LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Maria Ressa à Manille en janvier 2019

"Ils n'arriveront pas à nous intimider" déclare la journaliste philippine Maria Ressa après 24h de détention

6 min
À retrouver dans l'émission

Figure de la lutte pour la liberté d'informer aux Philippines, Maria Ressa a été inculpée pour cyber-diffamation, énième tentative de museler son journal Rappler critique du président Duterte. 35 jours de shutdown pour rien aux Etats-Unis. La Nasa prononce le décès de son rover martien Opportunity.

Maria Ressa à Manille en janvier 2019
Maria Ressa à Manille en janvier 2019 Crédits : Richard James Mendoza - AFP

Ce matin on en viendrait presque à se demander comment faire une revue de presse sans presse indépendante.  

On n'en est pas encore là, bien sûr, mais il y a de quoi s'inquiéter pour la presse libre dans certains pays. Ce n'est pas nouveau, mais c'est d'actualité, en particulier aujourd'hui aux Philippines. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

A Manille, hier il y a eu une descente de policiers en civil, dans les locaux du journal en ligne Rappler, et la directrice de la rédaction Maria Ressa a été arrêtée, sous les yeux de ses jeunes collègues qui ont filmé la scène pour alerter les réseaux sociaux.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Maria Ressa qui se dit "choquée", par cette manœuvre assez claire d'intimidation, mais qui suit les enquêteurs. Elle n'a pas vraiment le choix : ils sont venus avec un mandat d'arrêt suite à une inculpation pour cyberdiffamation. Ce délit a été créé aux Phjilippines il y a quelques mois seulement par une Loi voulue par le président Rodrigo Duterte et qui fait peser sur les journalistes philippins la menace de 12 ans d’emprisonnement au maximum si la Justice les reconnait coupables. 

Ce matin, Maria Ressa a été remise en liberté sous caution. Il faut dire, comme le fait son journal Rappler, que depuis son arrestation la journaliste avait bénéficié d'une vague de soutien assez incroyable. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Des condamnations venues de tous les défenseurs de la liberté de la presse et de la démocratie à travers le monde, et puis cette foule de Philippins réunis hier soir à Manille pour appeler à la libération de Ressa. Car la journaliste est loin d'être une inconnue : son visage incarnait même le combat pour le droit d'informer, en Une du magazine américain Time à la fin de l'année dernière, désignée personnalité de l'année avec d'autres comme le saoudien assassiné Jamal Khashoggi, pour sa ténacité à dénoncer la dérive meurtrière et liberticide du président philippin Duterte sous couvert de lutte contre la drogue. 

Cette nouvelle accusation en diffamation, et ces 24 heures de détention qui viennent de prendre fin sont loin d'être la première intimidation subie par Ressa et les siens, note CNN pour qui la Philippine a travaillé pendant 9 ans : Amnesty International parle même de "harcèlement judiciaire" contre le site Rappler, lequel met en Une ce matin ces mots de sa rédactrice en chef prononcés à sa libération. "La démocratie meurt à petit feu sous nos yeux, mais ils n'arriveront pas à nous intimider, nous continuerons à dire la vérité.".  

Comme un écho à ce que la même Maria Ressa déclarait fin novembre à New-York, quand elle recevait le prix international CPJ de la Liberté de la presse :

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

"Le temps est venu de se battre pour le journalisme, de ne plus nous taire quand nous sommes attaqués. Se taire, c'est se rendre" disait-elle, "alors nous devons continuer à faire notre travail sans peur, et notre travail, c'est de dire la vérité, pas de rester neutre.

Voilà ce qu'on appelle joindre le geste à la parole, et en accepter le prix.

Aux Etats-Unis Donald Trump est face à un exercice de communication politique périlleux : comment renoncer à son mur à la frontière mexicaine, sans se mettre à dos la frange la plus à droite de son électorat. 

C'est une analyse publiée sur le New York Times par les journalistes politiques Maggie Haberman et Peter Baker, et qui commence avec cette phrase : "A force de courir après un mur, le Président Trump s'en est finalement pris un, en plein face". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Au-delà de la formule, cinglante, le Times semble tenir pour acquis qu'avant minuit ce soir, Donald Trump aura accepté l'accord négocié par les parlementaires Démocrates et Républicains, pour ne pas plonger l'Amérique dans un nouveau shutdown budgétaire. Haberman et Baker nous le rappellent : le deal conclu lundi soir au Congrès prévoit d'allouer 1 milliards 3 $ à la construction de barrières de sécurité frontalière : "c'est même moins que ce que les Démocrates avaient proposé au début des négociations, avant le premier shutdown ! 

35 jours de crise budgétaire, d'administrations paralysées et de sacrifices pour des milliers de fonctionnaires, tout ça pour absolument rien, donc. "Trump a perdu", plus personne à part lui-même ne fait  mine de l'ignorer, mais cette capitulation, nous dit le Times, énerve au plus haut point les commentateurs les plus conservateurs de la vie politique américaines, ceux-là même sur qui Trump a bâti son électorat. 

Dans le Washington Examiner on trouvera un florilège de ces attaques subies dans son propre camp par le président, avec ces éditorialistes qui moquent, non plus le mur ni même la barrière, mais "le treillage" que Trump va pouvoir installer à la frontière grâce au budget qu'il a "arraché" aux Démocrates.

Enfin la presse mondiale rend un dernier hommage ce matin à un petit robot abandonné à 60 millions de kilomètres de la Terre. 

"Rest In Peace Opportunity", écrit le mensuel américain Wired : l'aventure s'arrête là pour le robot 'rover' à six roues développé par la Nasa. Il avait été envoyé sur la planète rouge il y a 15 ans avec une gigantesque opération médiatique qui en avait fait une sorte de vedette intergalactique. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Opportunity ne répondait plus aux appels de son centre de commandement depuis 8 mois, alors hier, la NASA a annoncé la fin de sa mission, la mort d'Opportunity. Pour le rapport médico-légal, on lira l'article du site d'info scientifique Ars Tecnica qui nous explique que le robot ne s'est pas relevé d'une tempête de sable martien qui a obstrué ses panneaux solaires et empêché ses batteries de se recharger.

Mais la mission est largement accomplie, pour Opportunity. Bien plus que cela même : Discover Magazine se charge de nous rappeler que le petit robot avait été conçu au départ pour fonctionner trois mois, et aura finalement exploré la surface de Mars pendant 15 années, envoyé de milliers de photos au fil des 45 kilomètres qu'il aura parcouru, entraînant dans son sillage des découvertes majeures, dont vous lirez un florilège illustré sur le site de Discover.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Je vous recommande aussi l'article grand format du New York Times qui retrace cette odyssée martienne, avec cartes et images à l'appui : une balade de cratère en cratère, dans des paysages où paraît-il l'Humanité rêve de poser les pieds dans les prochaines décennies. Ars Tecnica imagine déjà le monument à Opportunity que les premiers colons ne manqueront pas d'ériger, là où ils marcherons dans les traces du petit robot.

Chroniques
7H40
43 min
L'Invité(e) des Matins
L’amour est-il l’opium du peuple ?
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......