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Emmanuel Ramazani Shadary le 8 août 2018 à Kinshasa

A la découverte d'Emmanuel Ramazani Shadary, "le dauphin" choisi par Joseph Kabila en République démocratique du Congo

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Outre l'échiquier politique en RDC, la presse internationale se fait aussi l'écho des futures élections de mi mandat aux Etats-Unis, avec une vague rose annoncée. Enfin, nous parlerons des défis du nouveau président colombien Iván Duque, ainsi que des Farc.

Emmanuel Ramazani Shadary le 8 août 2018 à Kinshasa
Emmanuel Ramazani Shadary le 8 août 2018 à Kinshasa Crédits : Junior D. Kannah - AFP

La presse internationale fait les présentations ce matin. A la une du Courrier de Kinshasa, on découvre le visage d'Emmanuel Ramazani Shadari, "le dauphin choisi par Joseph Kabila" titre le journal congolais. L'actuel secrétaire permanent du parti présidentiel (PPRD) sera le candidat du Front Commun pour le Congo à la présidentielle du 23 décembre prochain dans le pays. Avec la renonciation de Joseph Kabila de briguer un troisième mandat, une partie de la crise politique congolaise vient de s'évaporer, écrit Alain Diasso. Etant entendu que les opposants et la société civile le soupçonnaient de vouloir rempiler, au mépris de la Constitution. Une fois de plus, continue le journaliste du Courrier de Kinshasa, Joseph Kabila vient de déjouer les pronostics en jetant son dévolu sur une personnalité dont le nom était à peine cité comme virtuel dauphin.   

Un homme qui a gravi patiemment les échelons du pouvoir mais dont la carrière n'est pas si lisse, rappelle Jeune Afrique. Le dauphin de Kabila, ancien ministre de l'Intérieur, baptisé ici Monsieur "coup sur coup", figure sur la liste des personnalités sanctionnées par l'Union européenne en 2017 pointé du doigt notamment pour les répressions des marches anti Kabila. "C'est avec une plume trempée dans le sang des Congolais que s'est écrit en partie le pedigree de Ramazani Shadari, assure Aujourd'hui au Faso. Pour le quotidien burkinabé, l'homme incarne la machine répressive du régime. Il ne reculera devant rien pour assurer sa victoire, disons la victoire de son maître, car il incarne les arcanes du pouvoir. "Il jouera son rôle de Medvedev jusqu'au bout". Qu'à cela ne tienne continue La Tribune Afrique, la surprise du chef c'est lui. Joseph Kabila a tenu son engagement de ne pas se représenter. Mais cette renonciation, poursuit le mensuel, envoie des signaux qui risquent de mettre en difficulté ses pairs qui règnent depuis des décennies dans les palais d'Afrique centrale. "Joseph Kabila se ménage ainsi une sortie honorable à bon compte", estime encore dans le mensuel un connaisseur de la RDC. Il préserve des acquis et une possibilité de revenir sous une forme plus astucieuse. "Cette position pourrait s'avérer être un tour de passe passe poutinien." Joseh Kabila semble donc avoir cédé à ce que réclame le peuple. A moins, conclut le journal, que le jeu de chaises musicales ne soit son joker pour conserver le pouvoir. Même dans l'ombre du palais.    

La presse internationale qui ce matin annonce déjà les vainqueurs des élections de mi mandat aux Etats-Unis, à l'automne. Rouge ou bleu, en tout cas le gagnant évident de ce prochain rendez-vous électoral, annonce Newsweek, ce sont les femmes. Le magazine américain s'attend à une vague rose. Plus de femmes candidates que jamais se présenteront aux élections à mi-mandat en novembre indique Newsweek. Après les primaires de mardi dans quatre États, il y a maintenant 11 femmes candidates au poste de gouverneur. Elles étaient 10 lors du précédent record en 1994 et il y a au moins 185 candidates à la Chambre des représentants. "Cela pourrait être une année historique pour les femmes, estime Gretchen Whitmer, qui a remporté la primaire démocrate dans le Michignan. Parce que nous organisons nos foyers, nous organisons notre politique." "Et l'histoire de cette élection ne se limite pas au nombre de femmes candidates", ajoute une autre représentante démocrate dans le magazine. "Elle représente aussi la force de ces femmes, leurs histoires et les expériences qu’elles vont mettre en place." Actuellement, seulement six femmes exercent les fonctions de gouverneurs des États-Unis. 

La presse internationale fait aussi le compte de tous les défis à relever pour le nouveau président colombien. La corruption, la sécurité, l’économie, l’inégalité, la production de cocaïne en plein essor - et ce n’est que pour commencer liste le Financial Time. Pourtant, ce sont les autres défis qui sont plus susceptibles de définir la présidence d'Iván Duque et le parcours de la plus ancienne démocratie d'Amérique latine estime le journal économique américain. En premier lieu, le processus de paix avec le groupe de guérilla marxiste, les Farc. Iván Duque est arrivé au pouvoir en partie en critiquant l'accord de paix, qu'il a promis de changer. Le faire serait une grave erreur estime le Financial Time. Au lieu de cela, le nouveau président devrait s'approprier le processus de paix, le mettre en œuvre et le financer correctement. Cela amènerait une plus grande paix dans l’arrière-pays colombien disputé aujourd'hui par des bandes criminelles, des dissidents de la guérilla et d’anciens paramilitaires. Mais Le Temps veut croire que la Colombie inaugure - lentement et difficilement - une nouvelle ère. Une journaliste du quotidien suisse a pu suivre une expédition dans la jungle colombienne, une des 20 expéditions scientifiques montées depuis deux ans par le gouvernement colombien pour explorer des territoires inaccessibles avant la démobilisation des Farc. Le Temps s'est enfoncé dans la forêt tropicale du Choco, un des endroits les plus humides de la planète. Sur tous ces chemins, raconte la journaliste, la paix a repris peu à peu ses droits, la population est revenue et il n'y a pas de barrages sur les routes. Ce qui est vrai ici, rappelle la journaliste, ne l'est pas forcément ailleurs, où les groupes armées se disputent le contrôle des routes des trafics en tout genre. Mais pour l'heure, les botanistes continuent leur inventaire. Les expéditions ont pour l'instant permis de découvrir 163 nouvelles espèces de faune et de flore et d'identifier 133 espèces endémiques. 

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