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La société chinoise Huawei, second sur le marché mondial du smartphone

Imbroglio diplomatico-judiciaire autour du géant chinois des télécommunications Huawei

6 min
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La directrice financière de la firme chinoise a été arrêtée au Canada à la demande de la Justice américaine. En Belgique les nationalistes flamands font campagne contre le Pacte onusien sur les migrations et fragilisent le gouvernement. Les oligarques étrangers privés de "visas dorés" britanniques.

La société chinoise Huawei, second sur le marché mondial du smartphone
La société chinoise Huawei, second sur le marché mondial du smartphone Crédits : Chen jialiang - AFP

La presse économique ce matin tente de comprendre ce qui se joue derrière l'arrestation au Canada de la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei.

Sabrina Meng Wanzhou a été interpellée samedi dernier à Vancouver, à la faveur d'une correspondance entre deux avions, mais la nouvelle n'a été rendue publique que mardi. Depuis c'est tout un écheveau d'intérêts économiques, mais surtout diplomatiques, que tente de démêler le South China Morning Post. Il rappelle, avant tout, que Wanzhou, directrice financière donc du fabriquant de smartphone Huawei, est la fille du fondateur de la société, connue pour ses liens étroits avec le régime communiste chinois.  

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Si elle a été arrêtée, c'est à la demande des Etats-Unis, dans le cadre d'une enquête qui accuse Huawei d'avoir contourné l'embargo américain sur l'Iran. Pour ces accusations, Meng pourrait être rapidement extradée vers les Etats-Unis, nous confirme le Globe and Mail canadien... qui nous laisse bien entendre que ce n'est là que la partie émérgée de l'affaire, qui jette un froid considérable sur les relations commerciales entre la Chine d'un côté, le Canada et les Etats-Unis de l'autre, alors que ces deux pays essayent de négocier de nouveaux accords de libre-échange avec Pékin. 

Question de timing, également, l'arrestation de cette "membre de la famille royale du business chinois", dixit un diplomate cité par le Globe and Mail, doit être reliée à un contexte bien précis : les Etats-Unis font pression depuis des mois sur le Canada pour qu'il empêche les Chinois, et en particulier leur champion Huawei, d'obtenir les licences pour développer le futur réseau canadien de téléphonie en 5G. 

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En lisant le dossier que CNN consacre au sujet, on comprend que l'enjeu est colossal : cette nouvelle génération de communication sans fil, c'est l'une des spécialités de Huawei, mais la société fait face à une levée de boucliers des Occidentaux, Donald Trump en tête, qui ne veulent pas des chinois derrière leur 5G : "question de sécurité nationale", explique-t'on aux Etats-Unis mais aussi en Australie, en Nouvelle-Zélande ; en Grande-Bretagne, aussi, qui a rejetté la candidature de Huawey pas plus tard que ce mardi.  La crainte de tous ces pays, c'est que les équipements de la firme chinoise ne soient utilisés comme des chevaux de Troie, des moyens pour Pékin d'espionner les télécommunications de leurs concitoyens.  

Autant d'accusations, qui ne sont que de la paranoïa sinophobe, selon les journaux chinois. Pékin a dès hier demandé au Canada de "corriger sa grossière erreur et de rendre sa liberté à Meng Wanzhou". Le jour même où la dirigeante était arrêtée à Vancouver, Donald Trump et Xi Jinping dînaient ensemble et décrêtaient une "trève" de 90 jours dans leur guerre commerciale : la voilà déjà "mise rudement à l'épreuve", conclut le New York Times.

Le pacte de Marrakech sur les migrations doit être signé en début de semaine prochaine sous l'égide de l'ONU, et il agite la frange la plus à droite du paysage politique européen. Au point de faire vaciller le gouvernement belge? 

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C'est ce que l'on a pu craindre en tout cas jusqu'à tard ce mardi, nous explique Le Soir. Mais le gouvernement de Charles Michel est "toujours vivant, toujours debout", titre le quotidien bruxellois. Pourtant, on l'a bien cru en péril, cette majorité où où figure la N-VA, la Nouvelle-Alliance Flamande : ce parti de droite nationaliste et volontiers xénophobe a lancé ces derniers jours une campagne très virulente contre le Premier ministre, accusé de brader la souveraineté nationale belge en soutenant le fameux pacte onusien "pour une migration sûre, ordonnée et régulière". Un texte, rappelons-le, qui fixe 23 objectifs non-contraignants, pour les pays signataires. 

Pas de consensus, donc, dans un gouvernement belge clairement fragilisé par le sujet, alors Charles Michel a demandé au Parlement de se prononcer hier, et ce dernier s'est déchiré, à son tour, pendant des heures, en débat houleux, en cris et invectives racontées dans le détail par La Libre Belgique. A tel point qu'on a vraiment cru, à un moment donné, que la majorité n'y survivrait pas.  Eh bien si, ou plutôt, c'est une "majorité alternative" qui a vu le jour, sans la Nouvelle Alliance Flamande, mais avec trois formations d'ordinaire dans l'opposition, les Verts, les chrétiens-démocrates flamands et les libéraux démocrates flamands.  

Charles Michel a donc ce qu'il voulait, un mandat des députés pour aller signer le Pacte lundi prochain à Marrakech. Dans son édito pour Le Soir, Béatrice Delvaux saluait hier la belle victoire de Charles Michel, un chef de gouvernement qui "a tellement avalé de couleuvre", mais qui cette fois semble avoir "enfin" réussi à "mettre au pas" ses impossibles partenaires flamands.   

Une mauvaise nouvelle enfin pour les oligarques de tous les pays : la Grande-Bretagne suspend la délivrance de ses "visas plaqué-or".

C'est en Une de The Times à Londres : la mesure frappe directement les très-très riches étrangers qui, contre un investissement de deux millions de Livres en Grande-Bretagne, pouvaient jusque-là s'offrir un visa et à terme la citoyenneté britannique. Elle est donc suspendue depuis minuit, aucun de ces "golden visas" ne sera délivré au moins jusqu'au premier janvier où entreront en vigueur de nouvelles règles, que l'on nous promet beaucoup plus strictes. 

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Car, nous dit également The Guardian, cette faveur offerte aux oligarques n'était plus tolérable, à l'heure où le gouvernement se dit déterminé à lutter contre le crime organisé international et le blanchiment d'argent sale. 

En septembre, environ 400 de ces visas dorés étaient en circulation, et les demandes avaient augmenté de 46% cet été. Les plus nombreux à en bénéficier, en nombre, ce sont les chinois, mais les russes arrivent ensuite et sont clairement les plus visibles, les plus suspects, surtout, dans leurs intentions et l'origine de leur fortune. 

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D'ailleurs la presse économique russe alerte ses riches lecteurs sur cette "mauvaise" nouvelle les concernant. Comme la Gazeta, les journaux moscovites sont nombreux à relayer les informations du Times, mais la chaîne Vesti y ajoute, , au détour d'un article sur le renforcement du partenariat entre la Chine et le Portugal, une info plutôt rassurantes pour les oligarques russes : à Lisbonne on peut toujours se faire faire rapidement un visa doré, ça coûte même 4 fois moins cher qu'à Londres, et ça ouvre l'accès à tout l'espace Schenghen.

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