que le qualifie Morin Yamongbé sur le site Wakat Sera, a mis en examen et renvoyé en procès 20 accusés dont l’ex-président et frère d’armes du "Che Guevara africain", j'ai nommé Blaise Compaoré. 

Compaoré, qui traîne depuis 1987 une réputation de Judas, a pris le pouvoir juste après la mort de Thomas Sankara pour ne plus le lâcher au cours des 27 années qui ont suivi et durant lesquelles le nom même de Sankara était devenu tabou selon le journal en ligne Connection Ivoirienne, à Abidjan. 

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Blaise Compaoré sera-t-il jugé ? Les chances sont infimes, justement car l’ex-président vit depuis qu’il a été renversé en 2014 en Côte d’Ivoire avec son épouse franco-ivoirienne grâce à laquelle il a obtenu la double-nationalité, et donc la quasi-assurance qu’il ne sera jamais traîné devant les juges de son pays. La mémoire, la justice burkinabée, les familles des victimes verront-elles enfin "le bout du tunnel", comme l'espère donc Morin Yamongbé dans Wakat Sera

La nécessaire "réconciliation" du pays avec cette période si sombre et déterminante de son histoire en dépend, cette réconciliation nationale du Burkina de Sankara avec celui de Compaoré , clame Aujourd’hui le Faso, ne peut se faire qu’au prix "de la justice et de la vérité" et pour cela une seule solution : que Blaise Compaoré sorte de son exil ivoirien pour s’en remettre à la justice de son pays et lui rendre enfin les comptes qu’il lui doit. 

La réouverture des théâtres, c’est un enjeu culturel bien au-delà des frontières françaises.

En Italie par exemple, nous dit la Repubblica, à l’heure où les stades de foot peuvent à nouveau accueillir des supporters venus d’ailleurs en Europe, les professionnels du cinéma et du théâtre sont dans une colère noire, car on repousse encore leurs dates de réouverture sanitaire. 

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Mais au Chili cette fois, la reprise ébauchée depuis décembre dans les théâtres pose question, avec cette polémique rapportée par El Pais America autour d’une pièce, l’Orchestre de Jean Anouilh, montée au Teatro Oriente de Santiago (l’un des plus grands du pays) avec une distribution prestigieuse où l’on retrouvait les monstres sacrés du théâtre chilien. Ca devait être le symbole éclatant du retour à la normale culturelle et ça s’est transformé en "désastre", en un retentissant cluster avec quasiment toute la troupe contaminée et deux participants à la pièce qui sont morts du Covid-19. L’affaire a déchainé les médias et réseaux sociaux au Chili, procès en irresponsabilité des organisateurs, en inconséquence de ces cultureux qui seraient prêts à tous les risques pour faire revivre leur art. 

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Dans l’interview qu’il livre donc à El Pais, le metteur en scène Alvaro Viguera explique qu’il n’a "aucun regret", que tous les protocoles sanitaires avaient été respectés, que le théâtre allait mourir de toute façon alors qu’il fallait tout faire (qu’il faut encore tout faire) pour le réanimer quitte à risquer sa vie à soi. Malgré le confinement qui reste très strict au Chili, Viguera travaille à d’autres pièces, pour être prêt au jour-J de la réouverture, et surtout pour conjurer le discours dominant selon lequel le théâtre, art fragile et non-essentiel, serait déjà sur la longue liste des victimes mortelle de la pandémie.

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