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Guerre interne pour le contrôle du Parti Communiste Chinois

5 min

300 cadres du PCC sont réunis à huis clos à Pékin. Xi Jingping veut renforcer son pouvoir à un an du prochain congrès du Parti. Il se sert de la lutte anti-corruption pour cela et pour placer ses alliés aux postes clés. En vue : son maintien au pouvoir au-delà de 2022.

C'est dans le décor austère de l'hôtel Jingxi et son architecture des années Mao, au cœur du quartier militaire de Pékin que se tient pendant quatre jours cette séance plénière annuelle du Parti Communiste chinois.

Un conclave à huis clos avec comme l'explique la Tribune de Genève les pleins pouvoirs en ligne de mire pour Xi Jingping. Pour le quotidien suisse, l'intitulé de cette réunion : la discipline au sein du parti, en dit long sur les intentions du numéro un chinois. Il s'agit pour lui de renforcer son pouvoir personnel en se servant de la lutte anti-corruption comme d'une arme d'éviction massive de ses rivaux.

La Tribune de Genève rappelant qu'un million de membres du Parti Communiste ont été déjà exclus sur les 88 millions que compte le PCC.

Car si Xi Jingping veut continuer à faire le ménage, explique le Temps, c'est parce que son autorité est encore contestée. Les tensions restent vives en interne estime le quotidien de Lausanne. Pour le Temps, si la politique internationale de Xi Jingping est sans nuages, que cela soit après un G20 réussi ou avec les Philippines, allié traditionnel des Etats-Unis, qui se tournent vers Pékin, à l’intérieur, c'est moins rose, témoin les manifestations il y a une semaine de vétérans devant le siège de l'Armée Populaire de Libération, à deux pas justement du lieu de cette séance plénière. Pour le Temps, c'est avant tout parce que le parti est bien trop gigantesque pour être entièrement contrôlé.

D'où la question posée par le quotidien de Hong Kong, le South China Morning Post : comment s'assurer de la loyauté des élites communistes ? La réponse dépend de l'avenir politique de Xi Jingping qui va tenter d'imposer de nouvelles règles de disciplines au sein du parti, avant le décisif congrès de l'an prochain.

C'est pour cela que Xi Jingping ne veut voir qu'une seule tête...

Et que la propagande du parti unique fonctionne à plein régime avec une utilisation systématique de la figure de Mao, surtout à l'occasion du 80e anniversaire de la Grande Marche. Les médias officiels comme la télévision CCTV ou l'agence de presse Chine Nouvelle relaient systématiquement les appels à la discipline de Xi Jingping pour qui la Grande Marche est un monument majestueux qui ne prendra jamais fin, car il faut aller de l'avant dans une nouvelle Grande Marche...

Et le numéro un chinois de rappeler que l'idéal noble du communisme et l'idéal commun du socialisme à al chinoise doivent être respectés, et pour cela, il faut que le peuple abandonne la complaisance, l'idée de rechercher le confort et la réticence au travail dur.

Avec donc un retour d'une forme de culte de la personnalité ?

C'est ce que pense le Straits Times, le quotidien de Singapour estime que Xi Jingping compte renforcer la personnalisation de son pouvoir pour parvenir à ses fins, d'où les constantes références à Mao et à Deng Xiaoping. Pour le Straits Times, Xi Jingping veut marteler le message qu'il est nécessaire d'avoir un leader fort derrière qui le parti et le pays se rangent, afin d'éliminer plus facilement ses rivaux. Rien de neuf en fait dans un système de parti unique.

Mais l'Irish Times prévoit cependant une âpre lutte de pouvoir en coulisse. Car en filigrane de cette tentative de contrôle total du parti, il y a le maintien au pouvoir de Xi Jingping pour un troisième mandat au-delà de 2022, date officielle de la fin de sa direction du PCC. Dans ce cadre, pour le journal de Dublin, la lutte anti-corruption n'est qu'un prétexte. La présence, ou non, d'alliés fidèles de Xi Jingping au sommet du PCC sera donc capital dans cette volonté de rester au pouvoir en 2022. Pari pas forcément gagné, car comme le souligne l'Irish Times, il va falloir remplacer 11 des 25 membres du Politburo...D'où la lutte féroce derrière les portes closes de l'hôtel Jingxi...

Et cela risque effectivement d'être sanglant pour le Christian Science Monitor. Le journal de Boston estime que c'est même la survie du Parti Communiste Chinois qui est en jeu. Les Chinois ayant répondus favorablement à sa politique de lutte contre la corruption, Xi Jingping est condamné à en faire toujours plus dans les arguments populistes. Sauf que le Parti lui freine des quatre fers, surtout les pontes régionaux.

C'est pour cela, souligne le Christian Science Monitor que Xi Jingping répète que sa mission est de remettre le Parti en ordre de bataille derrière ses valeurs et une discipline de fer, afin d'éviter une décomposition à la soviétique. C'est pour cela qu'il dramatise les enjeux, y compris avec un discours nationaliste, populiste et nostalgique de l'époque de Mao.

Tout cela, c'est bien beau...mais qu'en est-il de l'économie ?

Et c'est la question que pose le site de la BBC qui rappelle que si les considérations politiques et de lutte pour le pouvoir vont dominer les débats, cela n'exempte pas les dirigeants communistes de trouver, et rapidement, des réponses aux problèmes économiques brûlants du pays. Les arrestations individuelles pour corruption ne suffiront pas estime la BBC. Le chômage se répand dans l'industrie avec sa cohorte de millions de travailleurs sans emplois qui retournent dans les campagnes, sa croissance qui ralenti et les consommateurs urbains chinois qui s'endettent dangereusement. Tout cela est aussi important pour la Chine que les luttes internes pour le pouvoir suprême...

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