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"Pendez Asia" exigeait la foule le 4 novembre à Karachi après l'acquittement de la jeune femme

Pakistan : Asia Bibi est sortie de prison mais n'est pas encore en sécurité à l'étranger

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L'incertitude demeure ce jeudi matin sur le sort d'Asia Bibi, chrétienne du Pakistan condamnée à la pendaison pour blasphème puis graciée la semaine dernière. En Ukraine la mort d'une militante anti-corruption victime d'une attaque à l'acide suscite un tollé dans la population.

"Pendez Asia" exigeait la foule le 4 novembre à Karachi après l'acquittement de la jeune femme
"Pendez Asia" exigeait la foule le 4 novembre à Karachi après l'acquittement de la jeune femme Crédits : SHAHZAIB AKBER - Maxppp

La presse pakistanaise nous indique ce matin qu'Asia Bibi a pu sortir de prison hier soir mais se trouve toujours au Pakistan. 

Asia Bibi, nous rappelle l'Express Tribune, depuis Islamabad, c'est cette villageoise pakistanaise chrétienne qui avait été condamnée à mort par pendaison pour avoir blasphémé l'Islam et le prophète Mahomet.  Après 8 années dans le couloir de la mort, sa peine avait été finalement annulée la semaine dernière par la Cour suprême du Pakistan, mais la jeune femme avait été maintenue en prison pour sa propre sécurité : les fidèles des mollah les plus intégristes du pays manifestaient sans relâche, bloquaient les plus grandes villes du pays en jurant de la pendre eux-même  si l'Etat ne s'en chargeait pas.

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Mais hier soir on a cru pouvoir pousser un "ouf" de soulagement. On apprenait, rapporte le Guardian à Londres, qu'Asia Bibi avait enfin pu quitter sa prison, emmenée sous protection renforcée à l'aéroport de la ville de Multan où elle était détenue, et mise dans un avion, destination gardée secrète mais "un lieu sûr" où elle pourrait retrouver sa famille elle aussi menacée de mort. 

Tout porte à croire que la sécurité de Bibi et sa famille ne pourra être assurée que dans un pays étranger. Mais ce matin la chaîne d'info pakistanaise  Dunya News cite des sources officielles selon lesquelles Asia Bibi "se trouve toujours sur le territoire national". Pourtant, nous rappelle l'Express Tribune, dès hier ce même gouvernement pakistanais avait donné tort aux intégristes, et donné son feu vert au départ de la jeune femme, en expliquant que comme "elle n'était plus considérée coupable de rien, on ne pouvait lui interdire de quitter le pays". 

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Si cette exfiltration prend du temps, laissent entendre les journaux pakistanais, c'est peut-être parce qu'il faut s'entendre sur le pays dans lequel Asia Bibi et les siens pourront trouver refuge. La rumeur évoque de manière persistante les Pays-Bas, et à Amsterdam De Telegraaf nous dit pourquoi : parce que l'avocat de la jeune femme, Saifull Mulook, s'y trouve déjà, depuis le week-end dernier, pour échapper à la vindicte populaire. La presse pakistanaise a d'ailleurs évoqué hier soir la présence d'un diplomate hollandais dans la prison de Multan, mais l'ambassade n'a pas confirmé cette information. 

Il faut dire, avec le Guardian qu'Aasia Bibi fait l'objet depuis des semaines d'un soutien international très puissant, porté par les réseaux de solidarité chrétienne. Le président du Parlement européen Antonio Tajani l'a officiellement invitée à Bruxelles avec sa famille, la France se dit "prête à l'accueillir" ; même l'italien Matteo Salvini a affirmé faire "tout son possible pour qu'elle soit mise hors de danger".  

"Elle est aussi la bienvenue au Canada" dit aussi dans une tribune au National Post de Toronto le père catholique Raymond de Souza, selon qui "le Canada doit peut et doit sauver la vie de cette jeune femme". 

Voilà donc l'embarras du choix en matière de destinations possible. Encore faudra-t'il pour Asia Bibi arriver à quitter le Pakistan.

Une autre figure féminine qui occupe la Une des journaux en Ukraine, c'est la militante anti-corruption Katerina Gandziouk, dont les obsèques ont été célébrées hier dans sa ville de Kherson. 

C'est là, dans le sud de l'Ukraine, que Gandziouk est décédée dimanche à l'âge de 33 ans : elle n'aura finalement pas survécu à cette attaque à l'acide., dont elle avait été victime fin juillet et qui avait profondément brûlé plus de 40% de son corps, comme nous le rappelle le journal en ligne Ukrainska Pravda.  

Cette mort, d'une militante des droits humains reconnue pour son opiniâtreté dans la dénonciation des dirigeants politiques corrompus, a suscité un émoi très fort dans la société ukrainienne. Car l'agression de Katerina Gandziouk s'ajoute en Ukraine à une longue série de crimes commis pour faire tenter de faire taire les lanceurs d'alerte. La jeune femme elle-même l'avait dénoncé depuis son lit d’hôpital, quelques jours avant sa mort, dans une vidéo publiée par la chaîne ukrainienne Hromadske TV, où elle apparaissait souffrante, en partie défigurée, mais déterminée à poursuivre son combat.

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"Telle que vous me voyez, dites-vous que j'ai meilleure allure que la Justice et le Droit dans notre pays, disait-elle, car eux, personne n'essaye de les soigner de leurs maux". "Ces douze derniers mois 40 militants de la Justice et du Droit ont été agressés en Ukraine, et aucun des commanditaires de ces attaques n'a été identifié", ajoutait Kateryna Gandziouk.

Depuis sa mort, ses compagnons de lutte, rejoints par des milliers de citoyens, ont juré de retrouver ceux qui se cachent derrière les cinq hommes arrêtés pour cette attaque à l'acide.  Dans les colonnes du site d'info ukrainien Znaj on lit les récits, publiés par la police, de ces exécutants de basse besogne : ils disent qu'on leur a promis "500 dollars chacun" pour espionner Katerina Gandziouk, se procurer l'acide et en asperger la jeune femme.  Sur l'identité des commanditaires, pas plus de révélations... mais Znaj évoque ces soupçons persistants sur l'entourage du président Petro Porochenko. Hier, au moment où se déroulaient les obsèques de Gandziouk, le Procureur général d'Ukraine Iouri Lutsenko a présenté sa démission pour dénoncer ces fausses accusations, selon lui, qui salissent le sommet du pouvoir.   

Retour enfin sur une information qui a fait le tour du monde, et qui nous annonçait quasiment la découverte d'un véhicule extraterrestre dans le système solaire. 

C'est paru mardi sur CNN et ça a suscité un buzz gigantesque sur tous les continents : on y décrivait un objet spatial non identifié, ni un astéroïde, ni une comète, avec une forme, disait CNN, de long cigare effilé, une trajectoire et des variations de vitesse qu'on n'arrivait pas non plus à expliquer avec les modèles connus. 

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Les deux astrophysiciens de Harvard qui l'avaient étudiés et qui étaient cités dans le reportage évoquaient la possibilité qu'il s'agissent d'un "module extraterrestre envoyé depuis une autre galaxie pour tenter d'entrer en contact avec la Terre". Ils l'avaient même surnommé Oumuamua, terme qui désigne en langue hawaïenne "un messager venu de temps très reculé".  L'histoire est très belle, elle a été reprise des milliers de fois, partagée sans fin sur les réseaux sociaux, à tel point que d'autres voix scientifiques s'en sont mêlées et ont fait entendre leurs réserves sur cette interprétation. 

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Sur le site d'actualités scientifiques Phys.org, ce jeudi, on lit donc que même les deux scientifiques de Harvard ont tenu publiquement à revenir sur la manière dont leurs travaux avaient été présentés : en fait l'hypothèse du vaisseau venu d'une civilisation extraterrestre n'était, tiennent-ils à préciser, qu'un "scénario fantaisiste", comme les scientifiques, en bons fans de science-fiction, aiment à en imaginer pour tenter de combler les lacunes dans leur connaissance de l'Univers. 

Mais que voulez-vous l'histoire était trop belle. D'ailleurs malgré les réfutations, elle continue de tourner en orbite autour de la planète médiatique.

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