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Tee-shirt de campagne d'un militant pro Trump

La bataille entre Clinton et Trump s'annonce épique

6 min

Chaque matin, l’actualité vue au travers de la presse étrangère. Aujourd’hui : l'ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton a perdu, dans les sondages, la large avance qu'elle avait sur le milliardaire new-yorkais Donald Trump.

Tee-shirt de campagne d'un militant pro Trump
Tee-shirt de campagne d'un militant pro Trump Crédits : TERI MCCLAIN / CITIZENSIDE - AFP

Lundi, la semaine avait débuté aux Etats-Unis avec une journée un peu spéciale, celle de la Fête du travail. Or même si le « Labor Day » n'a pratiquement plus de signification politique particulière, il se trouve que la célébration de ce jour chômé marque traditionnellement (et assez paradoxalement) la rentrée après les vacances d’été. Quoi qu'il en soit, c'est donc à l'occasion de ce jour férié qu'Hillary Clinton avait choisi d'anticiper sa rentrée politique avec deux meetings, l'un dans l'Ohio et l'autre dans l'Illinois. Et c'est ainsi qu'à bord de son avion, la candidate démocrate en a notamment profité pour échanger avec la quarantaine de journalistes voyageant avec elle, déclarant, qu’elle était « prête et même plus que prête à relever le défi de cet automne ». Dans la cabine exigüe, l'ex secrétaire d'Etat a répondu longuement aux questions. Rien d'extraordinaire, a priori, du moins si l'on se place dans la dernière ligne droite d'une campagne présidentielle où l'objectif est d'abord d'être visible. Sauf que dans le cas de la candidate démocrate, la démarche a pris un relief particulier. Et pour cause, puisque sa dernière conférence de presse remontait au ... 5 décembre 2015. Or ces dernières semaines, son refus obstiné de se plier à l'exercice alimentait les critiques sur son manque de transparence. Des compteurs en ligne tenant le compte scrupuleux de ses journées "sans" (conférences de presse) avaient même vu le jour. Et surtout le camp de son adversaire républicain s'était, lui aussi, engouffré dans la brèche. Au point que Donald Trump, précise THE NEW YORK TIMES, était allé jusqu'à pointer l'agenda (d'une maigreur évidente) des événements de campagne de Mme Clinton, pour suggérer qu'elle se cachait des électeurs.

Toujours est-il que lundi, l'avion frappé d'un immense H traversé d'une flèche avait à peine atterri, qu'un débat sémantique a aussitôt surgit : ces échanges en altitude constituaient-ils une véritable conférence de presse ? Les journalistes eux-mêmes semblaient divisés. Alors que THE WASHINGTON POST, prudent, jugeait que cela y ressemblait, le site POLITICO estimait, pour sa part, que la candidate avait bien tenu, là, sa première conférence de presse en 275 jours.

Et puis hier, une nouvelle étape a été franchie. Sur le Tarmac de l'aéroport de White Plains, dans l’État de New York, Hillary Clinton a jugé bon, pour la seconde fois de la semaine, de rééditer l'exercice avec cette fois-ci podium et micro. En d'autres termes, si jusqu'à hier, la quasi-disparition d'Hillary Clinton de sa propre campagne avait fait émettre l'hypothèse qu'elle jouait la montre, considérant son avance comme suffisamment substantielle pour regarder la campagne de Trump s'autodétruire, commente le magazine SLATE, désormais, il semble que celle qui espère devenir la première femme présidente de l'histoire américaine ait choisi de mettre enfin à terme au compteur peu flatteur de ces 9 mois sans conférence de presse.

L’avance de Clinton sur Trump s'est considérablement réduite

Mardi, après le vrai-faux sondage de FiveThirtyEight le donnant en tête dans l'Ohio, Donald Trump a dû se lever, cette fois-ci, du bon pied en découvrant un sondage national de CNN lui donnant deux points d'avance sur Hillary Clinton. Plus surprenant, le populiste y est même jugé plus honnête et digne de confiance que son adversaire démocrate, toujours empêtrée dans l'affaire de ses e-mails. Et oubliant pour l'occasion son dégoût de la chaîne américaine d'information, Trump s'est, bien évidemment, empressé de partager ce résultat sur son compte Twitter avec ce mot : merci!

En revanche, pas sûr qu'il ne soit aussi enclin et heureux de partager le long article du WASHINGTON POST qui, lui, s'est associé à une autre société de sondages pour recueillir des avis dans les 50 États. On y découvre qu'Hillary Clinton est largement devant dans 19 États et le district de Columbia, soit un total de 224 votes du Collège électoral, sur les 270 nécessaires pour s'installer à la Maison-Blanche. Donald Trump est lui en tête dans 19 autres États, mais cela ne lui rapporterait que 120 votes, le 8 novembre prochain. En revanche, dans les douze États restants (totalisant 194 votes), la course semble encore trop serrée.

La campagne électorale américaine est marquée par une imprévisibilité inédite : Donald Trump reste en selle

Malgré une carte électorale et une démographie qui lui sont très favorables, Hillary Clinton n’arrive pas, pour l’heure, à conforter sa position de favorite. Reste qu'au chapitre toujours des surprises, si aux États-Unis il est de coutume que les comités éditoriaux des grands journaux choisissent officiellement un candidat aux présidentielles, cette année, plusieurs quotidiens pro-républicains depuis des décennies ont refusé d'apporter leur soutien à Donald Trump. Le dernier en date, repéré par le magazine SLATE, est le DALLAS MORNING NEWS, qui, après avoir appelé à voter républicain depuis 1968, a choisi cette année de s'abstenir. Le quotidien a publié cette semaine un article intitulé : Donald Trump n'est pas un républicain et se terminant par une condamnation cinglante du candidat. Donald Trump n'est pas qualifié pour être président et il ne mérite pas votre vote.

Le HOUSTON CHRONICLE, un autre journal texan habitué à soutenir les républicains, avait déjà, lui aussi, franchi cette ligne et appelé cette fois-ci même à voter pour la candidate démocrate. Enfin plusieurs autres quotidiens qui avaient pourtant soutenu Mitt Romney en 2012 ont eu la même réaction. C'est le cas en particulier du NEW YORK DAILY NEWS. Le tabloïd new-yorkais n'a pas hésité à qualifier les supporters de Trump de zombies sans cervelles.

Ces différentes prises de position sont-elles, pour autant, de nature à présager de l'issue du vote ? C'est vrai qu'on ne compte plus les articles écrits par des commentateurs républicains expliquant que Clinton est préférable aujourd'hui à Trump. Récemment encore, un article publié dans THE WALL STREET JOURNAL expliquait que la candidate démocrate était le seul espoir pour les conservateurs car la droite peut survivre à des présidents de gauche, mais Trump, lui, tuera ses meilleures idées pour toute une génération.

Par Thomas CLUZEL

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