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Expulsions, peurs, ignorance.

4 min

Chaque matin, l’actualité vue au travers de la presse étrangère. Aujourd’hui : la libération anticipée de prisonniers aux Etats-Unis, la crise migratoire en Grèce, en Allemagne et en Hongrie et la peur des chats errants destinés à être expulsés.
Pour réduire leur surpopulation carcérale, les Etats-Unis ont décidé de libérer de façon anticipée entre vendredi et hier plusieurs milliers de détenus. 6000, au total, soit la plus importante libération groupée de prisonniers fédéraux, souligne THE WASHINGTON POST, cité par le Courrier International. Une décision destinée à lutter donc contre la surpopulation carcérale, mais également à réajuster les très lourdes condamnations prononcées ces trente dernières années pour détention de stupéfiants. Tous les Etats sont concernés par cette mesure. Enfin le quotidien américain rappelle qu’un tiers environ de ces détenus sont en réalité des ressortissants étrangers et qui une fois relâchés, risquent donc d’être expulsés.

S'agissant cette fois-ci de la crise migratoire, c e sont des chiffres record que l'ONU a annoncés hier matin.
Un peu plus de 218 000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée pour rejoindre l'Europe le mois dernier. C’est plus que durant toute l’année 2014. Et la Grèce, première étape sur la route vers l’Europe, trouve la situation de plus en plus insupportable.

Refugees sleep in front of a graffiti covered wall on the island of Lesbos, Greece.
Refugees sleep in front of a graffiti covered wall on the island of Lesbos, Greece. Crédits : Dimitris Michalakis - Reuters

Plus de 100 enfants se sont noyés dans la mer Egée depuis deux mois, note en particulier le quotidien d'Athènes E KATHIMERINI. Le journal qui rapporte également le terrible constat du maire de Lesbos, interrogé la veille sur les ondes de radio VIMA : les cimetières de l’île manquent à présent de place pour enterrer les dépouilles des noyés, a-t-il précisé avant d'ajouter : nous ne discutons plus de la manière de gérer un problème, mais d’arrêter un crime.

Et le thème des migrants continue également de faire couler beaucoup d'encre en Allemagne.
Pour le quotidien économique HANDELSBLATT, la crise des réfugiés est devenue une crise gouvernementale. Hier, le vice-chancelier a une nouvelle fois rejeté l'idée d'établir aux frontières du pays des "zones de transit", comme le souhaite la CSU. Le parti frère de la CDU d'Angela Merkel voudrait fixer une limite officielle au nombre de demandeurs d'asile émigrant vers l'Allemagne. Ce que rejette catégoriquement la chancelière.

Accueil ou rejet ? Jusqu'où va l'accueil ? Et jusqu'où va le rejet ?, s'interroge pour sa part la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG. Doit-il et peut-il y avoir une limite maximum pour l'asile et l'accueil de réfugiés ? Ou bien doit on se garder de fixer une limite, parce qu’une telle décision ne ferait que provoquer une plus grande vague encore de migrants vers l'Allemagne ? Le journal ne peut que constater à son tour que sur ce sujet, la grande coalition gouvernementale à Berlin est aussi divisée que la population. Quand les uns plaident pour un accueil généreux, les autres réclament une limitation rigoureuse.

Et puis derrière la question du nombre de personnes à accueillir se cache probablement une autre question : la crise migratoire serait-elle la même si les réfugiés venaient d’une autre région du monde ? En Hongrie, notamment, le Premier ministre Viktor Orbán continue d'instrumentaliser et de créer la peur en s'opposant à l'accueil de migrants de confession musulmane, au motif que ceux-ci mettraient les chrétiens en minorité en Europe. L'occasion pour le portail d'information hongrois MANDINER de rappeler que les craintes nées d'une islamisation de l'Europe s'alimentent surtout de l'ignorance et de la peur de l'inconnu. Et de préciser que la part des musulmans sur la population européenne totale est aujourd'hui de 4%. Cette proportion atteindra, au grand maximum, 10% d'ici à 2050. Et bien que certains médias se complaisent à brandir le spectre de mères musulmanes flanquées de huit enfants, des études attestent que le taux de natalité des minorités musulmanes en Europe est en moyenne de 2,2 enfants.

Enfin direction à présent Israël où un ministre veut expulser les chats errants de son pays.
Parce qu’il estime que castrer et stériliser les chats des rues va à l’encontre des principes du judaïsme, Uri Ariel, le ministre de l'Agriculture a récemment envoyé une lettre au ministère de l'Environnement demandant si le million de dollars dépensé chaque année pour stériliser les animaux abandonnés ne pourrait pas être plutôt utilisé pour les transférer dans un pays étranger, qui accepterait de les accueillir, rapporte THE WASHINGTON POST. La presse israélienne s'est beaucoup moquée de cette idée, relève le magazine Slate. Si ce n'était pas écrit noir sur blanc, sur un document officiel, on pourrait croire que c'est une blague, peut-on lire notamment dans le quotidien YEHODIOT AHRONOT. La chef du parti de gauche Meretz, a pour sa part demandé s'il ne serait pas temps de trouver un pays étranger acceptant d'accueillir le ministre de l’Agriculture lui-même. Et puis comme le précise le site d'information israélien 972 MAG, la façon dont Uri Ariel décrit le transfert de population féline rappelle étrangement les mots utilisés pour décrire les expulsions de demandeurs d'asile africains, qui ont récemment commencé à recevoir des primes s'ils acceptent de partir vers l'Ouganda.

Alors pourquoi cette peur des chats, me direz-vous ? La réponse est peut-être à trouver dans une étude très sérieuse publiée par l’université d’Edimbourg, selon laquelle votre chat n’est pas ce qu’il prétend être. Pis encore, il serait en réalité un meurtrier en puissance attendant le moment idéal pour mettre fin à votre vie. Selon les conclusions des auteurs, les chats auraient des traits similaires aux lions africains en terme de personnalité et de tendance à la domination. Au micro de la BBC, un co-auteur de l’étude explique que les chats sont de petits prédateurs agressifs. De son côté le site C NET a tenu tout de même à nuancer les interprétations faites autour de l'étude, destinées avant tout à provoquer, selon lui, un bruit médiatique. Les chats ont fini par vivre avec nous parce qu’il y avait un bénéfice mutuel. Certains sont aimants, d'autres plus indépendants. Tout dépend de l’individu. En clair, les chats ne veulent pas vous éliminer, mais parce que les gens ignorent souvent comment les traiter, ils sont surpris de leur comportement. Il se peut parfois que leurs réactions nous énervent ou nous inquiètent. Mais tout viendrait, en réalité de notre ignorance quant à la complexité de l’esprit félin. Ou humain, c'est selon.

Par Thomas CLUZEL

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