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Près de l'attaque contre la mosquée de Finsbury Park, des manifestants portent des pancartes sur lesquelles est écrit : "Non à l'islamophobie, non à la guerre".

La revue de presse internationale

5 min
À retrouver dans l'émission

La police britannique tente d'établir le profil de l'homme qui a foncé avec sa camionnette, en plein ramadan, sur des musulmans sortant de la mosquée de Finsbury Park, à Londres. Une attaque qui survient dans un climat d'extrême fébrilité, après trois attentats en trois mois.

Près de l'attaque contre la mosquée de Finsbury Park, des manifestants portent des pancartes sur lesquelles est écrit : "Non à l'islamophobie, non à la guerre".
Près de l'attaque contre la mosquée de Finsbury Park, des manifestants portent des pancartes sur lesquelles est écrit : "Non à l'islamophobie, non à la guerre". Crédits : ISABEL INFANTES - AFP

Sa photo est à la Une, ce matin, de toute la presse britannique. L'homme arrêté par la police après avoir foncé à bord d'une camionnette contre des fidèles musulmans près de la mosquée de Finsbury Park, à Londres, se nomme Darren Osborne. A 47 ans, ce père de quatre enfants, sans emploi, s'était récemment séparé de sa conjointe, apprend-on dans les colonnes des journaux. Mais surtout, la révélation de son identité par les médias, hier, a visiblement troublé nombre d'habitants dans son quartier de Pentwyn, au nord de Cardiff. « J'étais encore dans sa cuisine, la veille, je chantais avec ses enfants et quand j'ai entendu la nouvelle je me suis dit, c'est impossible, il paraissait si poli et agréable », raconte, notamment, l'un d'entre eux, qui habite la maison voisine. Interrogée sur ITV NEWS, sa mère le décrit, elle, comme une personne « dérangée » qui depuis longtemps, déjà, prenait « des médicaments pour des problèmes de santé mentale », mais, précise-t-elle, « il n'était pas raciste ». Et pourtant, les témoins de la scène, dans la nuit de dimanche à lundi, racontent tous l'avoir entendu crier : « Je veux tuer tous les musulmans ». Comme souvent après ce genre de tragédies, les témoignages à présent, donc, se multiplient jusqu'à se contredire les uns les autres. Quoi qu'il en soit, précise ce matin THE GUARDIAN, ce dernier attentat, le quatrième en moins de trois mois au Royaume-Uni, ne doit pas nous faire oublier l'islamophobie à laquelle sont aujourd'hui confrontés dans notre pays nombre de musulmans au quotidien. Et le journal d'en conclure que la terreur, qu'elle soit motivée pour des raisons religieuse ou politique, ne vise toujours qu'un seul but : diviser.

A ce titre, d'ailleurs, on notera que très vite certains médias, dont THE DAILY MAIL, ont jugé bon de rappeler que la mosquée de Finsbury Park où s'est produit l'attaque était connue, au début des années 2000, pour être un haut lieu des militants islamistes de Londres, qui venaient écouter les prêches enflammés d’un certain Abou Hamza. Une formule utilisée par le tabloïd THE SUN, va même jusqu'à qualifier l'attaque visant des musulmans de « revanche ». Or voilà plusieurs années que la direction de la mosquée (fermée entre 2003 et 2005) a changé. En l'occurrence, les nouveaux dirigeants de ce lieu de culte ont juré de combattre toute forme d'extrémisme. La mosquée de Finsbury Park a même gagné une distinction, en 2014, pour son combat contre l'extrémisme. D’où la réaction de JK Rowling, l'auteur de la saga Harry Potter, qui sur Twitter a répondu à ceux qui exhument le passé controversé de la mosquée de Finsbury Park : « Que des médias traditionnels tiennent les victimes pour responsables est dégoûtant ».

C'est aussi la raison pour laquelle THE GUARDIAN a décidé, lui, de raconter dans ses colonnes la véritable histoire de ce quartier de Finsbury Park, le lieu d'une stupéfiante variété de nationalités, habité par des personnes de tous horizons, avec en particulier une vraie classe ouvrière, où autrefois les immigrants irlandais ont imposé leur marque et laissé, notamment, derrière eux un bon nombre de pubs. En plus d'être connu pour héberger le club d'Arsenal, c'est aussi dans ce quartier, en face de la mosquée visée que se trouvait le Rainbow Theatre, haut lieu du rock qui a accueilli quelques-uns des plus grands noms de la musique (The Who, Pink Floyd, David Bowie, Bob Marley) avant qu'il ne soit transformé en église pentecôtiste. Voici donc ce qu'est vraiment Finsbury Park, conclue le journal, l'un des quartiers les plus cosmopolites et importants de la capitale anglaise.

En Allemagne, à présent, le pays n'en finit plus, lui, de pleurer la disparition d'Helmut Kohl

Depuis vendredi, la presse, comme ici là SÜDDETUSCHE ZEITUNG, ne manque pas de superlatifs pour rappeler qui était Helmut Kohl, « le pouvoir allemand », écrit le journal de Munich. Et puis parce que déjà de son vivant, Helmut Kohl était entré au Panthéon de l’histoire (en tant que chancelier de la Réunification, architecte de l’Union européenne et redoutable tacticien à la tête de son parti), comme beaucoup de politiciens il avait conservé chez lui quantité de documents concernant, directement ou indirectement, son activité en tant que chancelier. Autant de photos, de notices, de lettres, d'agendas et autres documents encore qui, après son décès, éveillent désormais toutes sortes de convoitises. Car contrairement aux archives officielles de la Chancellerie (frappées d’un embargo de 30 ans, conservées dans les Archives fédérales et gérées par des archivistes professionnels), il n’existe pas, en effet, de règles concernant les archives privées des personnalités allemandes. Et c'est ainsi, par exemple, que celles d’ex chanceliers comme Adenauer, Brandt ou Schmidt sont aujourd'hui gérées par des fondations ad hoc (financées par l’Etat fédéral). Au sein de la CDU, plusieurs voix se sont, d’ailleurs, déjà élevées pour réclamer la création d’une Fondation Kohl, qui gérerait cet héritage. Sauf qu'aucune décision ne pourra être prise sans l’accord de la veuve du chancelier, sans oublier ses deux fils nés d’un premier mariage. De sorte que le conflit parait, à présent inévitable, écrit la correspondante du TEMPS, et pourrait rapidement tourner à la foire d'empoigne.

Enfin c'est aujourd'hui la journée mondiale des réfugiés. Et tandis que certaines organisations humanitaires opérant en Méditerranée sont accusées, en Italie, de collusion avec les trafiquants d’êtres humains, la presse souligne également que la mafia pourrait être impliquée dans l'aide aux réfugiés.

Des réseaux mafieux italiens auraient infiltré des structures d'assistance aux migrants. Récemment, 68 membres présumés d'un clan influent de la mafia calabraise ont été arrêtés, accusés d'avoir noyauté un centre d'accueil et détourné au moins 32 millions d'euros de fonds européens. Le genre de nouvelles qui confirment les préjugés vis-à-vis de notre pays, peste notamment LA STAMPA. Aujourd'hui écrit le journal, nos partenaires européens sont convaincus que l'Italie ne fait non seulement que se lamenter (en réclamant toujours davantage de fonds pour venir en aide aux migrants) mais, pis encore, tricher (en empochant le pactole et en confiant le sale travail à la mafia et aux escrocs). Ou dit autrement, quand l'Italie promet davantage de contrôles, elle ne fait au contraire qu'ouvrir les vannes. Et quand elle réclame des sommes élevées, celles-ci finissent par disparaître ou être dérobées. Tout cela, déplore à son tour DE TELEGRAAF, démontre en réalité de façon douloureuse combien l'émigration vers l'Europe est devenue, à présent, une affaire à la fois cynique et juteuse.

Par Thomas CLUZEL

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