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Le président de la Commission électorale de RDC Corneille Nangaa mis sous pression pour "respecter la volonté des Congolais"

La "vérité" contrariée des urnes congolaises

6 min
À retrouver dans l'émission

En RDC, internet et plusieurs médias indépendants sont brouillés, quatre jours après la présidentielle dont la Commission électorale repousse la publication des résultats. La Chine confrontée à une chute abrupte des naissances en 2018. Trump recule sur le retrait des soldats américains de Syrie.

Le président de la Commission électorale de RDC Corneille Nangaa mis sous pression pour "respecter la volonté des Congolais"
Le président de la Commission électorale de RDC Corneille Nangaa mis sous pression pour "respecter la volonté des Congolais" Crédits : JOHN WESSELS - AFP

La République Démocratique du Congo ne répond plus : 4 jours après l'élection présidentielle de dimanche, le pays reste plongé dans la nuit médiatique et l'obscurité politique.  

Pas facile de faire une revue de presse ce matin avec les journaux de Kinshasa : pour la plupart, ils n'ont rien pu publier en ligne depuis lundi, depuis que le réseau internet a été coupé, par le gouvernement, pour soit disant éviter la propagation de faux résultats électoraux. Du coup, nous dit, depuis Bruxelles, l'éditorialiste Afrique de la Libre Belgique Hubert Leclercq, la RDC "prend de plus en plus des allures d’île géante isolée du reste du monde".  

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*Pour ne rien arranger, la correspondante de RFI à Kinshasa a vu son accréditation retirée, les fréquences de la radio française sont brouillées, et le même sort, nous apprenait hier MediaCongo, a été réservé à la chaîne Canal Congo télévision, financé par l'opposant Jean-Pierre Bemba.  

"Silence, la majorité fait ses comptes", titre donc la Libre Afrique, qui voit dans ces atteintes à la liberté de la presse "un faisceau d"éléments laissant penser que le pouvoir en place n'est peut-être pas disposé à respecter la vérité des urnes". 

La "vérité des urnes", justement : elle est invoquée de toute part, quatre jours après l'élection présidentielle, et alors que les premiers résultats officiels ne devraient pas être publiés avant dimanche. 

A Kinshasa hier c'était "Haro sur la commission électorale, appelée à [justement] donner la vérité des urnes", lit-on sur le site d'info africain CAS-INFO, basé au Canada.  Il relaie l'appel solennel de l'Union Africaine, pour que soient proclamés des résultats "conformes à la volonté exprimée par le peuple congolais". 

Mais quelle volonté, quelle vérité des urnes" ?  

Pour le principal candidat de l'opposition Martin Fayulu, la chose est entendue, nous dit CAS-INFO : la "vérité" que le pouvoir en place ne veut pas accepter, c'est celle de "l'alternance politique", du rejet par les électeurs dimanche, du candidat Emmanuel Shadary, désigné par le président sortant Joseph Kabila pour lui succéder. 

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"Il est minuit moins 5 en RDC pour éviter un Rwanda-bis", avertit encore Hubert Leclercq dans la Libre Belgique : "Des millions de Congolais dimanche ont été privés de vote" par la désorganisation du scrutin dimanche, et pourtant, "une large majorité veut un changement de régime après 18 années de Kabilisme, synonymes de pauvreté, d'insécurité, de gabegie et d'enrichissement d'une petite bande d'individus".  

Alors, oui, "l’affrontement semble inévitable, entre cette clique prête à tout pour durer et un peuple fatigué de supporter les pires vilenies", prophétise l'éditorialiste bruxellois, avant de conclure ainsi: "Personne ne veut d'un nouveau massacre en Afrique, et la Communauté internationale a les armes pour imposer que la vérité [toujours elle] sorte des urnes".

La Chine fait parler d'elle ce matin, parce qu'elle a fait alunir pour la première fois un engin spatial sur la face cachée de la Lune. Mais derrière cette prouesse technologique, les indicateurs ne sont pas bons pour la société chinoise.  

Et c'est, assez étonnamment, le quotidien d'Etat en anglais Global Times qui nous alerte sur le sujet : il cite plusieurs démographes selon qui l'année 2018 se termine sur une chute vertigineuse des naissances en Chine. Environ deux millions de bébés nés en moins qu'en 2017, soit en dessous des 15 millions de naissances l'an dernier : pour un géant démographique qui affiche une population d'un milliard 386 millions d'habitants, c'est très très faible, du jamais vu depuis 2000..

Et c'est d'autant plus inquiétant, poursuit le South China Morning Post, que depuis 3 années Pékin a mis fin à sa politique de l'enfant unique. Les couples chinois sont laissés libre de faire deux enfants, mais du coup, bien souvent ils n'en font même plus un seul. Et la tendance ne semble pas prête à s'inverser pour la Chine, à en croire le magazine américain Newsweek : "Une chute des naissances aussi brutale que celle constatée en 2018, c'est probablement le début d'un phénomène plus durable", analyse un économiste chinois. 

La population chinoise va diminuer, la pyramide des âges devenir de plus en plus bancale, avec des défis colossaux qui se posent pour une économie chinoise déja frappée par le vieillissement de sa population. 

A lire le dossier que la BBC Asie consacrait au sujet tout récemment, on comprend que la Chine en fait paye les effets différés de cette politique de l'enfant unique. "Les jeunes adultes en âge de procréer aujourd'hui sont nés en pleine période de limitation des naissances, ils ont grandi en enfants uniques, habitués à être au centre de l'attention, ils ont tout misé sur leur épanouissement personnel, leur carrière"... et rechignent à présent à mettre tout ça au second plan pour devenir à leur tour des parents.  

Pourtant, nous dit la BBC ils sont soumis à une propagande intense, de la part des autorités, pour les inciter à  faire des bébés, sinon pour eux, au moins pour le bien de la Nation chinoise.  Mais tout ce que ces campagnes font naître, c'est une quantité impressionnante de moquerie et de détournements sur les réseaux sociaux.  

La presse américaine essaye toujours d'y voir un peu plus clair dans le chaos déclenché en Syrie par Donald Trump, quand il a annoncé fin décembre le retrait des troupes américaines. 

"Le plan de retrait de Trump est vraiment trop opaque", constate ce matin l'éditorial du Washington Post. Et pourtant il y a deux semaines la chose semblait claire : le président actait la défaite de Daech, annonçait le lancement du retrait des 2000 hommes déployés en Syrie, et assurait à leurs proches qu'ils allaient les revoir "bientôt".  

Aujourd'hui de tout cela il reste bien peu de certitudes, constate le Post, à part la zizanie semée sur le terrain syrien : depuis le 20 décembre, la Turquie a fait mine de tirer profit du retrait américain pour lancer une grande offensive militaire sur les territoires tenus par les combattants kurdes, jusque-là soutenus par les Marines ; les kurdes ont du faire appel à l'armée syrienne, à Bachar El Assad, pour trouver une nouvelle protection... Les cartes sont complètement rebattues par les annonces de Trump qui semble, tout de même, pour une fois, avoir compris l'étendue de son erreur stratégique. 

Désormais, nous explique Al Jazeera, le président américain se garde bien de fixer le moindre calendrier pour son retrait militaire : il insiste d'ailleurs sur le fait qu'il n'a jamais donné d'échéance précise, et hier il a dit que, bien sûr, la priorité c'était de "protéger les kurdes" dans le nord de la Syrie. 

Il y a donc autour de lui des conseillers, qui ont réussi à lui faire entendre raison, se félicite le Washington Post qui cite en particulier l'influence du sénateur républicain Lindsay Graham.  

Mais Trump reste Trump, conclut le Middle East Eye : hier il a tout de même déclaré que les "Iraniens peuvent bien faire ce qu'ils veulent en Syrie", que les soldats américains "ne resteront pas éternellement" dans ce pays déchiré par la guerre, qu'il a résumé avec ces mots " la Syrie, c'est du sable et de la mort".

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