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La revue de presse internationale

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Ce matin, dans la presse, il est essentiellement question de portes qui s'ouvrent, parfois, mais qui claquent, le plus souvent.

Le dernier courant d'air retentissant a traversé tout l'océan Pacifique, hier, jusqu'à faire trembler les murs de la République de Chine. Le Panama, précise le quotidien USA TODAY, a en effet décidé de rompre ses relations diplomatiques avec son allié historique, Taïwan, au profit de Pékin. Un revers d’autant plus cuisant pour Taipei que c'est au Panama que la présidente taïwanaise avait consacré son premier déplacement à l’étranger. Mais surtout, avec cette nouvelle défection, le nombre d'Etats qui reconnaissent aujourd'hui officiellement Taïwan se réduit désormais comme peau de chagrin. L'île indépendantiste, rivale de son voisin chinois ne compte plus que 20 gouvernements dans son camp, parmi lesquels le Vatican et quelques pays situés, pour la plupart, dans le Pacifique ou en Amérique latine. Et déjà, le magazine FORBES dresse, lui, la liste ce matin des prochains Etats qui pourraient à nouveau lui faire faux bond rapidement, à commencer par le Nicaragua et le Paraguay. De son côté, la revue américaine NATIONAL INTEREST relativise, en revanche, l'importance de cette annonce : Taïwan a juste perdu le Panama au profit de la Chine. Mais au fond, peu importe. Bien sûr, la perte de son allié comporte des implications symboliques (et peut-être même psychologiques), mais elle n'affectera en rien, dit-il, la capacité de l'île de fonctionner comme un État souverain. L’impact réel de cette rupture reste donc marginal. Plus que jamais, conclue le magazine, la capacité de résilience des Taiwanais se mesurera à leur aptitude à conserver des liens officieux, cette fois-ci, avec tous les pays les plus influents, Etats-Unis, Japon et Union Européenne.

Les conséquences de la dispute entre le Qatar et ses voisins du Golfe, en revanche, se mesurent chaque jour un peu plus.

Le Hamas palestinien, en particulier, sera-t-il le premier à payer le prix de cette dispute ? C'est la question posée ce matin dans les colonnes du TEMPS. Depuis trois mois, l'épreuve de force engagée entre le mouvement islamiste et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a placé Gaza au bord du chaos. Exigeant des islamistes qu’ils entrent dans le rang, le président de Ramallah avait déjà décidé de réduire de moitié le salaire des fonctionnaires de Gaza, mais aussi de ne plus financer les installations de santé, de réduire les livraisons de médicaments et de cesser de payer en partie l’électricité consommée par les Gazaouis. Depuis, alors que la température dépasse allègrement les 30 degrés, tout stock de nourriture est devenu impossible, les stations de traitement de l’eau cahotent et les stations de désalinisation, elles, ne fonctionnent tout simplement plus. En clair, l’eau potable vient aujourd'hui cruellement à manquer. Au point que l’économie tourne à présent au ralenti, voire plus du tout, dans un environnement où plus de 40% de la population est au chômage. Il y a quelques jours à peine, d’ailleurs, l’OMS lançait à Genève un cri d’alarme, signalant que la vie de milliers de personnes était directement menacée.

Mais, visiblement, ce n’était pas encore assez pour Mahmoud Abbas, qui accuse le Hamas de se servir de l’argent versé par l’Autorité palestinienne pour consolider son emprise, plutôt que de subvenir aux besoins de la population. Et c'est ainsi que la semaine dernière, Abbas a demandé aux Israéliens de serrer encore la vis et de réduire d’un tiers l’approvisionnement en électricité. D'où cette question : quelle mouche a donc piqué Mahmoud Abbas, qui se montre ainsi prêt à s’aliéner une partie de la population palestinienne ? Réponse : ce durcissement coïncide, en réalité, avec les rencontres entre le président palestinien et le nouveau chef de la Maison-Blanche, dominées par la guerre contre le terrorisme islamiste. S’ajoute, dans la foulée, la lutte lancée, cette fois-ci, par les monarchies du Golfe contre un Qatar accusé, lui aussi, de soutenir le terrorisme. Et voilà comment la combinaison de ces deux évènements s'est transformée en une occasion en or pour l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien, de mettre à genoux les deux millions d’habitants de la Bande de Gaza.

Toujours à la Une de la presse internationale, ce matin, la rencontre hier entre Theresa May et Emmanuel Macron

Ou dit autrement, selon THE WASHINGTON POST, entre Lady Brexit et Monsieur Europe, d'un côté celle qui veut échapper à l'Union Européenne et de l'autre celui qui veut, au contraire, l'encourager. Et d'ailleurs, hier (comme le ministre allemand des Finances l'avait déjà fait un peu plus tôt avant lui dans la journée), le président français a tenu à préciser, en préambule, que «la porte était toujours ouverte», pour que le Royaume-Uni reste dans l'UE. Alors s'agissait-il d'une simple formule de politesse ? Selon THE STRAITS TIMES, il s'agissait là surtout d'un ultime avertissement, car il paraît évident, écrit le quotidien de Singapour, qu'Emmanuel Macron ne montrera aucune pitié à l'égard de Theresa May. Et pour cause, pour la France, les opportunités qu'offrent ce divorce sont immenses, autant économiques que politiques. Économiquement, d'abord, Paris y trouvera une chance unique d'exploiter des emplois qui, jusque-là, faisaient le bonheur du Royaume, tant dans les domaines de la finance que de l'industrie. Et puis politiquement, ensuite, Emmanuel Macron pourra se draper dans sa propre conscience de jouissance morale en faisant valoir que la Grande-Bretagne a choisi son propre sort, là où lui est uniquement motivé par le désir de protéger le projet européen.

En fin de compte dans la presse, ce matin, il n'y a guère que l'ex-bad boy du basket américain, Dennis Rodman, pour démontrer que la vie à deux, c'est encore possible. Hier, en transit à l'aéroport de Pékin et avant de rejoindre son ami, le dictateur nord-coréen, il a dit à la presse vouloir « ouvrir la porte ». Et pourtant, avec ses tatouages, ses piercing et ses 2 mètres de haut, c'est vrai qu'on imagine assez mal l'ancienne star des parquets jouer les portiers de service. A moins, comme le remarque le site BUSINEES INSIDER, que l'explication soit à trouver directement sur la casquette de base-ball de Dennis, sur laquelle était inscrit le logo du sponsor de son voyage, Potcoin, qui se présente comme "banquier" du commerce légalisé de la marijuana.

Par Thomas CLUZEL

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