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La presse internationale rebondit sur les "Nauru files" révélés par le Guardian

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Le quotidien britannique a publié 2000 rapports qui recensent des centaines de cas d'abus à l'encontre des migrants refoulés par l'Australie et relegués sur l'ile de Nauru, micro-etat insulaire du Pacifique

2000 rapports en tout publiés par The Guardian et relayés par exemple dans la Tribune de Genève . Des documents qui recensent des centaines de cas d'abus à l'encontre des migrants refoulés par l'Australie et relégués sur l'île de Nauru, micro-Etat insulaire du Pacifique.

L'affaire n'est pas nouvelle, rapporte le quotidien suisse, les organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent régulièrement la situation mais il s'agirait là de la plus grosse fuite de documents de l'intérieur des services de l'immigration : témoignages de médecins, de professeurs et d'assistants sociaux qui couvrent une période de deux ans, entre août 2013 et octobre dernier

Et dans les 2116 rapports analysés, les enfants constituent la moitié des victimes reprend l'autre quotidien suisse, le Temps. Des abus sexuels et des mauvais traitements qui conduisent souvent à des automutilations.

Des documents qui n'étonnent ni le Haut Commissariat aux Réfugiés ni Amnesty International. Anna NEISTAT, directrice de recherche pour l'organisation, assure avoir eu accès à une partie des rapports "Mais le plus terrible poursuit elle dans les colonnes du journal _c'est que le gouvernement australien auss_i"

Et de nombreuses voix s'élèvent pour condamner l'attitude du gouvernement australien. The Guardian note qu'après ses révélations, les Nations Unies et une douzaine d'associations ont demandé au gouvernement australien d'agir pour arrêter cette souffrance des demandeurs d'asile; beaucoup exigent aussi une commission royale, la forme d'enquête la plus aboutie dans le pays.

C'est ce que demande le Greens Party dont la porte parole, Sarah HANSON-YOUNG estime dans le quotidien britannique que le gouvernement ne peut feindre l'ignorance sur ces abus institutionnalisés. "Ce n'est pas une nouvelle information pour l'actuel ministre de l'immigration, ni pour l'ancien responsable. Ce n'est pas non plus une nouvelle information pour le 1er ministre. La triste vérité, 'est que le gouvernement ferme les yeux consciemment sur les dégâts causés par cette volonté de stopper les bateaux des migrants "

Puisque le New York Times le rappelle : les migrants qui tentent d'arriver en Australie sans un visa valide sont renvoyés, notamment vers Nauru et même ceux qui ont le statut de réfugiés se voient refusés l'accès en Australie. Une politique qui a mené à tous ces abus estime dans le quotidien américain, Elaine PEARSON, la directrice de Human Right Watch en Australie. "Le fait que les incidents n'aient cessé de se multiplier est la preuve que c'est une volonté délibéré du gouvernement australien de dissuader ceux qui voudraient arriver . Cette politique de dissuasion s'appuie sur la souffrance des réfugiés dans les camps offshore."

Mais "Malcom Turnbull, le chef du gouvernement, écarte toute demande d'investigation " titre The Australian. En assurant que le gouvernement fera sa propre enquête pour voir s'il y a des plaintes ou des problèmes qui n'auraient pas été correctement traités. Le gouvernement qui insiste encore : ces rapports ne concernent pas des faits, mais seulement des allégations Et le ministre de l'immigration dans le pays Peter Dutton d'affirmer que beaucoup ont dû faire de fausses déclarations et que ceux qui s'automutilent le font dans le seul but de parvenir en Australie

"le gouvernement est accro au secret" affirme sur la radio publique australienne ABC  le chef des travaillistes, Bill Shorten." La transparence est le meilleur moyen de s'assurer que les gens qui sont placés sous notre responsabilité sont traités de manière convenable.L'Australie doit tout faire pour qu'ils soient en sécurité"

Une culture du secret qui inquiètent les responsables des droits de l'homme dans le pays poursuit le site internet d'ABC."On doit réfléchir au rôle important joué par les lanceurs d'alerte qui ont permis à ces informations d'être publiés aujourd'hui , prévient Hugh de Krester, le directeur exécutif du centre des droits de l'homme, ce que l'on observe depuis 2013, depuis que la coalition libérale-nationale est arrivé au pouvoir, c'est une intensification du secret et une attitude agressive envers les lanceurs d'alerte. Il faut absolument ouvrir le système pour l'examiner."

Et les voisins de l'Australie veillent aussi. Le premier ministre néo zélandais demande des explications à la haute commission de Wellington et sollicite un sommet entre les deux pays explique Radio New Zealand  "Nous devons être attentifs affirme John Key, l'Australie est notre plus proche allié"

Et le directeur d'Amnesty dans le pays rive le clou "ces violations des droits de l'homme sont parmi les plus puissantes et cyniques en cours aujourd'hui dans les pays occidentaux Si la Nouvelle Zélande rappelle à l'ordre des pays comme l'Arabie saoudite ou l'iran, elle doit le faire encore plus avec ses amis."

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