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Une électrice dans un bureau de vote lors des législatives organisées en Albanie

Exaspération et/ou résignation

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Le Parti socialiste confirme son avance aux législatives tenues hier en Albanie, loin devant le Parti démocratique (droite). Un scrutin marqué par une abstention record.

Une électrice dans un bureau de vote lors des législatives organisées en Albanie
Une électrice dans un bureau de vote lors des législatives organisées en Albanie Crédits : PIERETA PETANI / SOOC

Faut-il y voir un nouveau signe de l'exaspération ou plutôt de la résignation qui, depuis quelques temps, semble gagner chaque fois un peu plus encore les électeurs appelés à désigner leurs représentants ? Toujours est-il qu'à en croire les derniers sondages sortis des urnes, hier, les élections législatives organisées en Albanie n'auront visiblement guère enthousiasmé les foules. Si le dernier comptage se confirme, la participation de 10 points inférieure au précédent scrutin serait, tout simplement, la plus faible enregistrée dans le pays depuis la chute du communisme. Plus d'un électeur sur deux n'a pas jugé utile de se déplacer. Et pourtant, précise le site d'ABC, l'enjeu de ces élections, rien de moins que la perspective de l'ouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne, semblait, a priori, plutôt de nature à convaincre les électeurs de se déplacer. En vain, donc. A présent, reste à savoir si le Parti Socialiste, dont la victoire semble se dessiner atteindra la majorité absolue des sièges, ce qui lui permettra d'éviter un gouvernement de coalition avec la droite. C'est en tous les cas ce que semble confirmer un ultime sondage mené par les chaîne de télévision ORA NEWS.

A l'inverse, eux avaient décidé de montrer, hier, leur unité et surtout leur détermination. Eux, ce sont les délégués du Parti social-démocrate allemand, réunis en congrès pour entériner leur programme, à trois mois des législatives. Unité, combat et espoir, voilà résumé en trois mots, ce matin sur le site du SPIEGEL ONLINE, la ligne défendue par Martin Schulz pour relancer sa campagne. Il faut dire que tous les sondages prédisent aujourd'hui une large victoire de la CDU d'Angela Merkel. Le dernier, publié hier, donne les sociaux-démocrates à 15 points des conservateurs (39% contre 24%). De sorte que celui qui, jusqu'ici, avait évité les attaques ad hominem contre la chancelière a décidé de changer de registre, en l'accusant d' « arrogance » et de vouloir saper « la démocratie ».

Et puis, toujours en Allemagne, les éditorialistes ne décolèrent pas après que le Parlement a adopté, jeudi dernier, une loi permettant aux autorités d’installer des logiciels de surveillance sur des ordinateurs et smartphones privés. Tout d'abord, parce qu'il n’y avait aucune raison de légiférer ainsi à la va-vite, avant la trêve estivale et sans réel débat, note le site de la DEUTSCHLANDFUNK. Mais plus encore, renchérit la SÜDDEUTSCHE, parce qu'il s'agit là non seulement d’une entrée par effraction dans la vie privée mais aussi et surtout d’une atteinte aux droits individuels d’une ampleur jamais prévue jusque-là par le Code de procédure pénale.

Un autre texte préparé dans le secret et lui aussi abondamment critiqué, aux Etats-Unis cette fois-ci, il s'agit du projet de réforme de la santé.

Pour le chroniqueur du WASHINGTON POST, ce projet de loi que les Républicains tentent de faire passer au Sénat, n’a tout simplement rien à voir avec la santé. C’est seulement la première étape, dit-il, d’un grand projet de redistribution de la richesse des plus pauvres vers les plus riches. Même analyse pour son confrère du NEW YORK TIMES. Ce texte n'est rien d'autre qu'un projet de baisse d’impôts pour les plus riches, qui va détruire des programmes cruciaux qui permettent aujourd'hui à des dizaines de millions de personnes d’accéder aux soins. En particulier, observe cette fois-ci THE LOS ANGELES TIMES, cette proposition de réforme éliminerait des milliards de dollars qui aident les personnes handicapées à vivre dignement. A ce titre, des images choquantes de manifestants handicapés, arrêtés lors d'une manif contre le plan santé de Trump, ont été publiées dans la presse ce weekend. On y voit certains militants menottés et d'autres évacués hors de leur fauteuil roulant.

Enfin autre polémique, toujours aux Etats-Unis, Donald Trump a décidé samedi de ne pas accueillir le dîner de rupture du jeûne, traditionnellement organisé à la Maison Blanche pour commémorer le ramadan, rapporte CNN. À la place, poursuit le site de la chaîne américaine, le président s'est contenté d'envoyer un communiqué de presse, dans lequel il présente ses « salutations chaleureuses » à ceux qui célèbrent l'Aïd. Quoi qu'il en soit, c'est la première fois depuis plus de deux décennies que la Maison Blanche n'accueille pas un tel dîner. Bill Clinton, George W. Bush (notamment au lendemain du 11 septembre) et Barack Obama, eux, n'avaient pas dérogé à cette règle, rappelle le site BUZZFEED.

Une histoire vieille de 16 ans, celle-ci, la visite des chefs d'Etat russe dans la légendaire colonie de vacances Artek (située près de Yalta), sur les rives de la mer Noire

La photo le montre en chemisette bleu-ciel et jean délavé, la veste négligemment jetée sur l’épaule, lunettes d’aviateur sur le nez. Samedi, Vladimir Poutine était de sortie pour rencontrer les enfants de la célèbre colonie, manger des blinis au réfectoire et partager avec eux un gâteau d’anniversaire. Problème, ce centre se trouve en Crimée, dans la péninsule annexée en 2014 par Moscou. Autant dire que la visite a aussitôt provoqué l'ire de l'Ukraine. Kiev a notamment adressé une note au ministère des Affaires étrangères russe pour protester contre cette visite, non coordonnée avec les autorités ukrainiennes. Mais il est de notoriété publique que Moscou ne prête aucune attention à ces protestations, commente pour sa part le journal en ligne VZGLIAD (proche du Kremlin), car le président Vladimir Poutine est dans son plein droit, dit-il, pour visiter toutes les régions de la Russie, y compris la Crimée.

Enfin Vladimir Poutine, toujours lui, à la Une de la presse, pour un « documentaire » déroutant de quatre heures d’entretiens avec le réalisateur américain Oliver Stone

Le premier épisode des « Conversations avec M. Poutine » sera diffusé à partir de ce soir sur France 3. Quatre épisodes en tout, pour un objet filmique difficile à cataloguer, nous prévient ce matin le chroniqueur du TEMPS, entre interview subjective et dialogue filmé et surtout entre interlocuteurs d’accord sur presque tout. Le réalisateur américain aux quatre Oscars laisse, sans le contredire ni même le relancer, le président russe lui expliquer que les médias sont libres en Russie, que les homosexuels ne sont aucunement persécutés, qu’il a mis au pas les oligarques et qu’il n’y a rien d’illégal dans l’annexion de la Crimée. Dès-lors, on pourrait croire, naïvement, que l’Américain connaît mal ses dossiers russes, qu’il improvise. Mais non. Il le confirme, d'ailleurs, lui-même : Stone endosse pleinement la narration de Poutine, ne voyant pas de raison de ne pas le croire sur parole. De son côté, Poutine, lui, y a surtout vu l’occasion d’occuper quatre heures d’antenne, sur les chaînes du monde entier, adoubé par un réalisateur de renommée. En Russie, la tétralogie a été diffusée la semaine dernière sur la chaîne PIERVIY KANAL (caisse de résonance assourdissante de l’idéologie officielle) avec le succès qu'on imagine.

Par Thomas CLUZEL

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