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Le rêve inachevé de la modernité

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Une déficience dans le système de dépistage du cancer du sein au Royaume-Uni pourrait avoir écourté la vie d'entre 135 et 270 femmes. Selon le ministre de la Santé, l'erreur concerne un «algorithme informatique» et remonte à 2009.

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Photo d'écran d'ordinateur Crédits : MONIKA SKOLIMOWSKA / DPA

Si la technologie transforme à coup sûr notre quotidien, permet-elle pour autant de l'améliorer ? Quoi qu'il en soit, à lire la presse britannique ce matin, il semble que le rêve se soit transformé en véritable cauchemar. Au Royaume-Uni, entre 2009 et 2018, on estime que 450.000 femmes âgées de 68 à 71 ans n'ont pas été invitées à effectuer leur dépistage du cancer du sein, à la suite d’un bug informatique. En cause, une erreur d'algorithme. Une gaffe, ainsi que la qualifient THE GUARDIAN et THE TIMES, qui pourrait avoir écourté la vie de 270 femmes. D'où ce mot qui s'affiche ce matin en lettres capitales à la Une de très nombreux journaux, à l'instar du SUN ou du DAILY MIRROR : Scandale! Quand THE DAILY TELEGRAPH et son confrère METRO évoquent des centaines de femmes condamnées à mourir après une panne d'ordinateur, THE DAILY EXPRESS pointe du doigt l'incompétence des services de santé britannique. Quant au DAILY MAIL il parle, lui, de trahison et affirme que les responsables auraient mis quatre mois à soulever le problème. 

A l'inverse, lui entend bien mettre fin à ses jours. Lui, c'est David Goodall, un botaniste de renom, le scientifique le plus âgé d'Australie. Il y a quelques jours, ce spécialiste de l'écologie âgé de 104 ans avait déclaré à la télévision ABC : «Je ne suis pas heureux. Je veux mourir. Ce qui n'est pas particulièrement triste. Ce qui est triste, en revanche, c'est d'en être empêché. Mon sentiment c'est qu'une personne âgée comme moi doit bénéficier de ses droits de citoyen pleins et entiers, y compris du droit à l'aide au suicide». Et c'est ainsi qu'hier, précise THE WASHINGTON POST, Goodall s'est donc mis en route direction la Suisse, où il prévoit de mettre fin à sa vie la semaine prochaine. Avant d'embarquer dans l'avion, le scientifique a pris soin de déclarer à la chaîne australienne 9 NEWS : «Je suis désolé de devoir partir loin, pour mettre fin à ma vie. Je préférerais pouvoir le faire ici. Ce pays est ma maison». Sauf que l'aide au suicide, illégale dans la plupart des pays du monde, est en l'occurrence totalement interdite en Australie, à l'exception d'un Etat, celui de Victoria, mais où la loi qui ne rentrera en vigueur que l'an prochain ne s'applique qu'aux patients en phase terminale, ce qui n'est pas le cas de David Goodall. En revanche, précise pour sa part USA TODAY, si la Suisse n'a pas adopté de législation légalisant l'aide au suicide, dans certaines circonstances, ses lois ne l'interdisent pas.

Direction la Chine, à présent, où plusieurs entreprises utiliseraient des capteurs cérébraux pour surveiller les émotions de leurs employés.Dans les colonnes du SOUTH CHINA MORNING POST repéré par le magazine Slate, on apprend que dans certaines usines des employés portent des casques ou des casquettes, dans lesquels sont cachés des capteurs, qui analysent leurs ondes cérébrales pendant qu'ils travaillent. Les données sont ensuite envoyées vers des ordinateurs, qui permettent de surveiller les changements émotionnels des travailleurs, tels que le stress, la colère, l'anxiété ou la fatigue. Ce genre de dispositif est aujourd'hui utilisé dans une douzaine d'entreprises chinoises, ainsi que dans l'armée mais aussi plusieurs compagnies de transports. A Shanghai, par exemple, des conducteurs de train à haute vitesse portent  régulièrement ces capteurs. De sorte que si un conducteur est particulièrement fatigué ou incapable de se concentrer, les données envoyées peuvent déclencher un système d'alerte. Les autorités réfléchiraient, également, à appliquer ce système pour les pilotes d'avion. Interviewée par le journal, une professeure impliquée dans ce programme explique, qu'au départ, les ouvriers n'étaient pas très enthousiastes à l'idée de porter ces capteurs. Ils pensaient, dit-elle, que l'on voulait lire leurs pensées, alors que le but affiché par le management est uniquement de mesurer le stress des ouvriers, pour mieux adapter leur rythme de travail. Et pourquoi pas, à terme, augmenter aussi l'efficacité de l'usine. 

Lui, ne fournit pas encore de casquettes, dans lesquelles sont cachées des capteurs. Et, d'ailleurs, en a-t-il vraiment besoin ? Lui, c'est Mark Zuckerberg.En traquant nos déplacements, en gardant en mémoire nos historiques de paiement et en analysant nos comportements, le patron de Facebook finit déjà par connaître nos goûts et nos humeurs. Une tendance qui n’est pas prête de s’arrêter. Cette semaine, Mark Zuckerberg a présenté une nouvelle fonctionnalité: «Dating», qui vise à favoriser les «rencontres durables». Cible des convoitises, précise LE TEMPS, les quelque 200 millions d’usagers inscrits comme «célibataires». Concrètement, après avoir créé un profil spécifique, ces utilisateurs se verront proposer des groupes ou des événements basés sur leurs centres d’intérêt. Ils accéderont alors aux photos des autres participants et pourront les contacter par message privé. Ou quand la technologie ne créé pas les échanges mais les transforme. L'occasion aussi, bien sûr, de récolter davantage encore de données personnelles qui pourront, par exemple, être revendues à des annonceurs. Enfin, si le lancement de la nouvelle fonctionnalité n’est pas prévu avant plusieurs mois, sa simple annonce a déjà occasionné des conséquences très concrètes. Mardi, l’action du groupe Match (qui détient notamment les applications de rencontres Tinder et Meetic) a chuté de 19% à la bourse de New York. 

Et pendant que Facebook se rêve, donc, en Cupidon, Emmanuel Macron passe, lui, pour un dragueur lourdingue, relève ce matin le Courrier International. En visite d’État en Australie, hier, le président français a en effet qualifié la femme du Premier ministre de «délicieuse». Une expression que le président a traduite par «delicious», un terme qui ne s’applique en réalité qu’à la nourriture, à moins (dans un langage familier cette fois-ci) de vouloir lui donner une connotation carrément sexuelle. Était-ce vraiment une blague liée à la gastronomie française ? Ou une manifestation inconsciente du machisme gaulois ? La réalité, écrit THE NEW ZEALAND HERALD, est sans doute beaucoup moins «délicieuse». Emmanuel Macron (qui parle couramment anglais) a été victime, dit-il, de ce que les Français appellent un «faux ami». Il n'en reste pas moins qu'hier, Emmanuel Macron, lequel a murmuré à l’oreille des premières dames du monde entier, a laissé le Premier ministre australien sans voix, se moque de son côté THE DAILY TELEGRAPH de Sydney, qui titre en Une, ce matin : Pépé le putois à l’Élysée, en référence au célèbre dessin animé de Warner Bross mettant en scène un putois, qui dans sa version originale s'exprime avec un accent français très prononcé pour draguer à tout va.

Par Thomas CLUZEL

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