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La revue de presse internationale

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L'auteur présumé d'une « attaque terroriste » a été abattu, hier soir, par des soldats après une explosion au sein de la gare de Bruxelles-Central. Un acte qui n'a pas fait de blessé mais qui s'ajoute à une vague d'attentats jihadistes dans plusieurs pays européens.

Décidément, plus un jour ne se passe sans que la haine, d'où qu'elle vienne, s'invite brutalement à la première page des journaux. Alors qu’hier de nombreux quotidiens avaient choisi, tel un effet miroir, de rapprocher en Une les événements de Londres et Paris, ce matin, les mots « terrorisme » et « attentat » se bousculent à nouveau, en particulier, chez nos voisins belges, après qu'un kamikaze présumé a été abattu, hier soir, dans la Gare Centrale de Bruxelles. Les témoignages de scènes de panique (la fumée, les cris, les bousculades) racontées ce matin dans les colonnes du SOIR et de LA LIBRE BELGIQUE contrastent, pourtant, avec les quelques détails, encore parcimonieux, qui ont filtré sur cette attaque. L'assaillant, dont l'identité n'a pas été révélée, aurait crié quelque chose qui ressemblait à « Allahou Akbar », avant de déclencher une modeste explosion sur un chariot à bagages. Les personnes qui se trouvaient à quelques mètres, seulement, de là n'ont pas été blessées. Quant au niveau d'alerte dans la capitale belge (un cran en-dessous du niveau maximal), il n'a pas été modifié.

En réalité, ce qui occupe essentiellement la presse belge, , ce matin, c'est surtout la crise politique qui tourne désormais au séisme, au sein du Parti Socialiste, après le lâchage surprise de son partenaire centriste. Dans trois gouvernements régionaux de Wallonie, les chrétiens-démocrates du CDH ont annulé leur coalition avec le PS. Pour justifier ce retournement d'alliance inattendu, à deux ans des élections régionales, le parti centriste a mis en avant les affaires « profondément choquantes » qui, depuis des mois, touchent son partenaire socialiste. Il y a eu, d'abord, le scandale dit « Publifin », du nom d'une société semi-publique dont des administrateurs socialistes sont soupçonnés d'emplois fictifs, et puis, début juin, l'affaire dite du « Samusocial », qui a notamment poussé à la démission le maire socialiste de Bruxelles. Désormais, une chose est sûre, écrit l'éditorialiste du SOIR, après la révélation de ces dernières affaires, un électrochoc était nécessaire. C'est là, du moins, la lecture positive de ce putsch. En clair, mettre un terme à une gouvernance déviante, réinventer des pratiques éthiques, lancer le renouveau et redonner de l’espoir. Mais il existe, aussi, une lecture disons plus négative de cet événement, l'idée que le parti centriste fait ici un calcul partisan, un coup politique. Il veut sauver sa peau (mise à prix par les sondages) en se désolidarisant d’un PS associé aux scandales après avoir, pourtant, longtemps gouverné avec lui. Sans trop, d'ailleurs, dénoncer les dérives et parfois même y avoir participé. Cette rupture est donc à la fois un fameux coup de théâtre et un coup de poker, le moment où le parti centriste choisi à la fois de retourner sa veste et de rompre sèchement avec le parti socialiste.

Avec, d'un côté, un PS autrefois grand et puissant et aujourd’hui au bord du gouffre et, de l’autre, un jeune leader centriste qui s’affirme en claquant la porte au nez de ses alliés, la politique belge rappelle évidemment de façon troublante la situation hexagonale. Et la comparaison n’est pas innocente, souligne DE MORGEN, car l’impact de la France sur la politique du sud francophone de la Belgique est immense. Or l’appel à un Macron wallon, dit-il, était déjà dans l’air depuis un moment. De là à établir un parallèle entre le PS français en lambeaux et le PS belge déchiré par les scandales, il n’y a donc qu’un pas. Et le journal d'en conclure : le leader centriste pense, visiblement, que le sort l’a choisi pour guider son peuple vers une nouvelle terre. Reste à voir si l’électeur sera, lui, du même avis.

Toujours au petit jeu des comparaisons, à Taïwan, c'est la nouvelle présidente, souvent comparée à la chancelière allemande, qui se trouve grandement fragilisée.

Un an tout juste après son élection, la Merkel taïwanaise, a beaucoup perdu de son aura. Celle qui est devenue la première femme présidente de l'île est passée en quelques mois de près de 70% d'opinion favorable à moins de 30%. Comment expliquer cette soudaine désaffection, interroge ce matin LE TEMPS ? Les raisons de cette chute de popularité sont à chercher du côté des nombreuses réformes lancées depuis le début de son mandat, qu'il s'agisse de l’augmentation de l’âge de départ à la retraite ou de la révision du temps de travail hebdomadaire. A tout cela s’ajoute une dépendance structurelle de l’économie taïwanaise envers la Chine. La question des relations entre Taipei et Pékin reste, en effet, là-bas un incontournable de la politique. Le refus, notamment, de la présidente taïwanaise de reconnaître l’idée d’une seule Chine a eu pour conséquence directe la suspension de tous les canaux de communication officiels par les autorités chinoises. De sorte que depuis, Pékin fait tout pour rabaisser le statut de l’île-Etat au simple rang d’un territoire chinois et priver, ainsi, sa dirigeante de toute forme de reconnaissance internationale.

Au chapitre toujours des relations internationales, la récente escalade de violence sur plusieurs fronts en Syrie inquiète également de plus en plus la presse internationale

Une nouvelle phase du conflit syrien a débuté, peut-on lire ce matin sur le site de la chaîne américaine CNN, nouvelle phase dans laquelle les puissances extérieures intensifient dangereusement leur implication. Lundi, simple coup de bluff ou menace réelle, après la destruction d'un avion syrien par les Américains, la Russie a « interdit » aux Etats-Unis de survoler le gros du pays, soit toute la partie située à l’ouest de la vallée de l’Euphrate. 24 heures plus tard, un avion de combat américain abattait, cette fois-ci, un drone de l'armée syrienne, faisant craindre à nouveau une escalade dangereuse du conflit. Sans compter que dans ce jeu international de plus en plus tendu, l’Iran a lancé, elle, dimanche une salve de missiles balistiques du côté de Deir-Ezzor. Là-bas, au-delà de la sévère répression infligée à Daech, c'est surtout une guerre pour le contrôle de cette ville très riche en pétrole qui se joue. D'où le titre de cet article à lire sur le site de la DEUTSCHE WELLE : la guerre pour le butin. De sorte que, déjà, la question se pose, conclue l'éditorialiste du TEMPS : Les historiens verront-ils demain la victoire contre Daech comme un simple épisode d’une guerre, en réalité, beaucoup plus vaste, qui avait commencé bien avant lui, et qui se poursuivra bien après sa disparition ?

Par Thomas CLUZEL

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