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La revue de presse internationale

4 min

l'Union européenne à la une de la presse internationale en particulier sur le dossier des migrants...

Interrompues en décembre 2006, en particulier à la demande de Nicolas Sarkozy, le dossier de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne est à nouveau sur la table.

Bruxelles ouvre un nouveau chapitre de négociation, le chapitre 17 sur l'économie et les finances, soit le 8e chapitre d'adhésion ouvert sur les 35 existants.

C'est crise des migrants qui a relancé le processus.

Comme le précise le site de la radio allemande Deutsche Welle, c'est donnant donnant. D'un côté, l'Union européenne débloque la somme de trois milliards d'euros à Ankara pour qu'elle gère les deux millions de réfugiés syriens sur son sol. En clair pour qu'ils y restent et ne viennent pas en Europe, et en échange, Bruxelles rouvre les négociations d'adhésion. Et même si chacun sait que ces négociations vont durer encore des années et qu'aucun élargissement n'est prévu avant 2020, la Turquie prend ce qui est à prendre. Ce qu'explique un responsable turc à la Deutsche Welle : cet accord est bon pour la stabilisation de la région et pour la Turquie. D'autant plus, qu'Ankara a également obtenu d'ouvrir des discussions sur l'allégement des restrictions du régime des visas pour les citoyens turcs dans l'UE.

C'est donc, comme l'explique le site de la chaine saoudienne Al Arabiya, par l'économie que la Turquie relance sa candidature européenne. Ce chapitre 17 concerne en effet les politiques économiques et financières. Mais comme le précise Al Arabiya, même ce chapitre sera compliqué car les Européens ont des inquiétudes sur l'indépendance de la banque centrale turque vis-à-vis du pouvoir.

Cependant la presse turque se veut optimiste. Les médias turcs, favorables à l'adhésion de leur pays à l'UE, voient ce redémarrage des négociations comme un pas en avant.

Un sentiment relayé par l'agence turque Anadolu, qui cite David Lidington, le ministre britannique des affaires étrangères, pour qui l'accession de la Turquie à l'UE favorisera les intérêts stratégiques et économiques de l'UE. On pourrait juste ajouter que dans ce cas, le Royaume Uni devrait rester dans l'Union...

Le quotidien Hürriyet est également satisfait. Pour lui, ce chapitre 17 concerne directement la vie quotidienne des Turcs car il concerne l'emploi, les investissements et les banques. Et le quotidien d'évoquer les chapitres suivants que la Turquie voudrait voir ouvert, ceux qui traitent de l'énergie, des droits fondamentaux, de la justice, de l'éducation et de la culture et de la sécurité extérieure.

Mais quoi qu'il en soit, la presse rappelle qu'il reste encore du chemin en particulier sur le dossier Chypriote...

Belgrade également se rapproche de Bruxelles.

Parallèlement à ce réchauffement entre l'UE et la Turquie, l'Union a ouvert les deux premiers chapitres d'adhésion avec la Serbie.

Un processus rendu possible grâce au réchauffement des relations entre la Serbie et le Kosovo grâce aux accords de 2013 entre Belgrade et Pristina et complétés cet été, en août dernier.

Deux chapitres, le 32 sur les finances et le 35 habituellement ouvert à la fin des négociations car consacrés aux questions diverses mais ouvert dès maintenant pour y parler des relations avec le Kosovo.

Et là comme en Turquie, la presse serbe voit cela d'un bon œil. Politika, le célèbre quotidien de Belgrade estime que c'est un grand jour pour le pays relayant les propos du premier ministre Alexander Vucic qui déclare que la Serbie n'a plus à rêver de l'Europe mais désormais à travailler durement pour y arriver, afin de faire partie de la grande famille des nations européennes.

Et le quotidien Danas de pointer les dates majeures pour ce long chemin : Terminer le processus de négociations en 2019 pour déposer une demande d'adhésion à partir de 2020 lorsqu'une nouvelle commission et un nouveau parlement européen sera désignés. Un calendrier serré, mais possible d'après les propos du premier ministre serbe relayés par le quotidien Kurir.

Europe toujours avec la création d'un corps européen de gardes-frontières...

Il s'agit pour Bruxelles de sauver Schengen en renforçant le contrôle des frontières extérieures de l'Union.

Un corps européens de gardes-frontières et de gardes-côtes a déployer partout aux frontières extérieures de l'UE même chez des pays récalcitrants. Une décision qui fait polémique, car il touche à la souveraineté des états en particulier de certains pour qui le sujet est sensible comme par exemple la Pologne des nationalistes catholiques du parti Droit et Justice.

Le quotidien Rzeczpospolita explique d'ailleurs que le nouveau pouvoir polonais est vent debout contre cette idée qualifiée de choquante par Varsovie.

Le Wall Street Journal explique également que cette proposition rencontre de nombreuses critiques, certains pays membres aimeraient bien que cela soit l'agence Frontex qui continue seule à s'occuper des frontières extérieures et que l'on ne touche pas à leur souveraineté nationale. Sauf que la crise des migrants à démontrée que ces pays ne sont pas en mesure de faire ce travail, seuls...

Et le Wall Street Journal d'expliquer que cette proposition franco-allemande permettrait de déployer rapidement 1 500 gardes-frontières.

Quand l'Union européenne ne fait pas, elle est accusée de ne servir à rien, lorsqu'elle veut faire, on lui répond souveraineté nationale...

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