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La revue de presse internationale

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Algérie :"des images qui s'écoutent ?"La revue de presse par Mathieu LaurentLa presse algérienne est riche de commentaires ,points de vue ,réglements de compte et élements de contexte quelques jours après une apparition .C'était Lundi dernier -lit-on dans les colonnes du quotidien Liberté"-Lundi dernier, le chef de l’État a présidé une réunion dont l’ordre du jour était le texte du projet de Constitution. Autour de la table étaient présents le Premier ministre, le directeur de cabinet de la présidence, le ministre de la justice et deux anciens présidents du conseil constitutionnel, Tayeb Bélaiz et Boualem Bessayeh, tous deux conseillers du président Bouteflika. Mais c’est surtout la présence d’Ahmed Gaid Salah, chef d’état-major de l’armée et vice- ministre de la défense qui a donné lieu à des lectures. Des images qui répondent à un objectif évident de mise en scène. Il s’agissait, en effet,de montrer à l’opinion publique que le président Bouteflika assume ses attributions constitutionnelles. Qu’il est en phase avec les soubresauts de la scène politique. Qu’il est surtout le chef incontesté.Tout le monde aura compris que le message subliminal des images de la réunion se décline comme d’abord une réponse au groupe des “19-4” pour qui le Président serait pris en otage par un clan.19 personnalités ont en effet écrit au président le 7 novembre dernier .La question est de savoir si ces images ont produit leur effet.“Bouteflika doit parler” N’ayant pas reçu de réponse un mois et demi après leur demande d’audience, Zohra Drif-Bitat moujahida ancienne condamnée à mort par le pouvoir colonial et Khalida Toumi ancienne ministre de la Culture ,toutes deux membres des “19-4”, rappellent que “la Constitution stipule que le Président s’adresse directement à la nation et non pas à travers des intermédiaires.Khalida Toumi a eu droit aux foudres de ces intermédiaires qui l'ont accusé de corruption , moyennant quoi ,elle persiste et signe : “Quelles que soient leurs intentions, nous ne reculerons pas d’un pas.” “des gens qui en arrivent là, c'est-à-dire à agir en bande mafieuse, c’est qu’ils déclarent au monde entier qu’il n’y a plus d’État algérien”.Bouteflika doir parler!Des paroles certes ,mais seuls les actes comptent .Depuis deux ans ,le président mène une opération de démembrement des services secrets et, en septembre dernier,elle a conduit à la mise à la retraite de leur patron:cinq ans de prison infligés au général Abdelkader Aït Ouarabi, dit Hassan, figure de la lutte anti-terroriste, patron du Scorat (unité d’élite du renseignement),peine prononcée par la justice militaire le 26 novembre dernier pour « destruction de documents » et « infractions aux consignes générales ».Alors l'inimaginable est arrivé -écrit adlène Meddi dans un blog hébergé par le Figaro .Mohamed Médiène alias Toufik l'ex patron, des services secrets algériens durant les 25 années les plus dures de l'Algérie ,au centre névralgique du pouvoir depuis plus de 50 ans Toufik a parlé et il se dit consterné par le verdict ."J'ai estimé" qu'il était de mon devoir de faire connaitre mes appréciations .."Moins inattendu .. le rival de Bouteflika à la présidentielle de l'an dernier Ali benflis donne une interview au Journal Le Matin. Question de Mohammed Benchicou et Hamid Arab :Quels objectifs vise réellement Abdelaziz Bouteflika ? Un pouvoir vacant peut-il avoir des objectifs, une vision ou un projet pour le pays ? Naturellement et évidemment non. Ceux qui gravitent autour de ce vide qu’est devenu le sommet de l’Etat n’ont qu’une obsession, celle de durer le plus longtemps possible.Ils s’aperçoivent actuellement que l’affaire n’est pas si simple. Par temps calmes, ils ont cru pouvoir durer autant qu’ils le voudraient ; mais par ces temps agités que vit le pays, l’objectif de durée devient de plus en plus difficile à tenir.Ali Benflis enchaîne : " Où est passé tout l’argent que le pétrole a rapporté ? Pourquoi les pauvres seraient-ils les seuls à supporter le fardeau de la crise alors que les riches en sont exonérés ? Comment une gouvernance qui a lamentablement échoué même en disposant d’une manne financière sans précédent pourrait-elle réussir maintenant que cette manne a disparu ?Les citoyennes et les citoyens commencent à demander des comptes.. et plus que tout ils veulent que les responsabilités dans ce gâchis soient assumées.Hier Le Temps a publié des données livrées par le ministère de l'intérieur et des collectivités locales : près des 2 tiers des 1541 communes du pays sont classées pauvres.El Watan propose un émouvant reportage effectué à Sidi Hamed, Benthala et Soui-dania. El Watan dresse un état des lieux d'une vaste campagne d'éradication de l'habitat précaire menée par la wilaya d'alger .Le témoignage de Ammi Ahmed recoupe celui d’autres relogés qui affirment à l’unisson que des gens parvenaient toujours à s’insinuer dans la liste des bénéficiaires moyennant «maârifa» (relations). La corruption s’en est mêlée avec la complicité de certains chefs de clans au bidonville. Ils ont tripatouillé la liste».Ammi Ahmed regrette, par ailleurs, l’isolement du site. Le transport est encore insuffisant pour une démographie aussi dense. «J’ai une de mes filles qui est femme de ménage dans une unité de la Sonelgaz à Semmar. Pour aller tous les jours là-bas, c’est pénible. Le transport manque cruellement. Il y a au moins 500 personnes qui pointent à l’arrêt chaque matin.Elle doit se lever, la pauvre, à 5h du matin pour rejoindre son lieu de travail, et le soir, c’est encore pire. Elle rentre parfois tard. Depuis qu’elle sort le matin, je reste éveillé jusqu’à ce qu’elle revienne"... Ici, il y a une forte population. Nous sommes à peu près 5000 familles. Si tu as uniquement un jeune désœuvré par famille, cela nous fait 5000 jeunes sans occupation et sans avenir. La plupart d’entre eux ont entre 17 et 25 ans. Qu’est-ce qu’on va faire de tous ces jeunes ?"

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