LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Viktor Orban face au Parlement Européen le 11 septembre 2018

La presse hongroise règle ses comptes à une Europe "acquise à la cause des migrants"

5 min
À retrouver dans l'émission

Visée par une procédure de sanctions lancée par les eurodéputés, la Hongrie contre-attaque et dénonce une "vengeance". Egalement au sommaire: le Pape mobilise les évêques du monde entier contre la pédophilie des prêtres, et au Maghreb les hommages sont contrastés après la mort de Rachid Taha.

Viktor Orban face au Parlement Européen le 11 septembre 2018
Viktor Orban face au Parlement Européen le 11 septembre 2018 Crédits : FREDERICK FLORIN - AFP

La presse de Budapest reprend largement ce matin la dénonciation d'un Europe inféodée au lobby pro-migrants

Des propos repris de la bouche du ministre des Affaires étrangères Peter Siyarto. Car mercredi, le Parlement européen a voté l'application, à titre préventif, contre la Hongrie, de l'article 7 du Traité de l'Union. Un dispositif qui prévoit des sanctions contre un Etat membre, quand celui-ci ne respecte pas l'Etat de Droit et les valeurs fondamentales de l'UE. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Pour le quotidien Magyar Hirlap, c'est donc entendu, les europdéputés se vengent contre Budapest, parce que son gouvernement a le courage de dire qu'il "ne veut pas, qu'il n'a pas besoin" de l'immigration... laquelle serait devenue, le vote d'hier le prouverait, un dogme incontestable à Strasbourg et Bruxelles.  "Le Parlement européen est aux mains des pro-immigrations", et pire encore "le Parti Populaire européen est du côté des migrants", analyse le Magyar Hirlap dans la foulée du ministre Siyarto. 

Dans le Figyelö, autre journal conservateur hongrois, la lecture est la même: Budapest est "punie pour sa politique migratoire", mais plus encore, ce qui c'est passé hier à Strasbourg serait le fruit d'un lobbying sournois, d'une attaque contre la Hongrie ourdie par "la faction de Georges Soros". Ce milliardaire américain d'origine hongroise, philanthrope, démocrate, juif de surcroît, est plus que jamais la bête noire du Premier ministre Viktor Orban.  

Orban, qui se retrouve aujourd'hui isolé, dans l’Union Européenne mais donc aussi dans sa famille politique, la droite européenne, le PPE, qui a voté massivement pour l'article 7 hier.  La droite européenne lave son linge sale en public, se félicite en Autriche la Wiener Zeitung, qui voit dans les sanctions à venir "une prise de conscience, mieux vaut tard que jamais, que l'on a trop longtemps toléré les agissements d'Orban". On trace enfin "une ligne rouge, signe clair que l'on met le hola aux fans de la démocratie illibérale". 

Attention tout de même, tempère le quotidien belge Der Standaard: la procédure de sanction lancée hier peut avoir des effets pervers: offrir le bénéfice d'une "victimisation" à la Hongrie de Orban, c'est risquer "d'exacerber sa soif de vengeance contre l'UE et contre l'arrogance de sa phalange occidentale".   Exactement ce que l'on lit ce matin à travers la presse hongroise.

Au Vatican, le Pape François tente de reprendre la main, face à un nouveau grand déballage sur des milliers d'abus sexuels commis  en Allemagne.  

L'ampleur des révélations choque jusqu'au New York Times: plus de 3600 enfants, victimes de prêtres pédophiles ces 7 dernières décennies, c'est le chiffre avancé par ce rapport commandé par le clergé allemand lui-même, et dévoilé hier par Die Zeit. Un cas sur six concerne un viol, précise le Times, avant de citer un criminologue pour qui ces chiffres sous-estiment encore la réalité. Le plus choquant, selon lui, c'est la profondeur du silence officiel qui a entouré ces crimes pendant un demi-siècle. 

Cette époque-là serait-elle révolue, vu la multiplication des révélations qui se succèdent, en Pennsylvanie, en Australie, en Irlande, au Chili, etc ? La parole des victimes sera-t'elle enfin entendue par le Vatican?  On peut l'espérer, à en croire la Repubblica, à Rome: on y décrit la réaction historique du Pape François qui a décidé de convoquer, en février prochain, une conférence mondiale des Evêques entièrement consacrée à la protection des mineurs. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le haut-clergé arrivera-t'il à crever l'abcès, à donner une réponse claire à la hauteur de la crise qui l'ébranle?  En tous cas, note le Financial Times, c'est la première fois qu'il consacre clairement une conférence épiscopale au sujet de la pédophilie dans ses rangs. Mais elle arrive au moment où le pape fait face à une fronde doctrinale des plus conservateurs du Vatican, contre ses visées progressistes et contre la demande de pardon qu'il a exprimé aux victimes à Dublin à la fin du mois d'août.  

Un coup d'oeil à la presse du Maghreb qui évoque ce matin la mort du chanteur Rachid Taha.

Et autant la presse française dresse le portrait de Taha en artiste algérien, aux sonorités avant tout orientales, autant les journaux de l'autre côté de la Méditerranée en font un rocker intimement lié à la France, voire un "chanteur mondial": 'est l'hommage que lui rend Khaled dans El Watan, l'un des rares titres algériens à faire plus qu'évoquer en bref la mort de Rachid Taha.  Sa disparition, lit-on, "laissera un grand vide dans le milieu musical maghrébin".  Il aura "'internationalisé le repertoire algérien" avec ses nombreuses reprises, résume son ami et critique culturel d'El Watan K. Smaïl.  

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Dans une interview datée de 2013 mais republiée hier, le rocker disait son attachement à ces racines, celles du raï de l'ouest algérien qui avaient accompagné son enfance, dans un hamman de sa ville natale de Sig. Puis à dix ans ça a été l'installation avec ses parents en France, et le début du métissage musical qui le mènera à reprendre Charles Trenet ou à jouer avec David Bowie ou Mick Jones le guitariste des Clash. 

Rachid Taha, c'est à lire dans Jeune Afrique... se décrivait comme un oriental "désorienté", avec une relation ambiguë à l'Algérie. Il se revendiquait "algérien pour toujours, français tous les jours"; sa culture punk et rock, sa carrière entre ombre et lumières, et ses combats politiques, il les a menés en France. Avec un regret, exprimé dans cette autre interview exhumée par Jeune Afrique. Rachid Taha s'y disait fier que certaines de ses chansons aient été reprises pendant les manifestations des printemps arabes, en Tunisie, en Egypte. Ces "printemps sans rose, sans fleur, où des fascistes ont finalement remplacé d'autres fascistes", disait-il à posteriori.  Regret, tout de même, de ne pas avoir pu donner plus de concerts dans les pays arabes. "Faute de démocratie", expliquait-il.

Chroniques
7H40
44 min
L'Invité(e) des Matins
La pauvreté est-elle une fatalité ?
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......