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Localisation du centre commercial de Munich où la fusillade a eu lieu

L'Allemagne face à une vague de violence

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L'Allemagne une fois de plus frappée par un acte de violence extrême, le 4e en une semaine. C'est la Bavière qui est la plus touchée et cela inquiète la presse internationale

Localisation du centre commercial de Munich où la fusillade a eu lieu
Localisation du centre commercial de Munich où la fusillade a eu lieu Crédits : Visactu - Radio France

C'est à la une du quotidien Nordbayern :  un réfugié syrien de 27 ans est mort dans une explosion qu'il a déclenchée à Ansbach en Bavière. L'entrée au festival de musique d'Ansbach lui avait été refusée par deux fois précise Nordbayern et il avait déjà tenté par deux fois de se suicider. Sa demande d'asile lui avait été refusée. Les autorités bavaroises n'excluent aucune piste y compris celle de l'attentat islamique.

Peu de temps avant ce nouvel incident violent à Ansbach, le New York Times avait publié une carte d'Europe avec Nice, 14 juillet, Würzburg, 18 juillet, 5 blessés dans un train, Munich, 22 juillet et Reutlingen, près de Stuttgart, 24 juillet avec un réfugié syrien de 21 ans qui a tué une femme à la machette. La Stuttgarter Zeitung expliquant que la victime travaillait dans un restaurant de kebab et qu'elle avait eu un différent avec le tueur.

Les évènements tragiques, se déroulent de plus en plus vite, il est donc de plus en plus difficile de faire le point.

Le quotidien québécois la Presse revient pourtant sur l'enquête de Munich, avec une tuerie préparée de longue date, depuis un an et avec l'interpellation d'un ami du tueur, un adolescent de 16 ans, pour non-dénonciation de crimes. Toujours dans le quotidien montréalais, on lit que David Ali Sonboli souffrait de troubles psychiatriques et qu'il était obsédé par les tueries de masse.

Le quotidien de Lausanne, le Temps précise qu'un portrait du tueur norvégien Anders Breivik, a été retrouvé sur le profil WhatsApp du jeune David qui a attaqué les clients du MacDo de Munich un 22 juillet comme Breivik à Utoya.

Toujours dans les médias suisses, le site internet de la RTS rapporte cet échange virulent et surréaliste, diffusé par une télévision allemande entre le tireur et un homme posté sur son balcon au dessus du centre commercial Olympia à Munich. L'homme de 57 ans lui criant :"crétin, tu devrais être en asile" et le tueur de répliquer "Je suis allemand, j'étais en traitement hospitalier". L'homme précisant qu'il avait entendu des coups de feu et avait vu le garçon avec un pistolet et qu'il avait alors jeté une bouteille de bière en sa direction...

L'Allemagne s'interroge désormais sur les mesures à prendre pour éviter de nouveaux drames...

Radio Canada évoque le débat sur le contrôle des armes en Allemagne, un pays où la législation est pourtant l'une des plus restrictives d'Europe. Dans Bild le ministre de l'intérieur fédéral, Thomas de Maizière déclare que le gouvernement prévoit de réexaminer les lois encadrant la vente d'armes et si nécessaire de les améliorer, même s'il estime que les lois actuelles sont adaptées.

Cependant le Guardian rappelle que l'Allemagne est le pays où les particuliers possèdent le plus d'armes par habitant en Europe et le 4e au monde. Il y a plus d'armes légalement détenues par tête en Allemagne, qu'en Afrique du Sud ou au Mexique précise le quotidien londonien qui ajoute que pour posséder le pistolet Glock qui a servi au massacre, il faut normalement avoir plus de 18 ans, un an d'attente et une évaluation psychologique.

Sauf que comme l'explique la Süddeutsche Zeitung derrière cette attaque se cache le darknet. Cette face cachée du net que les moteurs de recherche classiques ignorent et où le tueur a acheté son pistolet.

Quel est ce monde, demande le quotidien de Munich, où un garçon de 18 ans peut se procurer des armes à feu sans être remarquer par les forces de l'ordre ?

Alors que faire ? Le Daily Mail nous apprend que l'Allemagne se prépare à déployer des soldats en armes dans ses rues, comme en France. Sauf que, pour le quotidien londonien, c'est le dernier tabou post-nazi qui saute. Mais le ministre bavarois de l'intérieur, Joachim Hermann estime que l'Allemagne n'en est plus à l'époque de la République de Weimar et que désormais le pays est une démocratie parfaitement stable.

Comment vivre avec cette menace permanente ?

Le quotidien norvégien au plus fort tirage du pays VG affirme que les Munichois, malgré une ambiance très tendue parviennent jusqu'à présent à surmonter leur douleur et à rester unis malgré la tragédie.

De Volkskrant à Amsterdam rappelle qu'au-delà des réactions personnelles, de ceux qui ont peur et de ceux qui refusent la peur, il faut désormais accepter d'être plus prudent qu'auparavant et le quotidien néerlandais de rappeler que tout le monde aurait pu ce jour là se trouver dans le centre commercial.

Un sentiment commun à toute l'Europe, décrit par le quotidien suédois Svenska Dagbladet qui dans un éditorial sur le bonheur et la sécurité, estime qu'il y a cet été, face à tous ces morts, la tentation de passer des vacances entourées de ses proches, loin de la foule. Une foule d'où peuvent surgir des fous, religieux ou pas, qui peuvent transformer à tout instant un lieu idyllique en champ de bataille.

Paris, Nice, Munich, poursuit le journal de Stockholm, sont des lieux familiers qui nous avons visités un jour et nous voulons des réponses pour savoir vers où notre monde se dirige. Même si, conclut Svenska Dagbladet, la société ouverte est le prix à payer pour la démocratie qui reste le plus beau mot qui existe.

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