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Un ingénieur des eaux de la ville porte un morceau du "fatberg", obstruant les égouts de londres

La galerie des horreurs

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C'est le plus gros amas de graisse jamais découvert dans les égouts de Londres. La compagnie des eaux estime qu'il lui faudra trois semaines pour évacuer ce monstre de 130 tonnes. Le Musée de Londres souhaite, lui, en acquérir un échantillon pour sensibiliser la population au tri des déchets.

Un ingénieur des eaux de la ville porte un morceau du "fatberg", obstruant les égouts de londres
Un ingénieur des eaux de la ville porte un morceau du "fatberg", obstruant les égouts de londres Crédits : ADRIAN DENNIS - AFP

Imaginez un monstre, répugnant et nauséabond, pesant 130 tonnes et mesurant 250 mètres de long. Cette créature, découverte cette semaine dans les égouts de Londres par des employés de la compagnie des eaux de la capitale, a été baptisé par la presse britannique «fatberg», un néologisme formé à partir des mots «fat» (graisse) et «iceberg». Voilà trois jours, maintenant, que cet énorme amas graisseux, constitué de déchets jetés dans les toilettes et les lavabos (couches, lingettes, préservatifs et autres serviettes hygiéniques) obstrue les égouts de la capitale. Et les ingénieurs de la compagnie des eaux tablent sur au moins trois semaines pour désagréger chaque millimètre de ce bloc de graisse et remporter ainsi sur ce qu'ils appellent désormais la «guerre des égouts». Mais surtout, alors que le monstre n’a pas encore été évacué, voilà que déjà il intéresse les spécialistes du patrimoine. Selon THE GUARDIAN, le conservateur en chef du Museum of London aurait pris contact avec l’entreprise en charge du chantier de nettoyage afin d’acquérir un échantillon congelé du spécimen. Objectif : attirer l’attention sur la façon de vivre en ville à l’époque moderne. «Le fatberg nous parle de la dégradation de nos infrastructures, alors même que nous sommes à un moment de transition entre les époques», explique le directeur du musée dans les colonnes du quotidien. «Mais lorsque nous aurons enfin résolu ce problème, alors le fatberg passera peut-être pour un objet d’histoire», précise-t-il. Et c'est ainsi que les équipes du musée cherchent, à présent, à savoir comment elles pourraient réussir à conserver un bout du monstre sans indisposer, visuellement mais surtout olfactivement, les futurs visiteurs.

Un monstre d'un tout autre genre, à présent, devenu lui une icône. Son nom : Bachar El-Assad. Le quotidien de Beyrouth L'ORIENT LE JOUR, repéré par le Courrier International, nous raconte comment dans les smartphones des sympathisants d'extrême droite, les photos du boucher de Damas remplacent désormais, bien souvent, les posters d’Hitler et de Mussolini jadis affichés sur les murs de leur chambre. C'est le cas, par exemple, du suprémaciste blanc américain qui, le 12 août dernier, a foncé au volant de sa voiture sur des manifestants antiracistes à Charlottesville. Parmi les photos de croix gammées ou d’Adolf Hitler nourrisson postées sur le compte Facebook du meurtrier figurait, aussi, celle du président syrien, barrée de la mention «invaincu». Dès-lors, comment expliquer qu’un Américain d'à peine 20 ans, originaire de l’Ohio, puisse afficher fièrement sur les réseaux sociaux le portrait de Bachar El-Assad, avec une annotation sans équivoque ? Pour le journal libanais, il n'y a rien de surprenant à cela. Pourquoi ? Parce que depuis le début du conflit en Syrie, Bachar El-Assad fascine tous les courants d’extrême droite en Occident, au point d’en être devenu l’un des symboles. La vision de l’extrême droite occidentale du conflit syrien est qu’il y a un régime qui impose l’ordre et la stabilité, face à des indigènes de couleur et de race inférieure. Et dans cet imaginaire collectif le président syrien est devenu l’un de leurs modèles : il représente une figure, celle de l'homme assiégé par ceux dont ils estiment qu’ils sont leurs ennemis, comprenez les islamistes et les mondialistes. Face à une internationale islamiste qui combat le régime, se trouve une internationale nationaliste autoritaire d’extrême droite. En Europe, par exemple, qu'il s'agisse du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), d'Aube dorée en Grèce, de Forza Nuova en Italie, mais aussi des nationalistes polonais, espagnols ou belges, sans oublier le Front National, tous affichent leur soutien au régime d'Assad.

Bien évidemment, l'un des principaux arguments servant à justifier ce soutien reste la lutte contre Daech. Et de fait, aujourd’hui, on estime que l'organisation Etat Islamique a perdu 85% de son territoire en Syrie et 90% en Irak. Pour autant, alors que l'organisation djihadiste a perdu l’essentiel de son territoire, elle s’emploie aujourd'hui à recycler sa fortune, nous apprend ce matin LE TEMPS. Malgré les bombardements, l’EI continue, par exemple, d’extraire, de raffiner et de vendre du pétrole. Et ce à un prix d’autant plus élevé que la demande est très forte, non seulement dans les alentours mais aussi dans les zones tenues par … le gouvernement syrien lui-même. Et puis parallèlement à l’exploitation du pétrole, Daech a déjà largement adapté son «modèle économique» à la perte progressive de son territoire. Cette attrition implique une révision à la baisse des ambitions étatiques, et donc une baisse mécanique des dépenses de l’administration. Par ailleurs, Daech organise désormais une vaste fuite de ses capitaux. Le système, une sorte de transfert de fonds façon Western Union, permettrait à l’EI de disséminer sa fortune, non seulement dans la région, mais aussi en direction du Sahel, du Caucase et surtout de certains pays d’Europe. Un moyen idéal pour l’EI de rendre cet argent impossible à tracer, avec le risque réel, notamment pour l'Europe, que ce nouvel influx de fonds serve à financer le terrorisme.

Enfin preuve que le monstre vit encore, Daech a revendiqué hier un double attentat en Irak. Au moins 74 personnes ont été tuées et 93 autres blessées. Il s'agit de l'attaque la plus sanglante depuis la reprise, en juillet dernier, de la ville de Mossoul à l'organisation djihadiste. Preuve surtout, écrit THE WASHINGTON POST, que la perte de territoire n'a pas affecté de manière significative la capacité de Daech à faire régner la terreur sur une échelle certes plus petite, mais toujours mortelle. L'organisation terroriste est en train d'entreprendre une transition vers l'insurrection. Et en ce sens, conclue le journal, elle ne semble pas très perturbée par ses pertes territoriales.

Enfin un autre monstre signe lui son retour, ce matin, à la Une des journaux. Ce monstre dont la petite taille tranche avec sa détermination toujours grandissante à faire trembler la planète c'est, évidemment, Kim Jong-un. La Corée du Nord a répliqué par le feu, cette nuit, au dernier train de sanctions de l'ONU, en tirant un missile balistique au dessus du Japon, sur une distance semble-t-il inédite. Des millions de Japonais ont été aussitôt brutalement réveillés par les sirènes et des textos d'alerte, raconte ce matin THE WASHINGTON POST. «Lancement de missile! Mettez-vous à l'abri», ont hurlé les haut-parleurs dans le sud d'Hokkaido. Dans l'immédiat, rien n'indique que des débris soient tombés en territoire japonais. Seule certitude, précise de son côté le journal de Floride NORTHWEST DAILY NEWS, il y a déjà plusieurs décennies, la dynastie Kim a pris la décision que la seule façon d'assurer sa survie était de devenir une véritable puissance nucléaire. C'est tragiquement chose faite. Ou dit autrement, selon son confrère YANKTON DAILY PRESS & DAKOTAN, le pire reste à venir.

Par Thomas CLUZEL

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