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Les Hôpitaux Universitaires Genevois où Abdelaziz Bouteflika est hospitalisé depuis le 24 février

Un bulletin de santé officieux d'Abdelaziz Bouteflika relance le débat sur la vacance du pouvoir en Algérie

6 min
À retrouver dans l'émission

La Tribune de Genève publiait mardi des révélations sur la santé très précaire du président algérien hospitalisé en Suisse : l'opposition s'en saisit et demande que soit constatée la vacance du pouvoir. Des accusations d'antisémitismes empoisonnent le débat politique chez les Démocrates américains.

Les Hôpitaux Universitaires Genevois où Abdelaziz Bouteflika est hospitalisé depuis le 24 février
Les Hôpitaux Universitaires Genevois où Abdelaziz Bouteflika est hospitalisé depuis le 24 février Crédits : MUSTAFA YALCIN - AFP

C'est dans la presse suisse qu'a rebondit hier la crise politique algérienne. 

c'est bien en Suisse, au CHU de Genève que le président Abdelaziz Bouteflika a été hospitalisé dans la plus grande discrétion le 24 février, et qu'il se trouve toujours, alors que sa candidature pour un cinquième mandat présidentiel suscite un soulèvement populaire sans précédent. Or donc la Tribune de Genève publiait hier des révélations, obtenues auprès de sources hospitalières non précisées, sur l'état de santé du chef de l'Etat, âgé, on le rappelle, de 82 ans, et lourdement handicapé par les séquelles d'un AVC en 2013.  

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Bouteflika, lit-on, est "sous menace vitale permanente, en raison de la dégradation de ses réflexes neurologiques". Il souffre "d'aphasie", de troubles du langage, mais aussi de "problèmes respiratoires". Bref, nous dit la Tribune de Genève, la santé du vieil homme malade est très précaire même s'il ne souffre en soi "d'aucun mal mortel à court terme". 

Toujours en Suisse, le Temps reconnait que si, certes, les graves ennuis de santé du président algérien ne sont un mystère pour personne depuis des années, jusque-là les seules informations que l'on avait à leur sujet émanaient du Palais présidentiel, et l'éclairage extérieur, indépendant, qui fuitent de l'hôpital genevois contredisent clairement le certificat médical officiel de "bonne santé"  transmis dimanche au Conseil constitutionnel algérien. "L'inanité" de ce "faux certificat" éclate donc au grand jour, et du coup, résume Le Temps, "les révélations de la Tribune de Genève choquent l'Algérie". 

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Pour Algérie Focus, par exemple, c'est désormais clair, "Le président est incapable d'exercer ses fonctions", et vient donc la question suivante :  "Qui dirige vraiment le pays ? Qui veut rempiler pour un autre mandat à la place et au nom d'Abdelaziz Bouteflika ?

Il y a d'autres mots qui revient dans tous les articles de presse ce matin à Alger : les mots de "vacance du pouvoir". C'est l'article 102 de la Constitution algérienne invoqué par El Watan. Hacen Ouali y écrit ceci : "Malade, dans l’incapacité d’assumer sa mission, Abdelaziz Bouteflika termine son quatrième quinquennat sur un lit d’hôpital en Suisse, confirmant une vacance de pouvoir qui dure depuis des années. La décréter peut être une issue à la crise"

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D'ailleurs c'est l'option désormais revendiquée par l'opposition, et "probablement qu'elle traverse également l’esprit d’une partie de l'entourage de Bouteflika".  "En ces temps morts, conclut El Watan, il faut oser ce renoncement salvateur."

Aux Etats-Unis, le Parti Démocrate est très embarrassé avec les déclarations sur Israël de l'une de ses élues au Congrès. 

Et cette élue c'est Ilhan Omar : c'est une des personnalités les plus médiatisées en ce moment dans la presse américaine, et ça n'est certainement pas sans lien, avec le fait que la jeune femme est une nouvelle venue à la chambre des représentants, qu'elle a des positions très à gauche, qu'elle est la fille de réfugiés somaliens, l'une des premières parlementaires musulmane aux Etats-Unis et la première à porter le hijab. 

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Or Ilhan Omar, depuis un peu plus d'un mois, est accusée d'antisémitisme, et c'est le New York Times  qui nous rappelle les faits (voir la vidéo dans l'article) : la Congresswoman a d’abord tweeté des messages sous-entendant que l'Amérique n'était pas capable de critiquer la colonisation israélienne en Cisjordanie, car son establishment politique -républicain en particulier) était dépendant de l'argent que lui verse le lobby pro-israélien américain l'AIPAC. Face aux accusations de faire sienne la vieille rhétorique dite "de l'argent des juifs", elle s'est clairement excusée pour ces propos, auprès de ceux qu'ils avaient pu choquer.

Mais ça n'a pas convaincu nombre de ses détracteurs, à commencer par le président Trump en personne : il a déclaré que "les excuses d'Ilhan Omar ne valait rien, que l'antisémitisme était enraciné profondément en elle et qu'elle devrait démissionner du Congrès". Il n'a pas été le seul, loin de là, à le faire : de nombreux dirigeants du Parti Démocrate ont aussi condamnée les propos de la jeune élue qui s'est retrouvée la cible d'un déchaînement de critiques et d'attaques, de menaces de mort, même, sur les réseaux sociaux mais pas seulement.  

Pourtant, lundi le journal israélien Haaretz citait de nouveaux messages sur Twitter, où Ilhan Omar revendiquait le droit de débattre de la politique américaine envers Israël, refusant ce qu'elle qualifiait "d'allégeance forcée à une puissance étrangère". Là encore, les mots ont choqué, le Parti Démocrate a lancé une procédure interne, pour essayer de contrer ceux qui l'accusent d'être complaisant avec l'antisémitisme. 

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Mais, nous raconte The Hill, d'autres voix démocrates se sont élevées, cette fois pour soutenir Ilhan Omar dans son combat pour qu'un vrai débat puisse avoir lieu sur le conflit israélo-palestinien aux Etats-Unis. Des voix qui refusent également que la jeune femme, voilée, musulmane, on l'a dit, soit publiquement désavouée et abandonnée par son parti au déchaînement de haine trop souvent teinté d'islamophobie auquel elle fait déjà face. 

Hier, donc, le caucus démocrate au Congrès a repoussé le vote d'une résolution qui devait condamner les positions prises par la jeune élue. Selon le média en ligne, marqué à gauche, The New Republic, c'est une "victoire" pour Ilhan Omar mais surtout pour la "santé mentale" du débat politique américain.  Oui, écrit The New Republic, "l'AIPAC utilise son argent comme une arme pour influencer le Congrès en faveur du pouvoir Israélien actuel, et ça ne devrait pas être un problème que de l'affirmer".  

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Plus modéré, l'éditorialiste du New York Times, Thomas Friedman, explique qu'il est issu lui-même de la communauté juive très présente dans la circonscription d'Ilhan Omar dans le Minnesota, qu'il partage avec elle les critiques sur l'AIPAC qui n'est plus selon lui un lobby pro-Israël, mais pro-Benyamin Netanyahou et sa politique hostile à la paix avec les Palestiniens. 

Dès lors, on doit pouvoir le critiquer, affirme Friedman, mais pas de la manière dont le fait la Congresswoman, en soutenant à demi-mots la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) contre les intérêts Israéliens. Le BDS est une organisation fondamentalement antisioniste, affirme Thomas Friedman dans le New York Times. Ilhan Omar se défend en expliquant qu'elle ne prone pas le boycott mais refuse que la Justice américaine criminalise (comme veut également le faire Emmanuel Macron en France) ceux qui en font une arme contre l'occupation israélienne en Cisjordanie. Elle rappelle que le même BDS avait permis d'affaiblir et de vaincre finalement l'apartheid en Afrique du Sud. 

Voilà encore des positions qui vont assurément relancer la controverse. Sauf qu'à vouloir créer le débat, Ilhan Omar a soulevé une véritable "fureur" contre elle. C'est en tous cas par ce mot de "fureur" que Politico qualifie le climat politique américain autour de la jeune femme.

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