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La centrale à charbon de Laziska Gorne près de Katowice où se déroule la COP24

"Immorale et suicidaire", la perspective d'une COP24 sans accord final

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Le sécrétaire général de l'ONU Antonio Guterres met en garde les dirigeants de la planète contre un échec de la COP24, "dernière chance" d'agir contre le réchauffement climatique. Le Canada englué dans les tensions US/Chine craint pour ses ressortissants. Paranoïa anti-gilets jaunes en Egypte.

La centrale à charbon de Laziska Gorne près de Katowice où se déroule la COP24
La centrale à charbon de Laziska Gorne près de Katowice où se déroule la COP24 Crédits : Monika Skolimowska - AFP

Grands discours et petits renoncements à la COP 24 de Katowice en Pologne. 

Pour les grands discours, on peut compter sur l'organisateur en chef de la conférence. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est revenu hier à l'improviste à Katowice pour y prononcer cet avertissement, déjà maintes fois entendu mais repris, entre autres, par Al Jazeera : "Si aucun accord n'est trouvé ce week-end à la COP24, alors la planète aura laissé passer sa meilleure et sa dernière chance chance d'agir enfin contre le réchauffement climatique". Le message serait désastreux, alerte Guterres, et dénoterait d'une "attitude non seulement immorale, mais surtout suicidaire", de la part des dirigeants de la Planète. 

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Les mots se veulent forts et définitifs, mais à Katowice  "les points de discorde entre Etats restent sans solution", constate le patron des Nations Unies. Les grands discours se succèdent depuis des années à en devenir inaudibles, et les grandes puissances polluantes restent engluées dans le déni. 

Le vrai problème, croit savoir The Guardian dans son édito du jour, c'est "l'absence de solidarité" entre Etats, et le vrai responsable, ce serait l'avènement à travers le monde d'un "nationalisme de droite", celui des Trump, Bolsonaro, Ben Salmane ou Andrej Duda l'hôte polonais de la COP cette année, autant de chefs d'Etats qui continuent de faire passer les intérêts de leurs industries ultra-carbonées avant le bien de l'Humanité. "Les populations sont bien plus avancées sur le sujet que leurs dirigeants", ajoute The Guardian, et c'est ce qui est désespérant face à cette "crise de civilisation, cette crise qui menace la vie sur Terre".  

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Et pendant ce temps, les petits pays, ceux qui subissent depuis longtemps les conséquences du réchauffement mais n'arrivent pas à se faire entendre pendant les COP successives, ceux-là butent toujours contre le déni des grands pollueurs. Hier à Katowice, nous dit Radio New Zealand, c'est le ministre des affaires étrangères de Vanuatu, Ralph Regenvanu, qui y est allé de son coup de gueule : il a dénoncé ces pays, comme les Etats-Unis, qui sont "désormais confrontés directement aux incendies, ouragans et autres sécheresses qui sont les fléaux annonciateurs du grand désastre, mais qui continuent à mettre des lignes rouges aux traités internationaux". 

Alors chacun s'en remet à qui il peut : la presse polonaise par exemple, à l'image du journal catholique local Gosc Katowice, fait grand cas de la déclaration hier à la COP des émissaires du Vatican, appelant à un sursaut de solidarité et d'ambition internationale. 

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D'autres cherchent le réconfort dans une bonne dose de sarcasme et d'ironie : le Time Magazine cite le propos de l'ex-vice président américain Al Gore, selon qui "Donald Trump dit tellement n'importe quoi, dans son déni du réchauffement climatique, qu'il en deviendrait presque un atout, certes pervers mais efficace, pour ses adversaires". 

Le Canada s'inquiête du sort de deux de ses ressortissants en Chine. 

Il y a d'abord eu Michael Kovrig, ancien diplomate canadien arrêté lundi lors d'un voyage personnel à Pékin, et qui selon le Beijing News est soupçonné de "mener des activités menaçant la sécurité nationale chinoise".

Et puis, depuis hier, Ottawa ne cache pas non plus ses préoccupations concernant Michael Spavor, un chef d'entreprise dont le South China Morning Post révèle les liens troubles avec le régime nord-coréen, et dont on est sans nouvelles depuis qu'il a été lui aussi interpellé et interrogé par la police chinoise.   

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Difficile, toujours selon le South China Morning Post, de dissocier ces deux affaires des tensions diplomatiques qui couvent depuis deux semaines entre la Chine et les Etats-Unis. Car le Canada y est mêlé, un peu malgré lui, depuis que, le 1er décembre, la police canadienne a arrêté, à Vancouver et à la demande de la justice américaine, Meng Wanzhou qui est la directrice financière du géant chinois de la téléphonie Huawei. 

Les arrestations, en Chine, de Kovrig et Spavor seraient-elles dès lors des mesures de rétorsion?  Le Globe and Mail, depuis Toronto, en semble convaincu, tant il est vrai que l'interpellation de Meng Wanzhou, en vue d'une extradition vers les Etats-Unis, revêt un caractère politique, encore accentué hier par Donald Trump qui s'est dit prêt à utiliser les poursuites contre la femme d'affaire chinoise comme moyen de pression commerciale sur Pékin. 

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Pas non plus de nature à rassurer les Canadiens, il y a aussi cette vidéo, publiée par l'éditorialiste du journal très lié au régime chinois le Global Times. Ou comment un édito peut se transformer en courrier diplomatique : "Si le Canada extrade vraiment Meng Wanzhou vers les Etats-Unis, avertit le journaliste Hu Xijing, alors vous pouvez être sûr que sa riposte sera bien pire qu'une ou deux interpellations de ressortissants canadiens". Et le journaliste de livrer ce conseil au Canada : "Ne vous mêlez pas du conflit Chine/Amérique, restez neutre, et tout ira bien."  

En Egypte les autorités mènent la traque aux gilets jaunes. 

Ce n'est certes pas le seul pays autoritaire où l'on craint que le fameux gilets ne devienne comme en France un signe de ralliement, pour des contestataires de tous bords, mais en Egypte la peur du jaune prend des tours franchement inquiétants :  à lire sur le site Mada Masr, traduit par Courrier international, le récit de cette arrestation d'un avocat, militant connu des droits de l'Homme. Mohamed Ramadan a été interpellé en bas de chez lui et immédiatement placé en détention pour 15 jours, dans la cadre d'une enquête contre lui pour "appartenance à une organisation terroriste" et possession à son domicile de 5 gilets jaunes en vue d'organiser des manifestations anti-pouvoir.  

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Pour le Middle East Eye, cette arrestation est symptomatique d'une "paranoïa jaune" qui s'est installée au sommet du pouvoir militaire, lequel a mis en place une interdiction informelle de toute vente de gilet jaune, au moins jusqu'à la fin du mois de janvier. La date n'a pas été choisie au hasard : le 25 janvier ce sera l'anniversaire de la Révolution égyptienne de 2011.

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