LE DIRECT
Félix Tshisékédi, élu cuiquième président de la RDC

Félix Tshisekedi, opposant de père en fils, remporte la présidentielle en RDC

6 min
À retrouver dans l'émission

Les résultats de la présidentielle en RDC donnent une large victoire à Félix Tshisekedi, fils de l'opposant historique Etienne Tshisekedi. La Chine accepte de laisser partir 2000 habitants musulmans du Xinjiang d'ethnie kazakhe. En Andalousie Ciudadanos et le PP pactisent avec l'extrême-droite Vox.

Félix Tshisékédi, élu cuiquième président de la RDC
Félix Tshisékédi, élu cuiquième président de la RDC Crédits : Caroline Thirion - AFP

On connaît depuis quelques heures le résultat de l'élection présidentielle du 30 décembre, en République démocratique du Congo.  Jusqu'au bout la commission électorale aura repoussé le moment d'annoncer ces résultats, écrit Hubert Leclercq dans la Libre Afrique. Même cette nuit, il a fallu subir pendant deux longues heures la litanie des résultats des législatives, circonscription par circonscription, avant d'entendre enfin ce que tout le pays attendait depuis 10 jours : le nom du nouveau président de RDC. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Et pas n'importe quel nom : Tshisekedi Félix, autant dire, Tshisekedi-fils, tant le vainqueur est aussi pour les Congolais l'héritier d'une longue tradition d'opposition aux clans Mobutu puis Kabila. Son père Etienne, nous rappelle Hubert Leclercq, avait été battu lors de l'élection de 2011 ; Félix fait mieux et signe une "revanche" éclatante. Sa victoire, il l'a d'ailleurs attendue dans la résidence familiale de Kinshasa, là même où son père s'était retranché il y a 7 ans quand il avait refusé sa défaite et tenté d'organiser la rébellion. 

Dans le portrait que Radio Okapi consacre (déjà) au cinquième président élu de la RDC, on lit que Félix Tshisekedi a eu "une enfance marquée par la relégation et les nombreux emprisonnements de son père", du temps du Maréchal dictateur Mobutu.  Parmi les premiers mots, qu'il a prononcé cette nuit, on retiendra ceux-ci, lu sur le site Cas-Info : "Je n'avais jamais pensé devenir le symbole de l'aboutissement du combat de mon père", déclare donc le désormais président Félix Tshisekedi . On notera tout de même, dans sa biographie, qu'il a attendu la mort de son géniteur, à l'été 2017, pour revenir pleinement dans l'arène politique congolaise. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais laissons-là l'hérédité et les combats passés, car "une nouvelle ère démarre en RDC", commente sur  Radio Okapi le politologue congolais Félicien Kabamba. Une ère "d'alternance politique", rien que ça c'est une "expérience nouvelle" pour le pays. Le dauphin désigné du président sortant, Emmanuel Shadary, n'arrive qu'en troisième position, nous indique MediaCongo, et loin derrière ses deux opposants. Le rejet des autorités sortantes est très clair, mais l'information principale c'est que ces autorités, pour une fois, ont accepté de reconnaître leur défaite.  

Une réserve tout de même, que l'on retrouve dans Jeune Afrique : Les résultats annoncés cette nuit sont officiels, mais encore provisoires. Il peut encore y avoir des recours devant la Cour Constitutionnelle pour contester la victoire de Tshisekedi. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

D'ailleurs la contestation se fait déjà entendre, sur les ondes de RFI avec l'autre candidat de l'opposition, arrivé second : Martin Fayulu, qui qualifie la victoire de Tshisekedi de "ridicule", de "putsch électoral". "On a volé la victoire au peuple congolais qui ne va pas se laisser faire", dit-il encore.  

Vous l'avez compris, en matière d'alternance politique, tout ne change finalement pas si vite en RDC.

Dans l'extrême-occident chinois, la région du Xinjiang, se déroule une répression massive des minorités musulmanes. 

On a déjà parlé ici du sort réservé aux Ouïghours, ces habitants historiques du Xinjang, descendants des turco-mongols musulmans d'Asie centrale ; on a évoqué ces enquêtes de journaux internationaux sur les centres de rééducation forcée où serait détenu 10% de la population ouïghoure, sommée d'y renier sa culture et sa religion, de devenir en somme de "bons"citoyens chinois. 

Mais ce matin, avec Svoboda, la radio américaine qui émet en ex-URSS, on note qu'il n'y a pas que des Ouïghours, dans ces nouveaux goulags chinois : les habitants du Xinjiang d'ethnie kazakhe sont eux aussi musulmans, et eux aussi sont envoyés par milliers dans les "centres de redéveloppement", puisque c'est le terme officiel. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le Xintiang, il faut le rappeler, partage une longue frontière avec le Kazakhstan ; les liens commerciaux sont très étroits, entre la Chine et son voisin, et le pouvoir kazakh vient d'obtenir, c'est ce que l'on apprend aujourd'hui via Radio Svoboda et Associated Press, que Pékin accepte de "libérer" 2000 kazakhs du Xinjiang : ils vont pouvoir quitter la Chine, abandonnant leur citoyenneté chinoise, pour rejoindre le Kazakhstan où la plupart  n'ont jamais mis les pieds, mais qui est censé être la patrie de leurs ancêtres. 

Voilà donc le seul choix qui est laissé à la minorité musulmane : s'exiler ou bien accepter de perdre son identité.  Les Ouïghours, eux, n'ont pas de pays vers lequel ce tourner, ils n'ont donc même pas ce choix. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Radio Svoboda veut tout de même croire que le geste de Pékin envers les Kazakhs est un signe que le régime chinois commence à lâcher du lest, à entendre les critiques internationales sur son programme d'assimilation forcée au Xinjiang. On ne sera pas forcément aussi optimiste après la lecture d'un dernier article sur le sujet, repéré dans le Straits Times de Singapour : on y apprend que la Chine vient de promulguer "un plan de 5 ans qui vise à rendre l'Islam plus chinois, plus compatible avec le socialisme et le patriotisme" si chers à Pékin.   

Une confirmation, en Espagne : l'Andalousie sera bien le laboratoire d'une nouvelle alliance politique des droites, du centre à l'extrême. 

En effet, nous dit El Pais, il aura donc fallu 40 jours d'atermoiements en façade et de négociations acharnées en coulisse, pour que les centristes de Ciudadanos et les conservateurs du Partido Popular, le PP, acceptent de s'allier avec le petit parti d'extrême-droite Vox pour diriger la région d'Andalousie. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Vox, le 2 décembre dernier aux élections régionales, avait fait sensation en faisant élire 12 candidats, entrant pour la première fois de sa courte histoire au Parlement régional. Dès lors, nous rappelle Cambio 16, le parti pouvait faire ou défaire une majorité de droite, une première en Andalousie, et il a monnayé très cher son soutien.

Mais pas au point, tout de même, note El Mundo, d'imposer ses idées les plus radicales, comme l'expulsion immédiate de 52 000 étrangers en situation irrégulière, ou l’abrogation des lois contre les violences de genre et les discriminations contre les LGBT. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

En parvenant à un accord avec Cidudadanos et le PP, les populistes de Vox, toujours selon El Mundo, montrent qu'ils ont "appris les vertus du consensus, du pragmatisme et de l'intelligence politique". C'est "le sens du changement voulu par les électeurs andalous début décembre", lit-on enfin dans le quotidien préféré de la droite espagnole, "pour en finir avec 40 années d'emprise socialiste sur l'Andalousie, et faire de cette région, en effet, le laboratoire d'une vraie alliance des trois droites espagnoles".

Chroniques

7H40
42 min

L'Invité(e) des Matins

Faut-il opposer la France des villes à la France des champs ?
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......