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Manifestation en faveur de la dépénalisation de l'homosexualité en Inde

La Cour Suprême indienne dépénalise l'homosexualité

5 min
À retrouver dans l'émission

Les cinq juges de la Cour Suprême d'Inde ont décidé ce jeudi d'abroger la section 377 du code pénal qui criminalise l'homosexualité. A la Une également, la "résistance interne" à l'administration Trump qui sort de l'ombre, et les deux suspects russes identifiés dans l'affaire Skripal.

Manifestation en faveur de la dépénalisation de l'homosexualité en Inde
Manifestation en faveur de la dépénalisation de l'homosexualité en Inde Crédits : ARUN SANKAR - AFP

N.B. : Cette revue de presse a été diffusée à 7h35, une heure avant la décision de la Cour Suprême indienne. La version audio ne tient donc pas compte de cette décision, mais nous avons souhaité actualisé la version écrite ci-dessous.

La presse indienne titre ce matin sur une décision historique de la Cour Suprême.

Décision très attendue, c'est le moins que l'on puisse dire, qui débouche sur une dépénalisation de l'homosexualité en Inde. Le Times Of India resitue le débat : l'article 377 du code pénal indien criminalisait ce qu'il appelle les "offenses contre-nature", définies comme "les relations charnelles volontaires contraires à l'ordre naturel, avec un homme, une femme ou un animal" Des faits qui pouvaient se voir punis de la prison à vie. Déjà en juillet, nous explique le Times, la Cour Suprême avait indiqué l'enjeu: celui de faire disparaître, avec cet article 377, la "stigmatisation et les discriminations" dont est victime la communauté LGBT dans la société indienne.  

Mais le sujet est sensible, et depuis 2009 plusieurs Cours du pays se sont renvoyées la balle. L'autre quotidien anglophone de référence, The Hindu précise le débat juridique, et pointe l'hypocrisie de la loi indienne qui garantit la libre orientation sexuelle de chacun, mais empêchait, de fait, de choisir librement son partenaire.  

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Les juges ont aussi longuement débattu de la notion même "d'ordre naturel", tel que conçu en 1861, puisque The Hindu nous rappelle que l'article 377 datait du code colonial britannique. Le débat est donc historique: par exemple on avait considéré comme une avancée le fait que, pendant les audiences préalables à la décision, un juge ait reconnu que l'homosexualité existe non seulement chez les humains mais aussi dans le règne animal, ce qui tend à prouver que cela fait partie de ce fameux "ordre naturel"

Voilà donc le système judiciaire indien face à une grande modernisation qui ne semble pas devoir s'arrêter à cette dépénalisation de l'homosexualité. L'Indian Express annonce d'autres décisions de la cour suprême pour le mois à venir. Car le président de la Cour, Chief Justice Dipak Misra, part à la retraite début octobre, et d'ici là il compte bien régler certaines grandes questions sociétales, l'adultère par exemple ou une certaine moralisation de la vie politique.    

Aux Etats-Unis, Donald Trump traverse décidément une mauvaise passe: le New York Times publiait hier soir la tribune anonyme d'un proche collaborateur du président américain qui affirme incarner la "résistance" interne à la Maison Blanche. 

Nous sommes dans la droite suite de ce que révélait mardi Bob Woodward, on en parlait ici même : des collaborateurs du Président, issus du camp républicain,  qui entrent en dissidence avec leur chef et expliquent même qu'ils font tout, dès qu'il a tourné  le dos, pour l'empêcher de prendre des décisions irresponsables. "Je fais partie de la Résistance à l'intérieur de l'administration Trump", clame donc cette mystérieuse source qui affirme qu'ils sont nombreux, comme lui, à "agir pour préserver les institutions démocratiques en sapant les impulsions inconsidérées du Président. Car le problème, c'est son immoralité", son "inconstance", son "insignifiance", même. Les mots sont très durs, et le style volontiers lyriques pour nous expliquer qu'"heureusement, il y a des héros de l'ombre à la Maison Blanche. Les américains doivent savoir qu'il y a des pilotes aux commandes de l'avion des adultes responsables" dasn l'administration présidentielle, dit l'auteur.  

Alors depuis la déflagration causée par cette tribune, Donald Trump lui-même a parlé de "trahison". Dans The Hill, on lira comment il a exigé du New York Times qu'il révèle sa source anonyme, pour dit-il "des raisons de sécurité nationale". 

Sur Fox News, les commentateurs pro-Trump voient dans le "coup éditiorial du Times une confirmation, celle qu'il y a bien une conspiration des médias et de l'establishment politique pour faire du tort au président, un "Etat profond" qui désormais se revendique comme tel au grand jour:

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Mais le coup porté est très rude, venant de sa propre équipe. On est face à "un coup d'Etat administratif", s'emporte l'éditorialiste Jeet Heer dans The New Republic. Difficile de ne pas voir, analyse-t'il, une volonté de certains hauts responsables républicains de se désolidariser, de se protéger contre l'impopularité de Trump avant les élections de mi-mandat. Mais ce qui nous est présenté comme un acte "d'héroïsme" serait en fait acte de "sédition", lit-on dans The New Republic. Si Trump est aussi dangereux qu'ils le disent, les résistants de l'ombre ont un moyen légal de le contrer, la procédure d'impeachment. Mmais le chemin qu'ils ont choisi est bien pire, selon Jeet Heer. Un coup d'Etat administratif, donc, qui ne fera que ridiculiser les Etats-Unis à la face du monde et affaiblir la démocratie.  

Deux visages, deux silhouettes font la Une de toute la presse britannique ce matin.  

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Ils sont "les hommes de main de Poutine" pour le quotidien gratuit Métro, "les espions de Poutine", dans The Independent; les "assassins de Poutine", version Daily Mirror. Alexander Petrov et Ruslan Borishov, très certainement des noms d'emprunt, sont donc les deux suspects de l'empoisonnement de Serguey et Ioulia Skripal, en mars à Salisbury. L'enquête des services de renseignements britannique, dont les conclusions ont été révélées hier par Theresa May, les lie clairement à l'agence russe de sécurité.

Tous les journaux anglais, ce matin, détaillent les étapes de leur séjour en terre anglaise pour exécuter ce "contrat" et repartir en Russie sans être jamais inquiétés. Sur de nombreuses images de vidéosurveillance,  on les voit souriants, insiste le Sun. Les agents secrets russes "ont agi en toute impunité" s'alarme le Daily Telegraph. Pour le Guardian, Theresa May "accuse" clairement Vladimir Poutine d'être derrière l'empoisonnement.

Mais ce dernier, à en croire la presse russe, ne semble pas plus ébranlé que cela: sur Gazeta.ru, on lira les réactions du Kremlin, qui dénonce le ton accusateur inacceptable de Londres et y voit un nouvel accès de russophobie. L'enquête britannique ne sera pas crédible, dit-on à Moscou, tant qu'elle ne se fera pas en coopération avec des enquêteurs russes. 

En attendant, c'est le scepticisme qui domine la presse ce matin: il culmine avec dans les Izvestia une interview de Viktoria Skripal, la nièce de l'ex-agent double et victime de l'empoisonnement Serguey Skripal. "Les images de vidéo-surveillance ont très bien pu être maquillées sur Photoshop", dit-elle, et d'ajouter que, de toute façon, "un homme avec une moustache et une barbe, c'est la description d'à peu près un Russe sur trois." Ses réfutations laissent entendre que ce sont les Britanniques qui ont tout monté pour faire du tort au bon président Poutine. Allez savoir pourquoi, Viktoria Skripal est très souvent interrogée, depuis le début de l'affaire, dans la presse russe.

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