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Hatice Cengiz, la fiancée de Jamal Khashoggi regrette l'inaction de Donald Trump et des dirigeants européens

Affaire Khashoggi : "Jamal a fait ce qu'il fallait"

5 min
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La fiancée de Jamal Khashoggi brise le silence et évoque dans Middle East Eye le combat du journaliste, assassiné le 2 octobre. En Norvège, 50 000 soldats de l'OTAN participent à un exercice militaire cette semaine. Au Canada, la légalisation du cannabis a vidé les stocks.

Hatice Cengiz, la fiancée de Jamal Khashoggi regrette l'inaction de Donald Trump et des dirigeants européens
Hatice Cengiz, la fiancée de Jamal Khashoggi regrette l'inaction de Donald Trump et des dirigeants européens Crédits : SEDAT SUNA - Maxppp

Les journaux sont nombreux à évoquer les suites de l'affaire Khashoggi

Chaque jour, les quotidiens du monde relatent les nouveaux éléments de cette tragique affaire. Hier, le procureur d'Istanbul a confirmé les détails glaçants de l'assassinat du journaliste. Il aurait été étranglé dès son arrivée au consulat. Mais, s'interroge entre autre le Washington Post : où se trouve son corps ? Si ce quotidien en parle tous les jours, c'est évidemment parce que Jamal Khashoggi, critique du régime saoudien, était l'un de ses journalistes. Mais l'onde de choc va bien au delà. C'est ce que rappelle un autre journal américain : le New York Times. "Pourquoi le meurtre de Jamal Khashoggi a-t-il fait tant de bruit" ?, s'interroge le quotidien qui tente de trouver des explications.

Déjà, parce que c'était journaliste qui avait beaucoup d'amis et de relations haut placées. "Les meurtres attirent l'attention", explique un professeur de droit international, "ils suscitent la peur. Mais quand la victime est connue, la peur a soudain un visage". Ensuite, parce que l'assassinat a eu lieu dans le consulat d'Arabie Saoudite. Un consulat est un lieu qui est censé protéger, "un lieu de refuge". Enfin, cette affaire a eu un tel écho international, car elle a montré une autre facette de Mohamed Bin Salmane, prince héritier. Un prince avec qui "il faut que les Etats-Unis prennent ses distances", écrit Susan Rice, conseillère à la Sécurité nationale des Etats-Unis sous Barack Obama : "Nous devrions cesser de suivre le prince Mohammed dans les impasses où il nous mène et instaurer un scepticisme sain dans nos rapports avec lui".

Le monde s'interroge, les journalistes s'interrogent, mais Hatice Cengiz est celle qui se pose le plus de questions, la fiancée de Jamal Khashoggi, celle qui a donné l'alerte. Après s'être cachée des médias pendant plusieurs semaines, la jeune femme commence à parler à la presse. Elle a accordé hier une interview au Middle East eye. Elle refuse d'entrer dans les détails de la mort de son fiancé. "Les gens ne semblent pas comprendre ce que je ressens", dit-elle, "la douleur que je vis est devenue une information relatée à travers le monde". Impossible de commencer un deuil en silence.   

Hatice Cengiz a refusé l'invitation de la Maison Blanche. Elle est très critique de la manière dont Donald Trump et les dirigeants européens ont réagi à l'affaire. "Ils auraient dû prendre des mesures plus sérieuses et soutenir la position turque dans cette affaire", estime-t-elle. "Nous avons un crime clair et grave". Dans cette interview, elle se met à la place de celui qu'elle aime, et qu'elle a perdu. Jamal serait "heureux" de voir toute la solidarité qui est née autour de sa disparition. Il se battait pour la liberté d'expression en Arabie Saoudite et se faisait l'avocat des réformes qui pouvaient moderniser son pays. "Parfois, quand il était seul", raconte sa fiancée, "il se disait : 'est ce que je fais vraiment quelque chose d'utile ?' Maintenant il saurait que oui".

L'OTAN en plein exercice militaire en Norvège, le plus gros depuis la fin de la guerre froide  

50 000 soldats de 31 Etats s'entraînent à faire la guerre depuis une semaine et jusqu'à mercredi. "Mais pourquoi donc, me direz-vous ?" Le Time tente de répondre à cette question à travers l'article de l'amiral Stavridis, 16e commandant suprême des forces alliées, l'un des plus hauts grades de l'OTAN. Pour lui, ces exercices permettent déjà de "pratiquer l'art de la guerre" et d'apprendre à se coordonner entre alliés sur un continent en paix depuis des décennies. Ensuite, ils montrent aux Russes la capacité militaire de l'OTAN. "Ce n'est pas difficile d'entendre les vieux fantômes de la guerre froide siffler dans les vents de la mer Baltique", note l'Amiral. Enfin, la manœuvre militaire de cette semaine, "Trident Juncture", est une réponse au gigantesque exercice russe de septembre : 300 000 soldats y avaient participé selon Moscou .

En Norvège, 50 000 soldats alliés sur un faux champ de bataille, attention à la logistique ! Il faut tout prévoir : les repas (1,8 million), les bouteilles d'eau (4,6 millions). Et des vêtements chauds ! Les Pays-Bas n'y ont pas pensé. Le journal néerlandais De Telegraaf rapporte que l'Etat major a oublié les doudounes et les habits chauds pour les 1 000 soldats qui participent à l'exercice... Apparemment "le ministère de la Défense ne savait pas qu'il faisait si froid en Norvège".

Au Royaume Uni, les médecins ont le droit de prescrire des médicaments dérivés du cannabis pour traiter certaines maladies

De l'autre côté de la Manche, c'est tout nouveau et c'est seulement pour le cannabis thérapeutique mais au Canada, c'est bien plus. Il y a 10 jours, le pays a légalisé le cannabis récréatif, et on voit déjà les conséquences d'une telle mesure. Depuis hier, les Canadiens sont en rupture de stock. Le Financial Post raconte : "Au Québec, les boutiques officielles ont fermé pendant trois jours cette semaine mais cela n'a pas suffit. Elles vont rester fermées du lundi au mercredi jusqu'à ce que l'offre puisse satisfaire la demande". Conséquence : "Les gens retournent sur le marché noir", déplore le journal. Les producteurs autorisés par le gouvernement canadien ne combleraient que 30% à 60% de la demande. 

Le boom du cannabis, une opportunité financière que ne sont pas prêtes à saisir les grandes banques. D'après CNN business, les banques sont toujours frileuses à prêter de l'argent aux industries du cannabis, même s'il est légalisé au Canada et dans certains états américains. Elles risquent de rater une énorme manne. "Le secteur de la marijuana devrait substantiellement augmenter dans les cinq prochaines années. Les ventes aux Etats-Unis devraient atteindre 23 milliards de dollars", précise le site de la chaîne télévisée américaine. 

Hier le Canada, aujourd'hui le Royaume-Uni. Et demain ? La Thaïlande. Pour le South China morning Post, ce pays va devenir le nouvel eldorado du cannabis. La légalisation thérapeutique est en discussion. Et les Thaïlandais l'assurent : "Le cannabis de Thaïlande est le meilleur du monde. Et surtout, le moins cher". La Thai Cannabis corporation renchérit : "La Thaïlande est en mesure de produire du cannabis formidable à une fraction du coût des producteurs européens".

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