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La presse italienne tire à boulets rouges sur la gouvernement français à propos du dossier STX

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À retrouver dans l'émission

Un éditorial signé Adriana Cerretelli donne le ton, dans les colonnes 'Il Sole 24 ore", journal économique qui est un peu l"équivalent des Echos dans les milieux d'affaires italiens. Edito titré "Macron ne relance pas mais divise l'Europe".

Cette spécialiste des dossiers européens fustige le double langage du président français, véritable Janus : d'un côté, apôtre de la relance européenne, de l'autre héraut du nationalisme économique.

Comment comprendre, ajoute-t-elle, que la France décide arbitrairement de faire sauter un accord industriel européen au nom de la sauvegarde d'intérets stratégiques alors que personne n' a songé à stopper la conquête de Telecom Italia par Vivendi devenu 1er actionnaire du groupe, alors qu'il s'agit là aussi d'un secteur stratégique ?

Adriana Cerretelli écrit encore : " Plus les semaines passent, plus le macronisme montre un visage vieilli, celui d'une France, de la France de toujours avec ses instincts dirigistes, étatiques, protectionnistes et souverainistes". Européiste par intermittences quand cela l'arrange".

On retrouve les termes de ce réquisitoire anti-Macron dans le communiqué commun signé hier par les ministres italiens de l'Economie et de l'industrie, prise de position reprise notamment par le Wall Street Journal : "Le nationalisme et le protectionnisme ne constituent pas une base acceptable pour établir des relations entre deux grands pays européens. Si l'on veut faire aboutir des projets partagés, encore faut -il qu'il y ait de la confiance mutuelle et du respect".

Un ressentiment anti-français qui s'explique aussi par des relations économiques déséquilibrées entre les deux pays.

Un autre article d'Il Sole (24 Ore) replace le dossier STX dans le contexte des relations économiques entre les 2 pays. Et les choses sont claires, écrit Marigia Mangano : entre 2006 et 2016, la France a investi plus de 52 milliards d'euros en Italie, contre seulement 7 milliards 6 dans l'autre sens. Un rapport de 1 à 7.

Et de dresser la liste impressionnante des conquêtes françaises de ces dernières années : dans la finance, la BNL, Banca Nazionale del Lavoro, 6ème acteur du marché bancaire italien, devenue filiale de la BNP. Dans les médias et télécommunications, le groupe Vivendi de Vincent Bolloré devenu 1er actionnaire de Telecom Italia et le 2ème de Mediaset, le groupe de la famille Berlusconi. Dans l'agro alimentaire, le groupe Parmalat avalé par Lactalis et dans le luxe, le joailler Bulgari dévoré par LVMH.

La colère exprimée par des membres du gouvernement italien traduit une exaspération grandissante face à ce grignotage industriel et financier, a fortiori quand il touche des secteurs stratégiques comme l'énergie. EDF par exemple qui a pris le contrôle total de l'italien Edison. Et le capital d'EDF, c'est l'état français à 83%.

Une manière de renvoyer à l'expéditeur l'argument d"'Emmanuel macron sur le dossier STX selon lequel il s'agit de "défendre les intérêts stratégiques français dans la construction navale".

La Maison Blanche ressemble de plus en plus à la cour du roi Pétaud

Chaque jour qui passe amène son lot d'insanités. Dernières en date, les éructations d'Anthony Scaramucci, le tout nouveau directeur de la communication de la présidence.

Ryan Lizza, journaliste du New Yorker raconte dans un article aussi amusant qu'inquiétant avoir reçu mercredi soir un coup de fil de Scaramucci qui lui demandait de qui il tenait certaines informations, à propos d'un dîner avec Donald Trump. Information somme toute assez anodine. Bien entendu, Ryan Lizza lui a répondu qu'il n'avait pas à révéler ses sources.

A partir de là, Scaramucci est parti dans une diatribe paranoïaque, qu'il virerait toute l'équipe de communication de la Maison blanche s'il le fallait. Avant de s'en prendre à son ennemi préféré, Reince Priebus, le secrétaire général de la Maison blanche : "Reince is a fucking paranoid schizophrenic", ce qui se passe, je pense, de traduction. Scaramucci le soupçonne d’être à l'origine de la publication de sa déclaration de revenus par le site d'information Politico. Et il va jusqu'à menacer de saisir le FBI et le département de la justice pour éclaircir cette histoire. Ce qui ne l’empêche pas quelques heures plus tard, en direct à la télévision, de démentir ses propos et de déclarer qu'en fait il souhaite travailler avec Priebus pour débusquer les traîtres... Bref, du grand n'importe quoi.

Sans compter entre temps des tweets intempestifs qui font de lui un disciple de son boss, Donald Trump.

Doonald Trump, justement, fait l'objet quant à lui des foudres de Ross Douthat, éditorialiste au New York Times. Il parle d'une "Trump tower de la folie absolue", à propos de la campagne menée par le locataire de la Maison blanche contre son ministre de la Justice Jeff Sessions, qui fut l'un de ses fidèles soutiens au moment de la campagne présidentielle. Donald trump veut sa peau parce qu'il lui reproche de s'être récusé dans l'enquête sur l'ingérence de Moscou dans l'élection américaine et les éventuelles complicités au sein de l'équipe Trump.

Ross Douthat dans son édito, parle de "monument, de stupidité et de folie ".

Si l'on constatait un tel comportement erratique et irrationnel chez n’importe quel autre président, on parlerait d'incapacité mentale, on spéculerait sur un accident vasculaire cérébral... "

Des errements qui indisposent et divisent de plus en plus dans le camp républicain. Comme en témoignent les derniers atermoiements d'un certain nombre de sénateurs pour son projet d'abrogation de l'Obamacare.

Comme quoi, la cour du roi pétaud déborde de la Maison blanche et répand son désordre au capitole.

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