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Au cours d'une réunion des élus des deux grands partis à la Maison Blanche hier, Donald Trump a demandé un projet de loi limitant l'usage des armes à feu

Trump veut légiférer sur les armes à feu

5 min
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Aux Etats-Unis, prenant le contre-pied de son parti, Trump demande une législation sur les armes ; au Moyen-Orient, les trêves demandées en Syrie autour de la Ghouta Orientale sont tombées dans l'oreille de sourds et en Asie le "nettoyage ethnique" des Rohingya est désormais presque complet.

Au cours d'une réunion des élus des deux grands partis à la Maison Blanche hier, Donald Trump a demandé un projet de loi limitant l'usage des armes à feu
Au cours d'une réunion des élus des deux grands partis à la Maison Blanche hier, Donald Trump a demandé un projet de loi limitant l'usage des armes à feu Crédits : MANDEL NGAN - AFP

Donald Trump a véritablement "sidéré les Républicains, raconte le New York Times, en proposant une législation sur les armes à feu à la télévision ce mercredi, demandant aux élus Démocrates et Républicains présents à la Maison Blanche de relancer une loi sur la sécurité sur les armes à laquelle la puissante National Riffle Association et la vaste majorité de son parti se sont opposés depuis des années. Au cours d'une incroyable réunion, poursuit le quotidien new -yorkais,  le Président s'est complètement affranchi du manuel de la NRA, face à des élus démocrates totalement estomaqués et des Républicains aux visages fermés".  Il leur a demandé de produire "une large législation qui permettrait d'élargir les vérifications avant toute vente d'arme en ligne ou sur les marchés, d'interdire ces ventes aux personnes déficientes mentales et de les restreindre aux seuls adultes. Il a même été jusqu'à envisager la prohibition des armes automatiques ou semi-automatiques", raconte encore le New York Times.  Ce que demande Donald Trump c'est un projet de loi bi-partisan, susceptible  de recueillir une large majorité au Congrès, et qui relancerait en fait un projet de loi similaire, initié en 2013, quelques mois après le massacre de Sandy Hook,  rappelle The Washington Post, qui précise que, tout bi-partisan qu'il ait été, ce projet de loi de loi de 2013 n'avait pas réussi à passer au Congrès, les Républicains s'y étant majoritairement opposés.

En fait, le Washington Post doute fortement de la capacité de l'administration Trump à initier quelque projet de loi bi-partisan que ce soit. "La session d'hier, note le quotidien "rappelle une autre session bi-partisane que Trump avait convoqué à la Maison Blanche en janvier : sur l'immigration et au cours de laquelle l'imprévisible président avait promis d'endosser tout texte de compromis que le Congrès pourrait lui soumettre, avant d'en rejeter les résultats quelques jours plus tard... En coulisse, l'administration s'était employée à saboter le projet bi-partisan qui, inévitablement, s'était effondré".  

Au Moyen Orient c'est encore le sort des habitants de le Ghouta Orientale près de Damas qui préoccupe les principaux médias.   Le correspondant d'Al Jazeera pour la Syrie raconte que "le second jour hier de cette soit-disant trêve ou pause n'a pas apporté le moindre développement sur le terrain : aucun convoi d'aide humanitaire n'a pu entrer dans la Ghouta, les Nations Unies et les autres travailleurs humanitaires expliquent que l'idée d'une trêve quotidienne de cinq heures est beaucoup trop courte et ne garantit aucunement qu'ils puissent livrer leur aide humanitaire et ressortir de la Ghouta à temps"

"Les appels à la trêve sont tombées dans l'oreille d'un sourd", remarque Anton Mardasov pour le site en ligne Al Monitor. "Malgré les demandes de trève par la Russie et le Conseil de Sécurité des nations Unies, le régime syrien a poursuivi son pilonnage de la Ghouta orientale cette semaine", écrit-il... "Confiant dans le soutien qu'elle reçoit de Moscou comme de Téhéran, Damas continue de prendre avantage des conditions sur le terrain pour s'assurer le contrôle  de territoires où des zones dites de "désescalade" sont censées se trouver. Et au lieu d'essayer de faire pression sur le régime, Moscou épouse maintenant la ligne de conduite de Bachar el Assad et appelle dorénavant "terroristes"  les groupes de l'opposition avec qui la Russie négociait" encore il y a quelques semaines. Les deux principales factions présentes dans la Ghouta orientale on en effet participé aux négociations d'Astana et à celles de Genève, remarque encore Anton Mardasov. Elles jurent respecter le cesser le feu et promettent même de chasser par la force les quelques 500 combattants djihadistes se trouvant encore dans la Ghouta... mais rien n'y fait : en dehors des deux fois cinq heures de pause des deux derniers jours, les bombardements se sont poursuivis.

Enfin en Asie et plus particulièrement en Birmanie, le nettoyage ethnique de l'Etat Rakhine  semble quasiment achevé : L'Etat Birman a déjà détruit près de 90% des villages Rohingya qui se trouvaient dans l'Etat Rakhine, titre par exemple le site en ligne The Asia Correspondent qui publie les photos satellitaires de la région obtenues par l'ONG Human Rights Watch. Images particulièrement impressionnantes : on y distingue les quelques hameaux et villages qui existaient à l'été 2017 et les mêmes endroits totalement vides, privés même de végétation, sur les clichés pris début 2018.

Une campagne de nettoyage ethnique corroborée par l'enquête du site birman The Irrawaddy qui, sur la base des statistiques et du recensement officiels birmans, établit que "90% de la population Rohingya a été éjectée de l'Etat Rakhine" ces derniers mois. Il y resterait moins de 80 000 Rohingyas là où l'on en trouvait 767 000 il y a encore six mois, écrit The Irrawaddy. Et encore, parmi les 80 000 restant on ne compte pas les morts, les disparus ni-même les personnes déplacées en interne. Des chiffres qui recoupent ceux de l'office international des migration qui établit à quelques 680 000 le nombre de Rohingyas ayant franchi la frontière du Bangladesh et aujourd'hui concentré dans des camps... Selon l'enquête du site en ligne plusieurs dizaines de mosquées ou medressas musulmanes ont été détruites, incendiées et même rasées dans les villes et villages où la population était jusque là majoritairement musulmane. Selon un humanitaire, Boudhiste, interrogé par The Irrawaddy, "la plupart des villages musulmans au sud de Maungdaw ont été tout simplement effacés de la carte à coup de bulldozer entre janvier et début février". D'après son estimation, "plus des deux tiers des villages musulmans de la zone ont maintenant complètement disparu". Un nettoyage ethnique par le vide, et aujourd'hui quasi complet.

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